M’Tsangamouji mise sur ses mangroves et sa rivière pour un tourisme écologique

La commune de 6 400 habitants s'inscrit dans la stratégie tourisme durable de Mayotte lancée en avril 2026.

M'Tsangamouji mise sur ses mangroves et sa rivière pour un tourisme écologique
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

Des chantiers participatifs de restauration de rivière, un partenariat avec Tourisme Centre-Ouest Mayotte, un prêt de 5 millions d'euros à la clé : M'Tsangamouji construit pas à pas une offre de tourisme nature. Les mangroves et lagons de l'île pèsent plus de 27 millions d'euros de services écosystémiques chaque année.

La rivière Andrianabé coule au cœur de M’Tsangamouji. Elle sera l’un des trois cours d’eau restaurés à Mayotte dès le mois de mai 2026, dans le cadre du projet RESTOCOR. Des chantiers participatifs y sont prévus : collecte de déchets, suppression d’obstacles, amélioration de la continuité écologique. Le projet est piloté par Océa Consult en partenariat avec Mayotte Nature Environnement et des associations locales, avec un financement de l’Union européenne via le programme Best Life 2030, selon Mayotte Hebdo.

Ce n’est pas la première intervention sur ce site. En mai 2025, un nettoyage de la rivière avait déjà été mené pour protéger les écosystèmes aquatiques et côtiers, selon La 1ère. La même année, la commune avait organisé une randonnée pédestre avec Tourisme Centre-Ouest Mayotte pour faire découvrir les sentiers locaux. Des initiatives modestes, mais qui tracent une direction.

Un écosystème au potentiel économique documenté

La valeur des milieux naturels de Mayotte est chiffrée. Selon une étude de l’Ifrecor, les services écosystémiques des mangroves et herbiers de l’île sont estimés à plus de 27 millions d’euros par an, dont 5,6 millions liés aux attributs touristiques sous-marins. Les 735 hectares de mangroves séquestrent jusqu’à 28 000 tonnes de CO2 équivalent chaque année, valorisées à environ 2,4 millions d’euros sur le marché des crédits carbone. Les 667 hectares répartis sur 29 sites jouent également un rôle de protection côtière - un enjeu renforcé après le passage du cyclone Chido fin 2025, qui a endommagé plusieurs zones littorales, selon L’infokwezi.

Une stratégie d’île, un ancrage local

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Le 16 avril 2026, l’État a réuni le premier comité de la filière tourisme de Mayotte. Objectif affiché : transformer le potentiel naturel de l’île en levier économique et créateur d’emplois, dans le cadre de la stratégie quinquennale 2026-2031 présentée en novembre 2025, selon Outremers360 et Bâtisseurs Outremer.

M’Tsangamouji dispose aussi d’un levier financier. En juillet 2025, la commune a signé un prêt de 5 millions d’euros avec l’Agence Française de Développement pour accompagner son développement territorial, selon Le Journal de Mayotte. La part éventuellement consacrée aux initiatives écologiques n’a pas été précisée à ce stade.

Prochaine étape : les chantiers participatifs RESTOCOR sur l’Andrianabé démarrent en mai 2026. Leur bilan écologique et la suite du déploiement de la stratégie tourisme seront déterminants pour évaluer la concrétisation de ce potentiel.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Correspondant à Mamoudzou, suit les tensions sur l'immigration comorienne, les débats sur la départementalisation, les projets hospitaliers et les infrastructures. Formé à l'IUT info-com de La Réunion, il a grandi à Mayotte. Posture éditoriale : interroger les élus, les associations, les préfets, croiser les rapports de l'INSEE avant de publier.

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