Mountain Planet 2026 à Grenoble : 30 % d’enneigement en moins, les pros de la montagne cherchent des réponses

La 27e édition du salon international s'est ouverte à Alpexpo avec un message clair : les stations doivent se réinventer face au réchauffement.

Mountain Planet 2026 à Grenoble : 30 % d'enneigement en moins, les pros de la montagne cherchent des réponses
Illustration Julien Moreau / info.fr

Mountain Planet a ouvert ses portes du 21 au 23 avril 2026 à Alpexpo, à Grenoble. Plus de 23 500 professionnels étaient attendus pour cette 27e édition centrée sur l'adaptation au changement climatique. La préfète de l'Isère et la ministre des Sports ont marqué l'événement de leurs prises de position.

La préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a accueilli la délégation inaugurale le 20 avril en préfecture, avant l’ouverture officielle du salon. Son message : la montagne perd 30 % de son enneigement en soixante ans. Un chiffre qui résume l’urgence.

« La montagne n’est pas un décor, mais un territoire d’avenir », a-t-elle déclaré, selon le compte officiel de la préfecture sur X. L’État, a-t-elle ajouté, est mobilisé sur quatre axes : sécurité, développement économique, tourisme quatre saisons et transition écologique.

Une ministre des Sports sur le terrain

Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, a inauguré le salon le 21 avril. Elle a insisté sur la nécessité d’agir collectivement. « La montagne est un bien commun précieux et fragile. Face au changement climatique, elle nous oblige à innover, anticiper et agir collectivement », a-t-elle indiqué sur X.

Selon Le Dauphiné Libéré, l’édition 2026 s’est étoffée de 6 000 m² supplémentaires d’exposition. Le salon, créé en 1974 à Grenoble - six ans après les Jeux Olympiques d’hiver de 1968 - reste le principal rendez-vous international des professionnels de l’aménagement montagnard. Un dialogue entre représentants de l’État et acteurs économiques locaux qui se retrouve aussi sur d’autres territoires ruraux en France.

IA, hydrogène et JO 2030 dans les allées

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Le programme mêlait conférences et démonstrations technologiques. Une table ronde sur les risques naturels et la résilience collective s’est tenue le 21 avril matin. L’après-midi, une conférence portait sur les diversifications économiques des Alpes face au climat.

Côté innovations, l’entreprise grenobloise HRS exposait ses stations d’hydrogène pour dameuses et véhicules de montagne, selon la métropole Grenoble-Alpes. Des pitches autour de l’intelligence artificielle présentaient des outils de surveillance des pistes, visant jusqu’à 30 % de réduction de neige artificielle produite. L’édition se positionne aussi en préparation des Jeux Olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, avec un accent mis sur les pratiques sobres et l’économie circulaire, d’après le site Nos Alpes.

Un pavillon Grenoble Alpes-Isère mettait à l’honneur quinze entreprises locales, selon la métropole. L’enjeu économique est réel : les stations alpines cherchent à diversifier leurs recettes, été comme hiver, face à une pression budgétaire croissante sur les collectivités qui gèrent ces territoires.

L’édition 2024 avait célébré les 50 ans du salon avec une forte présence internationale. L’an dernier, le Rapport International sur le Tourisme de Neige et de Montagne avait noté une fréquentation record des stations malgré l’incertitude sur l’enneigement. En 2026, le ton est plus pressant.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Installé à Grenoble, couvre les stations de ski, les tensions sur la transition écologique, l'université et les chantiers de la métropole. Diplômé de Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Posture : interroger les élus écologistes, les promoteurs, les syndicalistes, vérifier les budgets avant de conclure.

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