Mulhouse : action pacifique des copropriétaires des tours Plein Ciel devant le conseil municipal
Les résidents des tours Plein Ciel ont tracté ce jeudi devant le conseil municipal pour dénoncer l'insuffisance des indemnités d'expropriation.
Jeudi 25 juin, une trentaine de copropriétaires des tours Plein Ciel ont distribué des tracts à l'entrée du conseil municipal de Mulhouse. Ils contestent le projet de démolition et réclament une meilleure indemnisation.
L’essentiel
- Jeudi 25 juin 2026 : des résidents des tours Plein Ciel ont tracté pacifiquement à l’entrée du conseil municipal de Mulhouse.
- Février 2026 : la cour d’appel de Colmar confirme l’état de carence de la copropriété de la tour Plein Ciel 1.
- Fin mai 2026 : la Ville propose un abondement de 20 % sur les indemnités d’expropriation, refusé par le collectif.
Ce qu’il s’est passé
Jeudi 25 juin, en début d’après-midi, une trentaine de résidents et propriétaires des tours Plein Ciel se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Mulhouse, à l’occasion du conseil municipal présidé par le maire Frédéric Marquet. Ils ont distribué des tracts aux élus et au public, dénonçant le projet de démolition de leurs immeubles et le niveau des indemnisations proposées.
Selon L’Alsace, l’action s’est déroulée dans le calme. Les manifestants, membres de l’association « Vivent les tours Plein Ciel », ont notamment interpellé les adjoints au maire présents pour leur faire part de leurs inquiétudes.
Un projet de démolition aux lourds enjeux
Les tours Plein Ciel 1 et 2, situées dans le quartier prioritaire des Coteaux, comptent chacune 141 logements sur 24 étages. Classées IGH (immeuble de grande hauteur) depuis 2017, elles ne répondent plus aux normes de sécurité incendie. Selon la collectivité, la remise aux normes coûterait plus de 50 millions d’euros par tour, un montant jugé dissuasif. La Ville a donc engagé une procédure de démolition.
En février 2026, la cour d’appel de Colmar a confirmé l’état de carence de la copropriété de la tour Plein Ciel 1, ouvrant la voie à une expropriation. Cette décision a été prise après plusieurs années de débats judiciaires et de rapports d’expertise pointant le niveau de vétusté des bâtiments.
La proposition de la Ville rejetée
Pour débloquer le dossier, la municipalité a proposé fin mai 2026 d’ajouter un complément de 20 % aux indemnités d’acquisition fixées par les Domaines. Une offre que le collectif de copropriétaires a immédiatement rejetée, estimant qu’elle ne permettrait pas de reloger décemment les habitants.
« Les montants proposés sont très en dessous de la valeur réelle des biens et ne couvrent pas le coût d’un relogement dans le secteur », explique un porte-parole de l’association, joint par téléphone. Les propriétaires demandent une réévaluation des indemnités sur la base d’une estimation indépendante.
Contexte dans le Haut-Rhin
Mulhouse, première ville du Haut-Rhin avec près de 110 000 habitants, connaît une pression démographique croissante sur son parc de logements anciens. Alors que le département est placé en vigilance rouge canicule ce jeudi, la question du relogement des quelque 280 foyers des tours Plein Ciel devient d’autant plus urgente. Le quartier des Coteaux, classé zone de sécurité prioritaire, concentre plusieurs copropriétés dégradées. La Ville a engagé un plan de renouvellement urbain de 256 millions d’euros sur la décennie, mais la situation des Plein Ciel reste un point dur.
Des recours encore possibles
Les copropriétaires ont annoncé leur intention de poursuivre la contestation par la voie judiciaire et de multiplier les actions de sensibilisation. Le conseil municipal n’a pas pris de décision directe jeudi sur ce dossier, mais un point doit être inscrit à l’ordre du jour de la prochaine réunion de Mulhouse Alsace Agglomération. En parallèle, la Ville a communiqué ce même jour sur un autre sujet de sécurité : la distribution de cupotes anti-soumission chimique lors de la Fête de la Musique.
La prochaine audience au tribunal administratif est attendue dans les semaines à venir. L’association « Vivent les tours Plein Ciel » prévoit de nouvelles actions si aucune avancée n’est constatée.