Mort de Louis à Narbonne : « Ce n’est plus mon fils », le témoignage de la mère d’un suspect

Laëtitia, mère de Mathias T. mis en examen pour le meurtre de l'adolescent de 17 ans, a condamné les actes sur BFMTV. Cinq jeunes sont écroués.

Mort de Louis à Narbonne : « Ce n'est plus mon fils », le témoignage de la mère d'un suspect
Illustration Nicolas Serrano / info.fr

Le 1er juillet 2026, Laëtitia, mère de Mathias T., l'un des cinq suspects mis en examen pour le meurtre de Louis à Narbonne, a témoigné sur BFMTV. Elle a déclaré bannir son fils et exprimé son soutien à la famille de la victime.

L’essentiel

  • Fait 1 : Louis, 17 ans, est décédé le 23 juin 2026 après avoir été lynché sur un chantier à Narbonne dans la nuit du 19 au 20 juin.
  • Fait 2 : Cinq suspects, trois mineurs et deux majeurs, ont été mis en examen pour assassinat et écroués.
  • Fait 3 : Le 1er juillet, Laëtitia, mère de Mathias T. (17 ans), a affirmé sur BFMTV : « Ce n’est plus mon fils. Je le bannis complètement. »
  • Fait 4 : Plusieurs des mis en cause et la victime étaient suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), selon le JDD.
  • Fait 5 : Un hommage citoyen a rassemblé environ un millier de personnes à Narbonne le 28 juin.

Un témoignage rare et poignant

Laëtitia, 33 ans, a pris la parole sur BFMTV le 1er juillet 2026. Elle est la mère de Mathias T., 17 ans, mis en examen pour assassinat en bande organisée après la mort de Louis, un adolescent de 17 ans, à Narbonne. Interrogée par la chaîne, elle a déclaré : « Ce n’est plus mon fils. Et je le bannis complètement. »

Selon ses propos rapportés par Le Crayon, elle a exprimé son rejet des actes reprochés à son fils : « Je n’accepte pas ce qu’il a fait. Je ne peux pas le défendre. » Elle a également dit faire des cauchemars chaque nuit et a adressé ses pensées à la famille de Louis.

Ce témoignage est intervenu dix jours après le drame. Laëtitia a précisé qu’elle n’avait pas revu son fils depuis son interpellation et qu’elle ne souhaitait pas le voir. « Il doit répondre de ses actes devant la justice », a-t-elle ajouté.

Les faits : un guet-apens mortel

Dans la nuit du 19 au 20 juin 2026, Louis, 17 ans, a été victime d’un guet-apens sur un chantier de Narbonne. Selon les éléments de l’enquête rapportés par Actu Orange, il a été roué de coups et laissé pour mort. Un ouvrier l’a découvert à l’agonie le samedi matin. Transporté à l’hôpital de Perpignan, Louis est décédé le 23 juin des suites de ses blessures.

L’enquête, confiée à la police judiciaire, a permis l’interpellation de cinq jeunes : trois mineurs et deux majeurs. Tous ont été mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire, comme l’a indiqué le parquet de Narbonne. Le mobile exact n’a pas été divulgué, mais les investigations pointent vers un règlement de comptes lié à des tensions entre groupes de jeunes suivis par l’ASE.

Selon le Journal du Dimanche (JDD), plusieurs des suspects et la victime elle-même étaient placés sous la protection ou le suivi de l’Aide sociale à l’enfance. Cette information a relancé le débat sur la prise en charge des mineurs isolés et le rôle de l’institution.

Une vague d’émotion et de colère à Narbonne

La mort de Louis a profondément choqué la ville de Narbonne (environ 55 000 habitants). Le 28 juin, un hommage citoyen a rassemblé près d’un millier de personnes sur la place de l’Hôtel de Ville. Famille, amis et anonymes ont rendu hommage à l’adolescent, décrit comme « un garçon discret » par ses proches.

La mère de Louis, dans une interview au JDD, a demandé que les accusés mineurs soient jugés comme des adultes. « Je veux que la justice soit exemplaire », a-t-elle déclaré. Une pétition en ligne réclamant la même mesure a recueilli plusieurs milliers de signatures en quelques jours.

Le maire de Narbonne, Bertrand Malquier, a exprimé son « horreur » et appelé au calme dans un communiqué. « Cette violence gratuite est inacceptable. La ville est en deuil », a-t-il écrit.

Contexte dans l’Aude

L’Aude, département rural et touristique d’Occitanie, connaît une hausse des violences entre jeunes dans ses zones urbaines. Selon les chiffres de la préfecture, les faits de violence commis par des mineurs ont augmenté de 12 % en 2025 par rapport à 2024. Narbonne, deuxième ville du département après Carcassonne, concentre une partie de ces incidents, liés souvent à des trafics ou à des conflits de quartier.

En 2024, l’affaire du meurtre d’un adolescent à Lézignan-Corbières avait déjà mis en lumière les difficultés de l’ASE à encadrer certains jeunes. Un rapport du Défenseur des droits pointait un manque de moyens et de suivi éducatif dans l’Aude. Le drame de Narbonne pourrait relancer ces critiques.

Le parquet de Narbonne, joint par info.fr, n’a pas souhaité commenter le témoignage de Laëtitia, l’enquête étant en cours. L’instruction devrait durer plusieurs mois avant un éventuel procès aux assises des mineurs ou des majeurs.

Un silence familial brisé

Le choix de Laëtitia de témoigner publiquement est rare dans ce type d’affaires. Les mères de suspects mineurs s’expriment peu, souvent par crainte de représailles ou par volonté de protéger leur enfant. En brisant ce silence, Laëtitia a voulu, selon ses mots, « montrer que tous les parents ne cautionnent pas ces actes ». Elle a également remercié les forces de l’ordre et la justice.

Son témoignage a été salué par certains observateurs comme un acte de courage. D’autres y voient une tentative de se distancier de son fils pour éviter d’éventuelles poursuites pour complicité. Pour l’heure, aucun élément ne laisse penser que Laëtitia était au courant des projets de son fils.

La prochaine étape judiciaire est fixée à la fin de l’été 2026, avec la présentation des premières conclusions de l’expertise psychiatrique des suspects. Le juge d’instruction devra décider d’un éventuel renvoi en correctionnelle ou aux assises.

Nicolas
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Sources

Nicolas Serrano

Nicolas Serrano

Nicolas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Aude (11), avec Carcassonne pour chef-lieu. Spécialité du département : cite de Carcassonne et vignoble Corbieres. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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