Nanterre : deux nouvelles plaintes contre PPDA, treize accusatrices au total
Le parquet de Nanterre confirme deux dépôts de plainte pour agression sexuelle, portant à treize le nombre de femmes impliquées dans l'instruction en cours.
Deux femmes ont récemment déposé plainte pour agression sexuelle contre Patrick Poivre d'Arvor pour des faits allégués en 2001 et 2011. Le parquet de Nanterre a confirmé ces plaintes, révélées par RTL. L'instruction, ouverte depuis 2021, implique désormais treize accusatrices.
L’essentiel
- Treize accusatrices : deux nouvelles plaintes pour agression sexuelle portent à 13 le nombre de femmes visant PPDA dans l’instruction en cours à Nanterre.
- Faits allégués en 2001 et 2011 : les deux nouvelles plaignantes étaient âgées d’une vingtaine d’années au moment des faits, dans un contexte professionnel.
- Mise en examen depuis décembre 2023 : Patrick Poivre d’Arvor, 78 ans, est mis en examen pour viol sur Florence Porcel (faits de 2009) ; il conteste l’intégralité des accusations.
- Sérialité/prescription : la décision du juge de Nanterre sur ce point juridique clé est attendue ; les avocates des plaignantes invoquent ce principe pour lever la prescription sur des faits liés.
Deux nouvelles plaintes confirmées par le parquet
Le parquet de Nanterre a confirmé, ce 2 juin 2026, deux nouveaux dépôts de plainte pour agression sexuelle contre Patrick Poivre d’Arvor. L’information avait été révélée par RTL et recoupée par Le Parisien. Les deux plaignantes se sont constituées parties civiles pour rejoindre l’information judiciaire ouverte à Nanterre.
Les faits allégués remontent à 2001 et 2011. Les deux femmes auraient alors eu une vingtaine d’années. Le contexte invoqué est professionnel dans les deux cas. L’une d’elles avait déjà déposé plainte auparavant ; cette plainte avait été classée sans suite pour cause de prescription.
Treize femmes dans l’instruction
Ces deux nouvelles constitutions de partie civile portent à treize le nombre de femmes accusant Patrick Poivre d’Arvor de violences sexuelles - viols et agressions sexuelles confondus - dans le cadre de l’instruction en cours. C’est le chiffre avancé par RTL et confirmé par le parquet de Nanterre.
L’affaire avait éclaté en février 2021 avec la plainte de Florence Porcel, auteure et scénariste, pour des faits allégués en 2004 et 2009. D’autres femmes avaient suivi. PPDA avait été mis en examen en décembre 2023 pour le viol allégué de 2009 sur Florence Porcel, selon Wikipedia et Le Parisien.
Patrick Poivre d’Arvor, né le 20 septembre 1947 à Reims, est âgé de 78 ans. Il a présenté le journal de 20 heures sur TF1 de 1987 à 2008. Il conteste l’intégralité des accusations portées contre lui et est présumé innocent.
La question de la prescription au cœur du dossier
Le nœud juridique de l’instruction reste la prescription. Les faits les plus anciens - dont ceux de 2001 - sont potentiellement prescrits en droit commun. Les avocates des plaignantes, dont Corinne Hermann et Sonia Kanoun, défendent le principe dit de sérialité : lorsque des faits similaires sont commis de manière répétée par le même auteur, les délais de prescription peuvent être écartés ou recalculés.
Selon RTL et Le Parisien, ce mécanisme a déjà été appliqué dans d’autres affaires françaises, notamment celles de Michel Fourniret et Émile Louis. Son application dans le dossier PPDA reste à trancher par le juge d’instruction de Nanterre.
La décision sur ce point est attendue. Elle conditionne la recevabilité de plusieurs plaintes liées à des faits anciens, y compris l’une des deux nouvelles plaintes déposées.
Instruction en phase active
Selon RTL, les onze plaignantes déjà enregistrées avant ces deux nouvelles constitutions ont été auditionnées récemment par le juge d’instruction. L’audition de Patrick Poivre d’Arvor lui-même est probable dans les prochaines étapes de la procédure, sans que de date précise n’ait été communiquée à ce stade.
L’instruction suit donc son cours cinq ans après le déclenchement de l’affaire. Le rythme récent - auditions en série, nouvelles plaintes - signale une phase avancée du dossier. Mais aucune date de renvoi en jugement n’a été annoncée par le parquet.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Le tribunal judiciaire de Nanterre, situé au cœur du département des Hauts-de-Seine (92), est compétent pour cette instruction en raison du lieu de résidence ou des faits allégués. C’est l’une des plus grandes juridictions d’Île-de-France, traitant régulièrement des dossiers à dimension nationale.
Le dossier PPDA est instruit à Nanterre depuis l’ouverture de l’information judiciaire en 2021. Le parquet local est la source officielle de référence sur l’avancement de la procédure. C’est lui qui a confirmé à RTL et au Parisien les deux nouvelles plaintes du 2 juin 2026.
Nanterre (93 000 habitants, préfecture des Hauts-de-Seine) abrite également le siège de plusieurs grandes entreprises et institutions judiciaires franciliennes. Pour le RER A, des perturbations ont été signalées récemment entre Nanterre-Préfecture et Poissy, sans lien avec cette affaire.
Historique de la procédure
Février 2021 : Florence Porcel dépose plainte pour viol. Les premiers classements sans suite interviennent rapidement, avant réouverture. Décembre 2023 : PPDA est mis en examen pour viol sur Florence Porcel pour les faits de 2009. Entre 2021 et 2026, le nombre de plaignantes a progressivement augmenté jusqu’à atteindre treize, selon les sources croisées RTL/Le Parisien/Wikipedia.
L’une des deux plaignantes qui vient de se constituer partie civile avait déjà tenté une démarche judiciaire antérieure, classée sans suite pour prescription. La constitution de partie civile dans une instruction ouverte constitue une voie procédurale distincte, qui permet au juge d’instruction d’examiner les faits dans le cadre plus large du dossier en cours - notamment si le principe de sérialité est retenu.
Par ailleurs, le préfet du Val-de-Marne était au fort de Nogent cette semaine pour les portes ouvertes de la Légion étrangère, dans un département voisin du 92.
La prochaine étape attendue est l’audition de Patrick Poivre d’Arvor par le juge d’instruction de Nanterre, dont la date n’a pas été communiquée, ainsi que la décision sur le principe de sérialité qui déterminera le périmètre définitif des charges retenues.