Mudaison : trois jeunes tabassés par un commando raciste lors de la fête de village

En juin 2024, quatre hommes en 4x4 ont agressé plusieurs jeunes non-blancs venus de Lunel, les jetant dans un canal avec des insultes xénophobes.

Mudaison : trois jeunes tabassés par un commando raciste lors de la fête de village
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Les faits remontent aux 22 et 23 juin 2024, lors de la fête annuelle de Mudaison, commune de 2 500 habitants à l'est de Montpellier. Un commando de quatre hommes a ciblé de jeunes hommes non-blancs dans des agressions qui ont depuis fait l'objet de plaintes. Deux ans après, les victimes continuent d'alerter sur la montée des tensions racistes dans l'Hérault.

Mudaison, 2 500 habitants, vignes et garrigue entre Montpellier et l’étang de l’Or. Chaque année, la fête du village rassemble habitants et visiteurs des alentours. Fin juin 2024, elle a été le théâtre de plusieurs agressions violentes à caractère raciste, selon les récits recueillis par Midi Libre et 20 Minutes.

Un commando, trois agressions documentées

Samedi 22 juin 2024, 15 heures. Un premier adolescent est agressé par quatre hommes et jeté dans le canal longeant le village, sous des insultes racistes, selon Le Poing. Le lendemain, un adolescent de 16 ans originaire de Lunel est à son tour tabassé par le même groupe circulant en 4×4, rapporte Contre-Attaque.

Une troisième victime, un étudiant de 19 ans, a témoigné auprès de Midi Libre : « Ils m’ont jeté dans le canal puis m’ont plongé la tête sous l’eau. Ils disaient que je venais de Djihad City » - surnom péjoratif parfois appliqué à Lunel, ville à forte communauté maghrébine. Les agresseurs auraient ajouté : « Tu n’as rien à faire ici. »

Les faits ciblent systématiquement de jeunes hommes non-blancs venus participer à la fête. Pour Contre-Attaque, tout indique « une milice raciste organisée ». Des plaintes ont été déposées. Les agresseurs ont été entendus, mais aucune précision sur les suites judiciaires n’a été communiquée à ce stade, selon Midi Libre.

Une indignation qui dépasse Mudaison

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L’affaire a suscité des réactions sur les réseaux sociaux, où plusieurs comptes ont relayé les témoignages avec indignation.

Les tweets mentionnent notamment un individu qui aurait « démonté un banc pour que des enfants noirs et arabes ne s’assoient pas dessus » et tiré sur un mineur à la carabine. Ces éléments, distincts des trois agressions documentées par la presse, n’ont pas été confirmés par les médias régionaux consultés.

Un contexte régional préoccupant

Les incidents de Mudaison s’inscrivent dans une série d’agressions racistes signalées dans l’Hérault et ses environs au cours de l’été 2024. Fin juin, une agression xénophobe similaire a été recensée à Arles, selon le média local L’Arlesienne.

À l’échelle nationale, plus de 16 000 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux ont été enregistrées par les forces de l’ordre en 2024, selon Midi Libre. L’Hérault et les Pyrénées-Orientales figurent parmi les départements concernés par cette hausse.

Le site Blast établit un lien entre cette flambée et le contexte électoral de 2024, marqué par la progression du Rassemblement national aux législatives. Les victimes de Mudaison, elles, demandent que les faits soient reconnus pour ce qu’ils sont : des actes racistes organisés, et non de simples rixes de fête foraine.

Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Correspondante à Montpellier, elle suit l'université, les tensions sur le logement étudiant, la viticulture héraultaise et les débats sur la métropole. Issue de l'ESJ Lille, elle a travaillé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Méthode : interroger les étudiants, les bailleurs, les viticulteurs, les élus, croiser les budgets avant de publier.

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