Pierre Sotura, ancien maire de L’Île-Saint-Denis et figure du PCF, est mort à 95 ans
L'élu communiste des Hauts-de-Seine, trésorier national du PCF durant quatorze ans, est décédé le 19 mai 2026 à Colombes.
Pierre Sotura est mort le 19 mai 2026 à Colombes, à l'âge de 95 ans. Ouvrier devenu élu, il avait été maire de L'Île-Saint-Denis puis conseiller général des Hauts-de-Seine pendant trente et un ans. Au plan national, il a occupé la trésorerie du PCF de 1982 à 1996.
Pierre Sotura est mort le 19 mai 2026 à Colombes (Hauts-de-Seine), à l’âge de 95 ans. L’avis de décès a été publié le lendemain par les Pompes Funèbres PFG. L’Humanité et le PCF ont rendu hommage dès le 20 mai à celui qui avait traversé plus d’un demi-siècle de vie politique communiste dans le département.
L’essentiel
- Décès : Pierre Sotura est mort le 19 mai 2026 à Colombes (92), à 95 ans, né le 18 juillet 1930 à Saint-Maurice.
- Élu local : Maire de L’Île-Saint-Denis de 1965 à 1971, puis conseiller général du canton de Colombes-Nord-Ouest de 1973 à 2004 (31 ans).
- Responsable national : Trésorier national du PCF de 1982 à 1996 ; membre du comité central du PCF de 1970 à 1996.
- Parcours militant : Adhésion au PCF en 1947, après les Jeunesses communistes (1944) ; ouvrier ébéniste puis fraiseur-métallurgiste.
- Hommages : Texte officiel du PCF et nécrologie de L’Humanité publiés le 20 mai 2026.
De Colombes à L’Île-Saint-Denis : un ouvrier en politique
Pierre Sotura est né le 18 juillet 1930 à Saint-Maurice, dans l’actuel Val-de-Marne. Il grandit à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Selon le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, il entre aux Jeunesses communistes en août 1944, à 14 ans, puis adhère au PCF en 1947. Il exerce alors comme ouvrier ébéniste, avant de devenir fraiseur dans la métallurgie.
C’est dans ce bassin industriel de la banlieue nord-ouest parisienne qu’il construit son parcours d’élu. Il est maire de L’Île-Saint-Denis de 1965 à 1971, commune ouvrière de Seine-Saint-Denis mitoyenne du département. Il quitte la mairie après six ans de mandat.
Trente et un ans au conseil général des Hauts-de-Seine
En 1973, Pierre Sotura est élu conseiller général pour le canton de Colombes-Nord-Ouest. Il conserve ce siège jusqu’en 2004 - trente et un ans de présence à l’assemblée départementale. Selon Wikipédia et le Maitron, il est parallèlement secrétaire de la fédération PCF Seine-Ouest, puis Hauts-de-Seine, de 1973 à 1982.
Gilles Catoire, ancien élu de Colombes, a salué sur X la mémoire de « notre collègue » au conseil général des Hauts-de-Seine. Le département, dominé pendant des décennies par la droite gaulliste puis chiraquienne au niveau exécutif, comptait néanmoins plusieurs conseillers généraux communistes dans ses cantons populaires du nord et de l’ouest.
Trésorier national du PCF : quatorze ans à la direction
Pierre Sotura entre au comité central du PCF en 1970. Il y siège jusqu’en 1996. Entre 1982 et 1996, il occupe le poste de trésorier national du parti, selon le site officiel du PCF. Ces années correspondent à une période de déclin électoral progressif du parti, qui passe de près de 20 % aux législatives de 1978 à moins de 10 % en 1993.
Le PCF a publié un hommage officiel le 20 mai 2026, le qualifiant de « haute figure communiste » et adressant ses condoléances à sa famille ainsi qu’aux camarades de la Fédération des Hauts-de-Seine.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Les Hauts-de-Seine (1,6 million d’habitants) ont longtemps abrité une ceinture ouvrière significative dans leurs communes du nord - Colombes, Gennevilliers, Asnières - avant la désindustrialisation des années 1980-1990. Le PCF y a tenu plusieurs cantons jusqu’au tournant des années 2000. Pierre Sotura incarne cette géographie politique : né dans le Val-de-Marne, formé à Colombes dans les usines, élu dans le petit département insulaire de L’Île-Saint-Denis avant de peser trente ans au conseil général du 92.
Le décès d’une personnalité ancrée dans un territoire suscite souvent des hommages croisés entre élus et militants. Ici, les réactions sur X proviennent à la fois d’élus locaux (Gilles Catoire) et de journalistes (Pierre Chaillan). Le PCF des Hauts-de-Seine reste actif dans le département, même si son poids électoral a fortement diminué depuis les mandats de Sotura. À titre de comparaison, dans les communes de la grande couronne parisienne, les anciens réseaux militants de la gauche ouvrière continuent d’imprimer leur marque dans la vie associative et le logement social.
Un hommage sobre du parti
L’Humanité consacre une nécrologie à Pierre Sotura dans son édition du 20 mai 2026, rappelant son « parcours d’enfant de Colombes, ouvrier et élu ». Le texte insiste sur la continuité entre son engagement syndical dans la métallurgie et ses responsabilités au sein du comité central.
Les coordonnées de l’inhumation n’ont pas été rendues publiques à la date de parution de cet article. Le PCF a indiqué que des informations complémentaires seraient communiquées par la Fédération des Hauts-de-Seine.
Pierre Sotura laisse une trajectoire qui recoupe l’histoire sociale de la banlieue parisienne sur soixante ans : des Jeunesses communistes de la Libération aux dernières années du conseil général, avant sa dissolution en 2015 dans le cadre de la réforme territoriale.