Nancy : le Secours Populaire mobilise contre le renoncement aux soins
La Journée des oubliés de la santé, organisée le 29 avril, a réuni CPAM, UFC Que Choisir et le CHRU de Nancy pour informer les plus précaires sur leurs droits.
Le Secours Populaire de Meurthe-et-Moselle a tenu sa Journée des oubliés de la santé le 29 avril 2026 à Nancy. Objectif éviter que le coût des soins pousse les ménages précaires à ne pas se faire soigner. Un Français sur trois est concerné, selon le baromètre IPSOS commandé par l'association.
Le Secours Populaire de Meurthe-et-Moselle a tenu sa Journée des oubliés de la santé le 29 avril 2026 à Nancy. Objectif : éviter que le coût des soins pousse les ménages précaires à ne pas se faire soigner. Un Français sur trois est concerné, selon le baromètre IPSOS commandé par l’association.
L’essentiel
- 29 avril 2026 : Journée des oubliés de la santé organisée par le Secours Populaire au 67 rue Saint-Nicolas à Nancy, de 14h à 17h.
- 1 Français sur 3 : renonce à se soigner pour raisons financières - le coût des soins est la 3e cause de renoncement en France, selon le baromètre IPSOS pour le Secours Populaire.
- 13-14% : part de la population vivant sous le seuil de pauvreté en Meurthe-et-Moselle, selon France Bleu Lorraine.
- 30% : des personnes ne connaissent pas leurs droits en santé ou font face à des barrières administratives, selon Philippe Gilain, responsable local du Secours Populaire.
- Seulement la moitié des deux tiers d’éligibles à la complémentaire santé solidaire effectuent les démarches pour en bénéficier, selon le Secours Populaire.
Une journée d’ateliers pour informer et orienter
Le 29 avril, le local du Secours Populaire au 67 rue Saint-Nicolas accueillait des stands sur la vaccination, l’alimentation, l’hygiène dentaire et les droits en santé. La CPAM, UFC Que Choisir et le CHRU de Nancy participaient à l’organisation, rapporte France 3 Régions. L’événement s’est tenu de 14h à 17h.
Cette édition fait suite à celle du 23 avril 2025, déjà organisée par le Pôle Santé de l’association, selon le site national du Secours Populaire. Le format est reconduit d’une année sur l’autre pour toucher un public qui ne fréquente pas spontanément les structures de soin.
« Entre manger et se soigner, il faut choisir »
Le renoncement aux soins prend des visages concrets. Martine, bénéficiaire du Secours Populaire, a témoigné auprès de France Bleu Lorraine : sans emploi et récemment arrivée en France, elle n’a pas pu régler une ordonnance dentaire de 700 euros. Le soin a été reporté.
Philippe Gilain, responsable du Secours Populaire en Meurthe-et-Moselle, formule l’équation simplement. « Renoncer à ses soins, c’est décaler le problème », alertait-il sur France Bleu. Et d’ajouter : « 30% des gens refusent de se faire soigner faute d’argent. » Ce chiffre local rejoint la tendance nationale mesurée par IPSOS : le coût des soins est désormais la troisième cause de renoncement en France, devant les délais d’attente.
La problématique des refus ou reports de soins dans le Grand Est dépasse la seule question financière. Mais c’est elle qui concentre l’action du Secours Populaire.
Des droits existants mais peu mobilisés
La complémentaire santé solidaire (CSS) est l’un des dispositifs au cœur des ateliers. Selon le Secours Populaire, deux tiers des personnes précaires y sont éligibles - mais seulement la moitié d’entre elles effectuent les démarches pour en bénéficier, selon France 3 Régions.
Les plafonds ont été revalorisés au 1er avril 2026 : pour une personne seule en métropole, la CSS est gratuite jusqu’à 10 421 euros de revenus annuels, selon le site officiel Service-Public.fr. L’information est disponible, mais son appropriation reste inégale.
Trente pour cent des personnes en Meurthe-et-Moselle ne connaissent pas leurs droits ou font face à des obstacles administratifs, selon Philippe Gilain cité par France Bleu. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’association juge utile d’organiser ces journées en dehors des circuits institutionnels classiques.
Les difficultés d’accès aux soins ne se limitent pas à la précarité financière. D’autres territoires connaissent des tensions sur l’accès aux urgences pour des raisons structurelles différentes, mais l’équation reste similaire : une partie de la population reste à l’écart du système de soin.
Contexte dans le département
La Meurthe-et-Moselle affiche un taux de pauvreté monétaire estimé à environ 15,4% en 2023, selon l’INSEE, en ligne avec la moyenne nationale. France Bleu Lorraine évoque, pour sa part, une fourchette de 13 à 14% pour le département. Ces chiffres placent le territoire parmi ceux où le renoncement aux soins pour raisons financières est structurellement élevé.
Nancy est le principal pôle de soin du département, avec le CHRU parmi les établissements de référence du Grand Est. Pourtant, l’accès effectif aux soins reste inégal selon les revenus et la maîtrise des démarches administratives. Le Secours Populaire 54 intervient dans cet espace entre l’offre de soin existante et les publics qui n’y accèdent pas.
Le département compte aussi une part importante de ménages isolés, de personnes récemment arrivées en France et de travailleurs pauvres - profils surreprésentés parmi ceux qui renoncent aux soins, selon les observations de l’association.
Ce que l’association entend changer
L’enjeu n’est pas seulement médical. Reporter un soin dentaire, c’est souvent aggraver une pathologie, générer une urgence future et un coût supérieur - pour le patient comme pour le système. C’est ce que résume la formule de Philippe Gilain, reprise par France Bleu : « Renoncer, c’est décaler le problème. »
Les prochaines actions du Secours Populaire 54 n’ont pas été précisées à ce stade. L’association n’a pas communiqué de calendrier pour une nouvelle édition de la Journée des oubliés de la santé après le 29 avril 2026.
Sources
- France 3 Régions : Une journée pour les oubliés de la santé
- France Bleu Lorraine : Renoncer à ses soins, c'est décaler le problème
- France Bleu Lorraine : 30% des gens refusent de se faire soigner faute d'argent
- Service-Public.fr : Revalorisation des plafonds de la complémentaire santé solidaire au 1er avril 2026