Nantes : les home-jackings en hausse près de la ville, un choc psychologique plus fort selon la police
La police a fait état d'une vingtaine de faits depuis janvier dans l'agglomération, un phénomène qui s'intensifie avec des conséquences psychologiques marquées.
Depuis le début de l’année, une vingtaine de home-jackings ont été recensés dans l’agglomération nantaise. La police nationale alerte sur un phénomène en hausse, dont l’impact psychologique est plus lourd que celui d’un simple cambriolage.
L’essentiel
- Une vingtaine de home-jackings depuis janvier 2026 dans l’agglomération nantaise.
- 5 faits à Saint-Herblain, dont 3 en trois semaines récentes.
- 104 home-jackings à Nantes en 2025, soit le double des 50 faits de 2024.
- Impact psychologique plus fort qu’un cambriolage classique, selon la police.
Une vingtaine de faits depuis le début de l’année
Depuis le 1er janvier 2026, environ une vingtaine de home-jackings - ces cambriolages dans des logements occupés par leurs propriétaires - ont été commis dans l’agglomération nantaise, selon la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Loire-Atlantique. Le Figaro et Ouest-France rapportent que cinq d’entre eux se sont produits à Saint-Herblain, commune de la première couronne, dont trois en l’espace de trois semaines seulement au printemps.
Le directeur adjoint de la DIPN, Éric Eudes, a convoqué la presse autour du 16 juin pour alerter sur cette recrudescence. Son objectif : décrire le mode opératoire et appeler les habitants à renforcer leur vigilance, alors que les beaux jours sont propices à ce type d’infractions.
Comment les voleurs opèrent-ils ?
Les cibles privilégiées sont des véhicules de milieu et haut de gamme - une Audi RS5 a récemment été dérobée. D’après les enquêteurs, les malfaiteurs effectuent d’abord un repérage en journée, avant de pénétrer la nuit dans le domicile, le plus souvent par effraction sur une fenêtre ou une porte-fenêtre. Leur objectif : dérober les clés du véhicule, souvent laissées en évidence dans l’entrée. « Bien souvent, les occupants n’entendent rien », a souligné Éric Eudes, cité par ICI.
Les maisons individuelles en zones résidentielles sont les plus touchées. La police insiste sur l’aspect organisé de ces vols, fréquemment commis par des réseaux structurés, parfois sériels.
Un traumatisme psychologique plus fort que le cambriolage
Le home-jacking se distingue du cambriolage classique par un choc psychologique plus marqué. « C’est une intrusion dans la vie privée », a expliqué la police, selon Ouest-France. Les victimes, présentes au moment des faits, gardent un sentiment d’insécurité durable. Plusieurs d’entre elles ont témoigné de nuits blanches et d’une peur persistante après l’effraction.
Pour la DIPN, l’impact est tel que « ces vols marquent beaucoup les habitants », rapporte Ouest-France. La conférence de presse de la mi-juin visait aussi à libérer la parole des victimes, invitées à partager leur expérience pour mieux prévenir le phénomène.
Un phénomène qui double depuis 2024
À Nantes, quasi exclusivement, 104 home-jackings ont été recensés en 2025, contre une cinquantaine l’année précédente, selon les chiffres communiqués par la police et corroborés par ICI et actu.fr. La hausse s’est accélérée ces derniers mois, un lien étant évoqué par Le Figaro avec la remise en liberté de récidivistes d’une bande interpellée en 2025.
Éric Eudes a précisé que ces infractions sont souvent le fait d’équipes expérimentées, capables de frapper plusieurs nuits de suite. La police appelle les habitants à ne pas laisser leurs clés de voiture dans une entrée ou un endroit visible, et à composer le 17 en cas de repérage suspect.
La police renforce son dispositif et appelle à la vigilance
Face à la recrudescence, la DIPN a mis en place un numéro dédié pour que les citoyens puissent transmettre photos et vidéos utiles aux enquêteurs - un dispositif qui serait unique en France. Parallèlement, la collaboration entre police et gendarmerie est renforcée sur l’ensemble du département.
« Ranger les clés, ne pas laisser d’objets de valeur visibles, signaler tout comportement anormal », a martelé la police. Les patrouilles sont adaptées et des actions de prévention sont menées dans les quartiers résidentiels.
Contexte dans la Loire-Atlantique
Avec près de 1,4 million d’habitants, la Loire-Atlantique est un département fortement urbanisé autour de Nantes, sa préfecture, qui concentre l’essentiel des faits. Saint-Herblain, deuxième commune la plus touchée après Nantes, compte environ 50 000 habitants et constitue une zone pavillonnaire étendue, favorable à ce type d’intrusion. Aucun chiffre comparable n’a été communiqué pour le reste du département, mais les forces de l’ordre précisent que le phénomène reste très localisé à l’agglomération nantaise.
Cette alerte intervient alors que d’autres faits divers ont récemment mobilisé les services de secours dans la région. Ce mardi, un poids-lourd s’est embrasé sur l’aire de La Forêt (A36) à Phaffans, sans faire de blessé (info.fr). Ailleurs, à Troyes, un signalement citoyen a permis de sauver trois chats enfermés dans une voiture en pleine chaleur (info.fr).
Le numéro spécial mis en place par la police nantaise reste actif pour recueillir tout élément vidéo ou photographique susceptible de faire avancer les enquêtes.
Sources
- Le Figaro : Nantes : les home-jackings en hausse après la remise en liberté d’individus récidivistes
- Ouest-France : Home-jackings en hausse près de Nantes : « un choc encore plus fort que pour un simple cambriolage »
- ICI : Nantes : plus d'une centaine de home-jackings en 2025, la police alerte sur un phénomène en pleine expansion