Municipales à Grenoble : Carignon en tête, le vote utile joue contre lui

Avant le second tour du 22 mars, la fusion des listes de gauche redistribue les cartes face à l'ancien maire condamné.

Municipales à Grenoble : Carignon en tête, le vote utile joue contre lui
Illustration Julien Moreau / info.fr

Alain Carignon (LR) arrive en tête du premier tour des municipales de Grenoble avec 27,04% des voix. Mais l'union de la gauche autour de Laurence Ruffin, soutenue par Éric Piolle et LFI, complexifie ses ambitions de retour à la mairie.

Le résultat du premier tour, le 15 mars, semblait sourire à Alain Carignon. L’ancien maire Les Républicains a récolté 27,04% des suffrages, soit une progression de 7,24 points par rapport à son score de 2020, selon les données compilées par Wikipedia. Une avance qui ne suffit pas à le mettre à l’abri, loin de là.

En face, la gauche s’est recomposée. Laurence Ruffin, candidate de l’union soutenue par le maire sortant écologiste Éric Piolle et La France Insoumise, a consolidé son camp via des fusions de listes après le premier tour, selon France 3 Alpes. Le vote utile, mécanisme bien connu des scrutins locaux serrés, est identifié comme le facteur pouvant inverser le rapport de forces au second tour du 22 mars.

Un retour sous le signe de la controverse

La candidature de Carignon ne passe pas inaperçue. Maire de Grenoble de 1983 à 1995, il a été condamné en 1996 à quatre ans de prison ferme pour corruption, rappelle Le Progrès. Trente ans plus tard, son retour alimente les débats en ville comme sur les réseaux sociaux. Sur X, des échanges entre journalistes illustrent la polarisation du scrutin.

Un débat télévisé sur France 3 Alpes, quelques jours avant le second tour, a opposé les deux candidats sur leurs visions respectives : « changement » côté Carignon, « continuité » côté Ruffin, selon la page Facebook de France 3 Alpes.

Abstention persistante, résultat serré attendu

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La participation est un autre inconnu. En 2020, le taux au second tour s’établissait à 35,83% des inscrits, selon Wikipedia. Une abstention massive qui, selon le profil des abstentionnistes, peut avantager l’un ou l’autre camp sans qu’il soit possible de le prédire avec certitude.

Historiquement, Grenoble a connu plusieurs alternances : socialiste jusqu’en 1983, droitière avec Carignon jusqu’en 1995, puis socialiste avec Michel Destot jusqu’en 2014, avant le tournant écologiste d’Éric Piolle. Un paysage politique qui rend difficile tout pronostic tranché.

Prochaine étape

Le second tour se tient le 22 mars. En cas de victoire, l’installation du nouveau conseil municipal est prévue fin mars 2026, selon Actu.fr. Grenoble pourrait alors, selon le résultat, connaître une nouvelle alternance - ou voir la gauche écologiste conforter son ancrage dans la capitale iséroise.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Installé à Grenoble, couvre les stations de ski, les tensions sur la transition écologique, l'université et les chantiers de la métropole. Diplômé de Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Posture : interroger les élus écologistes, les promoteurs, les syndicalistes, vérifier les budgets avant de conclure.

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