Murs-et-Gélignieux : le marais des Planches se dépollue avec 80 % de financements publics
Le sous-préfet de Belley a visité le chantier à 2,6 M€ porté par le Syndicat du Haut-Rhône sur un ancien site de décharge classé Natura 2000
Le sous-préfet Christophe Duverne s'est rendu le 27 mai 2026 à Murs-et-Gélignieux pour inspecter le chantier de dépollution du marais des Planches. Le budget de 2 635 620 € TTC est couvert à 80 % par l'État via le Fonds vert et l'Agence de l'eau. Le Syndicat du Haut-Rhône ne supportera que 5 % du coût final.
L’essentiel
- Budget : 2 635 620 € TTC pour la dépollution et la renaturation du marais des Planches
- Financement public : 80 % couverts par le Fonds vert et l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse
- Reste à charge : 5 % seulement pour le Syndicat du Haut-Rhône, grâce aux apports de la CNR et du Groupe Bel
- Visite officielle : Christophe Duverne, sous-préfet de l’arrondissement de Belley, sur site le 27 mai 2026
- Site : Zone humide d’environ 8 ha, classée Natura 2000, ancienne décharge et incinérateur de plusieurs communes
Une visite de terrain pour un chantier hors-norme
Le 27 mai 2026, Christophe Duverne, sous-préfet de l’arrondissement de Belley, s’est déplacé à Murs-et-Gélignieux pour inspecter l’avancement des travaux sur le marais des Planches. La visite a été relayée par la préfecture de l’Ain sur son compte officiel. Le projet, maîtrisé par le Syndicat du Haut-Rhône, consiste à transformer un ancien site de remblais, de décharge et d’incinérateur d’ordures ménagères en espace naturel fonctionnel.
Le site, d’une superficie d’environ 8 hectares, est intégré au périmètre Natura 2000 « Forêts alluviales et lônes du Haut-Rhône ». Il accueillait autrefois une voie ferrée SNCF et des dépôts de déchets issus de plusieurs communes riveraines. Les travaux visent à lui rendre ses fonctions de zone humide et de tourbière.
Un montage financier à 95 % externe
Le budget prévisionnel s’établit à 2 635 620 € TTC, selon le document technique publié par le Syndicat du Haut-Rhône en avril 2026. L’État prend en charge 80 % du total via deux canaux : le Fonds vert et l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Deux acteurs privés complètent le tour de table : la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et le Groupe Bel, groupe fromager implanté dans la région. Ces contributions ramènent le reste à charge du syndicat à 5 % du montant global.
Ce schéma de financement est rare pour un chantier de cette échelle. Il reflète l’intérêt convergent des partenaires pour la restauration d’un corridor écologique sur le Haut-Rhône, un axe classé Natura 2000. La préfecture de l’Ain a salué ce montage lors de la visite du sous-préfet, comparable à d’autres démarches d’économie circulaire soutenues par l’État, comme celle observée dans l’Indre autour de Roger Pradier.
Travaux physiques : remblais, drains et voie ferrée
Le programme technique est dense. Les équipes procèdent au retrait des remblais et des déchets enfouis, à la déconstruction des vestiges de la voie SNCF, à l’obstruction de drains de drainage artificiel et à la création d’un nouveau déversoir. L’objectif est de rétablir les circulations hydrauliques naturelles de la tourbière.
Pendant la durée du chantier, des fermetures temporaires de la voie verte et d’une partie du marais sont en vigueur pour des raisons de sécurité, selon le document technique du syndicat. Le calendrier précis de fin de chantier n’a pas été communiqué à ce stade.
Contexte dans l’Ain
Le marais des Planches se situe sur la commune de Murs-et-Gélignieux, dans le sud du département de l’Ain, à la confluence du Haut-Rhône et du territoire du Bugey. La vallée du Haut-Rhône concentre plusieurs zones humides classées, soumises à des pressions historiques liées aux activités industrielles, agricoles et aux remblais.
Le Syndicat du Haut-Rhône, structure intercommunale de gestion du cours d’eau et de ses abords, pilote depuis plusieurs années des opérations de restauration écologique dans ce secteur. Le marais des Planches représente l’un des chantiers les plus importants en volume financier engagés sur ce territoire ces dernières années. La mobilisation du Fonds vert - enveloppe nationale destinée à la transition écologique des collectivités - pour un projet aussi localisé témoigne du poids accordé à la restauration des zones humides dans les arbitrages préfectoraux de l’Ain. Le journal Le Progrès rappelait le 29 mai 2026 que le site a subi « des décennies de pollution » avant d’entrer dans cette phase de renaissance.
Biodiversité : une tourbière comme horizon
La finalité du projet dépasse la simple dépollution. Le Syndicat du Haut-Rhône vise la restauration d’une tourbière fonctionnelle, milieu rare et à forte valeur écologique. Les tourbières stockent du carbone, régulent les débits d’eau et abritent des espèces végétales et animales protégées. Sur le Haut-Rhône, leur surface a fortement diminué au cours du XXe siècle sous l’effet des remblais et des drainages agricoles.
La renaturation du marais des Planches s’inscrit dans une logique de reconstitution de continuités écologiques le long du corridor rhodanien, un enjeu documenté dans les plans de gestion Natura 2000 du secteur. Ce type de démarche, analogue à des reconversions de friches observées ailleurs en France, mobilise ici une combinaison inédite de fonds publics et de mécénat industriel local.
Le syndicat n’a pas encore précisé la date d’ouverture au public de l’espace naturel restauré, ni les aménagements pédagogiques éventuellement prévus à l’issue des travaux.