Nantes : heurts lors de l’hommage au militant CGT Oussama Sbaï le 1er mai
Quatre mille manifestants dans les rues, une minute de silence place du Bouffay, puis l'intervention des forces de l'ordre pour saisir une banderole.
Le 1er mai 2026 à Nantes a été marqué par un hommage rendu à Oussama Sbaï, militant CGT décédé deux jours plus tôt. Place du Bouffay, vers 14h15, gendarmes et BAC ont encerclé les participants pour confisquer une banderole, provoquant bousculades et échanges vifs. L'hommage s'est finalement poursuivi après le retrait des forces de l'ordre.
Le 1er mai 2026 à Nantes a été marqué par un hommage rendu à Oussama Sbaï, militant CGT décédé deux jours plus tôt. Place du Bouffay, vers 14h15, gendarmes et BAC ont encerclé les participants pour confisquer une banderole, provoquant bousculades et échanges vifs. L’hommage s’est finalement poursuivi après le retrait des forces de l’ordre.
L’essentiel
- Décès : Oussama Sbaï, militant CGT nantais de 44 ans, est décédé subitement le 29 avril 2026, deux jours avant le défilé.
- Participation : Environ 4 000 manifestants ont défilé à Nantes le 1er mai, selon la préfecture de Loire-Atlantique.
- Incident : Vers 14h15 place du Bouffay, gendarmes et BAC ont encerclé les participants à l’hommage pour saisir une banderole « Oussama présent ».
- Blessés : Deux policiers blessés, dont un au visage par un jet de pavé, et quatre contusionnés, selon la préfecture.
- Interpellations : Deux personnes ont été interpellées en marge du défilé.
Un militant figure de vingt ans de luttes nantaises
Oussama Sbaï était connu dans les milieux syndicaux et militants de Nantes depuis plus de vingt ans. Selon France 3 Pays de la Loire et Ouest-France, il avait participé aux luttes contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre le pass sanitaire, puis contre la réforme des retraites. Il est décédé subitement le 29 avril 2026, à l’âge de 44 ans.
Sa mort, deux jours avant le 1er mai, a donné une tonalité particulière au défilé nantais cette année. Un rassemblement en sa mémoire avait été organisé place du Bouffay, point de convergence traditionnel des cortèges dans le centre-ville. Vers 14h, une minute de silence a été observée, selon France 3.
L’intervention des forces de l’ordre au cœur de la controverse
À 14h15, la situation bascule. Des gendarmes et des membres de la BAC encerclent les participants réunis autour de l’hommage. L’objectif déclaré : confisquer une banderole portant l’inscription « Oussama présent ». Des bousculades s’ensuivent, avec des échanges vifs entre manifestants et policiers, rapporte France 3.
Margot Medkour, ex-candidate de la gauche radicale aux élections municipales de Nantes, a déclaré à France 3 que les policiers ont tenté de « nasser » les manifestants autour de la statue et qu’il y avait selon elle « une réelle volonté de perturber l’événement ». La préfecture n’a pas commenté spécifiquement les raisons de la saisie de la banderole à ce stade.
L’hommage a finalement pu se poursuivre après le retrait des forces de l’ordre, selon Ouest-France.
Des heurts en marge du cortège, plusieurs policiers blessés
En dehors de l’incident place du Bouffay, des affrontements ont eu lieu en marge du défilé. Un policier a été blessé au visage par un jet de pavé. Deux autres policiers ont été blessés et quatre contusionnés, selon les chiffres communiqués par la préfecture de Loire-Atlantique. Deux interpellations ont été effectuées.
Le préfet de Loire-Atlantique a, selon sa communication officielle sur les réseaux sociaux, remercié les forces de sécurité mobilisées et exprimé « son soutien total » aux deux policiers blessés.
Le cortège lui-même s’est déroulé dans une ambiance décrite comme majoritairement familiale et revendicative par plusieurs observateurs.
Contexte dans la Loire-Atlantique
Nantes a une histoire longue de tensions lors des défilés du 1er mai. En 2023, des affrontements prolongés entre black blocs et forces de l’ordre avaient causé cinq blessés et entraîné 29 gardes à vue, selon La Croix. En 2025, la manifestation avait rassemblé entre 5 000 et 10 000 personnes selon les sources, avec 15 interpellations à la clé, rappelle Mediacités dans une enquête publiée le 30 avril 2026 sur l’évolution des manifestations nantaises.
La préfecture comptabilise 4 000 participants en 2026, un chiffre en retrait par rapport à 2025. Nantes est la principale ville de Loire-Atlantique, département de 1,4 million d’habitants, et concentre les mobilisations syndicales et militantes du département. La CGT y dispose d’un ancrage historique dans les secteurs industriels et de services.
Les incidents autour d’un hommage funèbre lors d’un défilé syndical constituent un fait rare et sensible. La question de l’autorisation ou de l’interdiction de banderoles lors de rassemblements sur la voie publique relève des pouvoirs du préfet, mais les modalités d’intervention - encerclement de participants en deuil - alimentent le débat sur les libertés de réunion et d’expression, déjà vif dans d’autres territoires. Des questions similaires ont traversé d’autres départements récemment sur le périmètre des pouvoirs préfectoraux.
Des implications sur les relations sociales locales
L’incident intervient dans un contexte de tensions persistantes entre mouvements sociaux et autorités en Loire-Atlantique. La CGT nantaise n’avait pas, à la date de publication, communiqué de réaction formelle sur les conditions de l’hommage. Margot Medkour, interlocutrice citée par France 3, n’est pas porte-parole officielle du syndicat.
La question de l’espace accordé à l’expression collective du deuil en manifestation - et des limites fixées par les forces de l’ordre - dépasse le seul cadre nantais. Elle s’inscrit dans un débat plus large sur le maintien de l’ordre lors des rassemblements syndicaux, déjà documenté lors de précédents 1er mai. Des interrogations comparables sur la gestion des rassemblements non autorisés ont émergé dans d’autres régions ces dernières semaines.
Aucune procédure judiciaire liée à la saisie de la banderole n’avait été annoncée à ce stade. Les deux personnes interpellées en marge du cortège faisaient l’objet de suites judiciaires non encore précisées publiquement.
Prochaine étape
Les suites judiciaires des deux interpellations et l’éventuelle réponse syndicale aux conditions de l’hommage devraient être connues dans les prochains jours. La CGT Loire-Atlantique n’avait pas encore pris position publiquement sur l’incident à l’heure de la publication.
Sources
- France 3 Pays de la Loire : Manifestations du 1er mai à Nantes : l'hommage à un militant CGT décédé marqué par des tensions avec la police
- Ouest-France : 1er mai à Nantes : 4 000 manifestants et plusieurs heurts en marge du cortège, un policier blessé au visage
- Mediacités : Comment les manifestations ont changé de visage à Nantes
- Préfecture de Loire-Atlantique : Communiqué du préfet de Loire-Atlantique après la manifestation du 1er mai 2026