Nanterre vs Neuilly : la justice valide le projet de logements et salon funéraire du cimetière
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté le recours de Nanterre contre un projet immobilier mixte situé à l'entrée du cimetière nouveau de Neuilly.
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté le 10 mars 2026 le recours de la commune de Nanterre contre le permis de construire délivré à Neuilly-sur-Seine pour un projet mixte au 1 rue de Vimy. Un contentieux de plusieurs années entre les deux villes s'achève.
L’essentiel
- Jugement du 10 mars 2026 : le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (8e chambre, n° 2304748) a rejeté l’ensemble des moyens de Nanterre.
- Projet validé : démolition d’un bâtiment de 413 m², construction d’un immeuble mixte avec 17 logements, un pavillon d’accueil de 30 m² et un salon funéraire de 70 m².
- Permis délivré le 3 février 2023 par le préfet des Hauts-de-Seine Laurent Hottiaux, malgré l’avis défavorable de Nanterre.
- Stationnement contesté : Nanterre déplorait 11 places prévues pour une salle pouvant accueillir jusqu’à 78 personnes.
- Localisation : 1 rue de Vimy à Nanterre, entrée principale du cimetière nouveau de Neuilly-sur-Seine.
Un permis préfectoral au cœur du litige
Le 3 février 2023, le préfet des Hauts-de-Seine Laurent Hottiaux accordait à la commune de Neuilly-sur-Seine un permis de construire pour un projet situé au 1 rue de Vimy, à Nanterre. L’adresse correspond à l’entrée principale du cimetière nouveau de Neuilly, un site qui s’étend sur les territoires de Puteaux et de Nanterre, selon Wikipedia.
Le projet prévoit la démolition d’un bâtiment existant de 413 m² et la construction d’un immeuble mixte comprenant 17 logements, un pavillon d’accueil d’une capacité de 10 personnes (30 m²) et une salle des funérailles républicaines pouvant recevoir jusqu’à 78 personnes (70 m²). Onze places de stationnement sont prévues pour le public, dont une PMR et deux deux-roues.
Nanterre avait émis un avis défavorable et saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Le jugement, rendu le 10 mars 2026 et rendu public autour du 9 juin 2026, met fin au contentieux, selon les documents officiels publiés sur Pappers Justice.
Les griefs de Nanterre un à un écartés
La commune de Nanterre avait soulevé plusieurs moyens devant le tribunal. Elle contestait la régularité de la procédure, le nombre insuffisant de places de stationnement, les risques pour la sécurité piétonne, les nuisances attendues et le respect du plan local d’urbanisme (PLU) de Nanterre.
Sur le stationnement, le déséquilibre était au cœur de l’argumentaire : 11 places pour une salle pouvant accueillir 78 personnes. Selon actu.fr, le maire de Nanterre Patrick Jarry s’inquiétait également des nuisances liées à la proximité de la tour The Link (52 étages, 401 places de parking) et de la Paris La Défense Arena, déjà générateurs de flux importants dans le secteur.
Le tribunal a écarté l’ensemble de ces moyens. Sur la question du stationnement, les juges ont notamment constaté que le cimetière est desservi par plusieurs modes de transports en commun - bus, tramway, RER, train - accessibles en moins de 15 minutes à pied dans un rayon de 800 mètres. Une navette gratuite proposée par Neuilly-sur-Seine dessert le site quatre fois par mois, selon actu.fr et la décision publiée sur Pappers Justice.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Nanterre (98 119 habitants en 2022, selon l’INSEE) et Neuilly-sur-Seine (59 200 habitants en 2022) sont deux communes limitrophes du département, aux profils très différents. Nanterre, pôle universitaire et siège de La Défense, concentre une part importante des équipements métropolitains. Neuilly, commune aisée du département, gère des équipements funéraires qui débordent sur le territoire voisin.
Ce type de contentieux intercommunal sur fond de compétences croisées et de PLU est courant dans un département aussi dense que les Hauts-de-Seine. Les Archives départementales basées à Nanterre conservent d’ailleurs les traces de nombreux litiges fonciers similaires dans le secteur. Le fait qu’un cimetière d’une commune (Neuilly) soit physiquement implanté sur le territoire d’une autre (Nanterre) illustre les complexités administratives propres à l’agglomération parisienne.
Dans les Hauts-de-Seine, les questions liées aux espaces mémoriaux et funéraires occupent régulièrement les instances locales. Ce jugement s’inscrit dans une série de décisions administratives qui redessinent les frontières de compétences entre communes du département.
Ce que dit la décision
Le jugement n° 2304748 de la 8e chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est consultable sur Pappers Justice. Il donne raison au préfet et à Neuilly-sur-Seine sur l’ensemble des points soulevés par Nanterre. La commune requérante n’a pas encore communiqué publiquement sur une éventuelle voie d’appel devant la cour administrative d’appel de Versailles.
Le projet peut donc théoriquement entrer en phase de travaux, sous réserve que Nanterre ne forme pas de recours en appel dans les délais légaux. Aucune date de début de chantier n’a été annoncée à ce stade.