Nantes : Léon Grosse visé par des militants contre le futur CRA, plainte déposée
Des militants d’Extinction Rebellion et des Soulèvements de la Terre ont recouvert de peinture les locaux de l’entreprise à Saint-Herblain, dénonçant sa participation au projet de centre de rétention.
Le 19 avril 2026, une action militante a ciblé les bureaux de Léon Grosse à Saint-Herblain, près de Nantes. Les militants ont recouvert la façade de peinture rouge et déployé une banderole pour protester contre la maîtrise d’œuvre du futur centre de rétention administrative (CRA). L’entreprise a déposé plainte.
Une action militante contre le projet de CRA
Dans la matinée du 19 avril 2026, une demi-douzaine de militants d’Extinction Rebellion Nantes et des Soulèvements de la Terre ont recouvert de peinture rouge la façade des locaux de l’entreprise Léon Grosse à Saint-Herblain, en périphérie nantaise. Selon Ouest-France, les militants ont également déployé une banderole avec l’inscription « business crade », en référence à la participation de l’entreprise à la maîtrise d’œuvre du futur centre de rétention administrative (CRA) de Nantes.
Le projet, annoncé en octobre 2022 par le ministère de l’Intérieur, prévoit la construction d’un CRA de 140 places sur le site du Champ de Manoeuvre, près de la maison d’arrêt de Carquefou. Son budget s’élève à 36 millions d’euros, avec une ouverture prévue en 2028. Nantes est sans CRA depuis plus de 15 ans, le dernier ayant fermé en 2010, comme le rappelle Le Figaro.
Une opposition locale et politique
L’action des militants s’inscrit dans un contexte de forte opposition au projet. Une consultation publique organisée du 1er décembre 2025 au 5 janvier 2026 avait révélé une opposition massive, avec 94 % des participants contre la qualification du projet en « projet d’intérêt général ». Malgré cela, la préfecture de Loire-Atlantique a validé cette qualification par arrêté le 4 février 2026 (source officielle).
La maire de Nantes, Johanna Rolland, s’est également opposée au projet, émettant un avis défavorable en avril 2026. Dans un communiqué, les militants ont déclaré : « Nous tenons à rappeler au groupe Léon Grosse qu’à Nantes, une résistance de plus en plus forte et structurée s’oppose à la construction du CRA, elle se poursuivra et s’intensifiera jusqu’à l’abandon du projet » (Le Figaro).
L’entreprise Léon Grosse a confirmé avoir déposé plainte pour vandalisme, qualifiant l’acte de « dégradation ». La police a constaté les faits sur place et le service d’identité judiciaire est intervenu, selon Ouest-France.
Prochaines étapes du projet
Une nouvelle consultation publique pour l’autorisation environnementale est en cours jusqu’au 23 juillet 2026. Deux réunions publiques sont prévues les 6 mai et 9 juillet, avec des permanences les 27 mai et 25 juin (source préfecture). Le permis de construire devrait être délivré en juin 2026, avec un début des travaux envisagé à l’automne.
Cette action s’ajoute à d’autres mobilisations locales, comme le festival Anti-CRA organisé le 4 avril 2026, qui avait rassemblé des centaines de participants. À Nantes, les tensions autour des questions migratoires restent vives, comme en témoignent d’autres opérations récentes des forces de l’ordre.
Contexte
Le projet de CRA à Nantes s’inscrit dans une volonté nationale d’augmenter la capacité d’accueil des centres de rétention, avec un objectif de 3 000 places d’ici 2028. En 2025, des blocages et manifestations avaient déjà eu lieu pour dénoncer le projet, sans parvenir à le faire abandonner. La qualification en projet d’intérêt général en février 2026 a marqué une étape décisive, malgré les réserves exprimées par la ville et une partie de la population.
Sources
- Le Figaro : À Nantes, le constructeur du futur CRA ciblé par Extinction Rebellion et Les Soulèvements de la Terre
- Ouest-France : Le maître d'œuvre du futur centre de rétention administrative de Nantes ciblé par ses opposants
- Préfecture de Loire-Atlantique : Projet de Centre de rétention administrative_Nantes : qualification de projet d'intérêt général
- Les Soulèvements de la Terre : Une action pour dénoncer la participation de Léon Grosse au projet de CRA