Nanterre : plus de 400 personnes mobilisées contre la hausse des frais pour étudiants étrangers
L'UNEF Nanterre et l'intersyndicale de l'ESR ont battu le pavé ce 26 mai à Jussieu, deux semaines après un premier décret contesté.
Ce mardi 26 mai 2026, une journée nationale de grève et de manifestation s'est tenue contre le décret imposant des frais majorés aux étudiants extra-communautaires. L'UNEF Nanterre revendique plus de 400 participants au cortège parti de la place Jussieu à Paris à midi, en direction du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Ce mardi 26 mai 2026, une journée nationale de grève et de manifestation s’est tenue contre le décret imposant des frais majorés aux étudiants extra-communautaires. L’UNEF Nanterre revendique plus de 400 participants au cortège parti de la place Jussieu à Paris à midi, en direction du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
L’essentiel
- 26 mai 2026 : journée nationale de mobilisation à l’appel de l’intersyndicale ESR (UNEF, SNESUP-FSU, SUD, CGT), départ de Jussieu à 12h.
- Plus de 400 personnes en grève et en manifestation selon UNEF Nanterre, avec photos et vidéos publiées sur X.
- Décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 du ministre Philippe Baptiste : 2 895 € en licence et 3 941 € en master pour les étudiants hors UE (contre 178 € et 254 € pour les ressortissants nationaux et européens).
- Assouplissement partiel : exonérations plafonnées à 30 % pour 2026-2027 puis 25 %, après une première mobilisation d’environ 500 personnes le 12 mai.
- Université Paris Nanterre : 34 000 étudiants dont plus de 6 400 internationaux, directement concernée par la réforme.
Un cortège de Jussieu au ministère
Le rassemblement s’est tenu place Jussieu à partir de 12h, avant de se diriger vers le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. UNEF Nanterre, qui avait annoncé le rendez-vous plusieurs jours à l’avance sur X, a communiqué un bilan de plus de 400 participants - grévistes et manifestants confondus.
Le syndicat a publié des photos et vidéos de l’événement pour étayer ce chiffre. Aucun incident n’a été signalé à ce stade. La mobilisation s’inscrit dans un agenda syndical coordonné, confirmé par le SNESUP-FSU sur son site, qui listait cette date parmi les « rendez-vous du printemps des mobilisations ».
Le décret du 19 mai en ligne de mire
La cible des manifestants est précise : le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026, publié au Journal officiel le lendemain. Signé par le ministre Philippe Baptiste, ce texte généralise les frais différenciés pour les étudiants extracommunautaires. Le tarif passe à 2 895 € par an en licence et 3 941 € en master, contre respectivement 178 € et 254 € pour les étudiants français et européens, selon Légifrance et TF1 Info.
L’intersyndicale - UNEF, SNESUP-FSU, SUD Éducation, CGT - dénonce une mesure discriminatoire et un frein à l’attractivité des universités françaises. Le gouvernement, lui, met en avant la nécessité de financer l’accueil de ces étudiants dans un contexte budgétaire contraint.
Un assouplissement jugé insuffisant
Après une première vague de manifestations le 12 mai 2026 - environ 500 personnes à Paris, selon Sud Ouest et InfoMigrants, et plus de 200 à Grenoble - le gouvernement avait concédé un assouplissement partiel. Les universités pourront exonérer jusqu’à 30 % de leurs étudiants étrangers pour l’année 2026-2027, un plafond qui redescendra à 25 % les années suivantes, selon La Croix et Ouest-France.
Pour les syndicats, cette mesure transitoire ne remet pas en cause l’architecture du décret. C’est ce qui a motivé le renouvellement de la mobilisation ce 26 mai, deux semaines après la première manifestation et une semaine après la publication du texte définitif au JO.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
L’Université Paris Nanterre est l’un des établissements les plus directement concernés. Elle accueille environ 34 000 étudiants, dont plus de 6 400 internationaux, selon les chiffres publiés sur le site de l’université et confirmés par Wikipédia. C’est l’une des proportions les plus élevées parmi les universités franciliennes de droit et de sciences humaines.
Le département des Hauts-de-Seine concentre plusieurs grandes structures d’enseignement supérieur. La question des frais différenciés y est donc particulièrement sensible. UNEF Nanterre, section locale active, a piloté une partie de la communication nationale autour de cette journée du 26 mai. À noter que un incident technique sur le RER A à Nanterre-Préfecture avait perturbé les déplacements en matinée ce même jour, sans lien avec la manifestation.
Cette mobilisation s’inscrit dans une séquence plus large de conflits sociaux liés à l’enseignement supérieur, comme d’autres mouvements de grève observés en France en mai 2026.
Prochaines étapes annoncées
UNEF Nanterre a d’ores et déjà annoncé deux rendez-vous supplémentaires. Un rassemblement est prévu le 28 mai 2026 à 16h place de la Sorbonne, à l’occasion d’un colloque du ministre. Une manifestation nationale est également programmée le 20 juin 2026, explicitement contre les « répressions » liées au mouvement.
Le rapport de force avec le ministère reste ouvert : le décret est publié, mais la pression syndicale ne retombe pas.
Sources
- UNEF Nanterre (X) : UNEF Nanterre : plus de 400 personnes en grève et en manifestation
- Légifrance : Décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 — frais d'inscription étudiants étrangers
- La Croix : Étudiants étrangers : le gouvernement assouplit le décret sur les frais d'inscription
- InfoMigrants : Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l'assouplissement