Nantes : contrôles anti-narcotrafic à Bottière sur réquisition du procureur
Le 10 juin, police nationale et CRS ont quadrillé Bottière et Port-Boyer en vérifiant les interdictions de paraître préfectorales.
Le 10 juin 2026, la police nationale a mené des contrôles anti-narcotrafic dans le quartier de la Bottière à Nantes, sur réquisition du procureur de la République. Ces opérations s'inscrivent dans un plan préfectoral lancé après quatre homicides liés au trafic de drogue depuis fin avril 2026.
L’essentiel
- 10 juin 2026 : contrôles anti-narcotrafic à Bottière et Port-Boyer par la police nationale et la CRS, sur réquisition du procureur.
- 4 morts en lien avec le narcotrafic à Nantes depuis fin avril 2026, dont un jeune de 18 ans tué le 4 juin à Bottière.
- 123 interdictions de paraître prononcées en Loire-Atlantique depuis la loi du 13 juin 2025, dont 91 à Nantes.
- 864 opérations de sécurisation menées depuis janvier 2026 à Nantes, avec 941 interpellations et 75 déférements.
- 40 interpellations lors d’une opération à Nantes et Rezé le 8 juin 2026, dont 16 liées au narcotrafic.
Ce qui s’est passé le 10 juin
Mercredi 10 juin 2026, la police nationale a déployé ses effectifs dans le quartier de la Bottière, à l’est de Nantes. Mission : contrôler les personnes présentes et vérifier qu’aucune n’est visée par une interdiction de paraître délivrée par la préfecture de Loire-Atlantique. Ces contrôles ont été menés sur réquisition du procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, qui a confirmé le lien entre les fusillades récentes et des règlements de comptes liés au narcotrafic.
Dans le même temps, une opération conjointe police nationale-CRS couvrait également le quartier de Port-Boyer. Marie Argouarc’h, directrice de cabinet du préfet Fabrice Rigoulet-Roze, était présente sur le terrain, selon la préfecture.
Un plan préfectoral en quatre axes après les tirs du 26 mai
Ces opérations ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans un plan préfectoral structuré, décidé après les tirs mortels du 26 mai 2026 lors d’une réunion entre le préfet Rigoulet-Roze, la maire de Nantes Johanna Rolland et le procureur Leroy. Le plan cible quatre quartiers : Port-Boyer, Bottière, Nantes Nord et Halvêque.
Le dispositif repose sur des véhicules statiques, des patrouilles renforcées et des unités de CRS dédiées, présentes à Nantes depuis un an selon la préfecture. Le 6 juin, un hélicoptère de la gendarmerie nationale avait également survolé les secteurs de Bottière et Port-Boyer, selon le compte officiel @Prefet44. Le procureur Leroy a précisé disposer des outils juridiques nécessaires pour agir contre les réseaux.
Quatre homicides en moins de six semaines
Le bilan est lourd. Quatre personnes ont été tuées à Nantes depuis fin avril 2026 dans des circonstances liées au narcotrafic, selon Ouest-France et Le Parisien. La dernière victime, un homme de 18 ans, a été abattue le 4 juin vers 12h30 à la Bottière, près d’un point de deal à proximité de l’arrêt de tram Souillarderie. Les fusillades se déroulent en pleine rue, parfois en présence de passants.
Deux jours avant les contrôles du 10 juin, une opération à Nantes et Rezé avait conduit à 40 interpellations, dont 16 liées au narcotrafic. Depuis le 1er janvier 2026, les forces de l’ordre ont mené 864 opérations de sécurisation, procédé à 941 interpellations et effectué 75 déférements, selon Franceinfo et Actu44.
Les interdictions de paraître, outil central
La vérification des interdictions de paraître constitue désormais un axe systématique des contrôles. Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 13 juin 2025 relative à la lutte contre le narcotrafic, 123 de ces mesures ont été prononcées en Loire-Atlantique, dont 91 concernent des personnes à Nantes, selon Actu44. En mai 2026, un contrôle similaire à Bottière avait abouti à l’interpellation d’un individu porteur de résine de cannabis et visé par une telle interdiction, selon @PoliceNat44.
Le préfet Rigoulet-Roze a déclaré sur Ici Loire Océan que « le narcotrafic n’est pas une fatalité » et que l’État ne lâchera rien. La maire Johanna Rolland, après l’homicide du 4 juin, a appelé à une mobilisation totale et réclamé des moyens supplémentaires pour la prévention, notamment une extension à Port-Boyer et Bottière de l’expérimentation engagée au Breil, selon Nantes Métropole.
Contexte dans le département
Bottière et Port-Boyer sont deux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Bottière Pin Sec compte 5 633 habitants avec un taux de pauvreté de 52 %, selon les données INSEE 2022 du SIG Ville. Port-Boyer rassemble environ 1 692 habitants en périmètre QPV. Ces territoires concentrent une part importante des tensions liées au trafic de stupéfiants dans l’agglomération nantaise.
La Loire-Atlantique est l’un des départements les plus touchés par le narcotrafic en dehors des grandes métropoles, avec une présence CRS renforcée depuis un an. La ville de Nantes fait face par ailleurs à d’autres tensions sécuritaires, illustrant une pression accrue sur les services de l’État. Le volume des opérations - 864 depuis janvier - témoigne d’une mobilisation inédite à l’échelle du département.
La suite des opérations
Les contrôles dans les quartiers nord-est de Nantes se poursuivent. La préfecture n’a pas communiqué sur d’éventuelles interpellations issues de l’opération du 10 juin à la Bottière. La prochaine étape du plan préfectoral en quatre axes - notamment sur le volet prévention - n’a pas encore été détaillée publiquement.
Sources
- Police Nationale 44 (officiel) : Tweet @PoliceNat44 – contrôles Bottière 10 juin 2026
- Préfecture de Loire-Atlantique (officiel) : Tweet @Prefet44 – opération Port-Boyer et Bottière 10 juin 2026
- Actu44 : Narcotrafic à Nantes : la préfecture déploie un plan en quatre axes
- Ouest-France : Le narcotrafic a fait quatre morts en un mois à Nantes
- Franceinfo : Narcotrafic : plus de 860 opérations de sécurisation en Loire-Atlantique depuis le début de l'année
- Nantes Métropole (officiel) : Bottière : le quartier endeuillé par un nouveau drame

