Nantes : un jeune de 19 ans tué par balles, cinquième homicide par arme à feu en deux mois
Dans la nuit du 27 au 28 juin, un adolescent a été abattu route de Carquefou. La maire Johanna Rolland réclame une réunion d'urgence.
Un jeune homme de 19 ans a été tué par balle dans la nuit du 27 au 28 juin à Nantes, près du centre commercial Paridis. C'est le cinquième homicide par arme à feu en deux mois dans la ville. L'enquête a été confiée à la DCOS et à l'Ofast.
L’essentiel
- Fait 1 : Un homme de 19 ans a été tué par balles dans la nuit du 27 au 28 juin, près du centre commercial Paridis à Nantes.
- Fait 2 : Il s’agit du cinquième homicide par arme à feu recensé dans la ville en deux mois, depuis fin avril 2026.
- Fait 3 : La maire Johanna Rolland a demandé une réunion d’urgence au préfet et au procureur.
- Fait 4 : L’enquête pour homicide volontaire a été confiée à la DCOS et à l’Ofast.
Ce qui s’est passé
Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin 2026, un jeune homme de 19 ans a été mortellement touché par des tirs d’arme à feu à Nantes. Selon les premiers éléments communiqués par la préfecture, les faits se sont déroulés peu avant 5 heures du matin, route de Carquefou, à proximité du centre commercial Paridis.
La victime circulait à bord d’une Renault Clio en compagnie de deux amis, tous âgés de 19 ans. Leur véhicule a été pris en chasse par une autre voiture, dont un passager a ouvert le feu sur le parking du centre commercial. Touché, le jeune homme a été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire par les secours dépêchés à 4 h 50. Malgré leurs tentatives de réanimation, il est décédé sur place.
Aucune douille n’a été retrouvée lors des premières constatations, ce qui laisse supposer l’usage d’une arme de poing ou un nettoyage de la scène, selon une source proche de l’enquête. Les deux amis qui l’accompagnaient ont été entendus par les enquêteurs et placés sous le statut de témoins.
La réaction de la maire
La maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, a réagi rapidement sur le réseau X (ex-Twitter). Elle a exprimé son indignation et demandé une réunion d’urgence avec le préfet de Loire-Atlantique et le procureur de la République. « Nous ne pouvons pas accepter cette escalade de violences », a-t-elle écrit.
La mairie a également indiqué se tenir aux côtés des familles et des forces de l’ordre. De son côté, le député de la circonscription, Mounir Belhamiti, a appelé à « un renforcement immédiat des effectifs de police de proximité ».
Une enquête confiée à la DCOS et à l’Ofast
L’enquête a été ouverte pour homicide volontaire. Elle a été confiée à la direction départementale de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) ainsi qu’à l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Cette double saisine suggère une piste liée au trafic de stupéfiants, même si aucun élément ne le confirme officiellement à ce stade.
La victime était inconnue des services de police, selon une source policière citée par France 3 Régions. Les enquêteurs tentent d’identifier le ou les auteurs, qui ont pris la fuite. Aucune interpellation n’a eu lieu dans les premières 48 heures.
Contexte dans la Loire-Atlantique
Nantes, 7e commune de France avec plus de 320 000 habitants, connaît depuis plusieurs mois une recrudescence des violences par arme à feu. Ce dernier homicide porte à cinq le nombre de meurtres par balle enregistrés en deux mois sur la métropole nantaise. En 2025, la ville avait déjà enregistré douze homicides, dont huit liés à des règlements de comptes.
La Loire-Atlantique, département le plus peuplé de la région Pays de la Loire, est confrontée à une criminalité liée au trafic de drogues, principalement dans les quartiers nord de Nantes (Malakoff, Bellevue, Dervallières). Selon la préfecture, les opérations de sécurisation ont été renforcées depuis le printemps, mais la multiplication des homicides inquiète les élus et la population.
À Rennes, un incendie dans un parking souterrain a mobilisé 26 pompiers sans faire de blessé, tandis qu’à Saintes un appartement a été embrasé par un climatiseur mobile en pleine canicule. Dans l’Indre, un ancien formateur de jeunes pompiers a avoué des viols et corruption de mineur. Ces événements, bien que distincts, rappellent la diversité des faits divers qui animent l’actualité régionale.
Un cinquième homicide en deux mois
La série noire a débuté fin avril 2026. Le 24 avril, un homme de 35 ans avait été abattu dans le quartier des Dervallières. Le 5 mai, un jeune de 22 ans avait succombé à ses blessures après une fusillade boulevard des Anglais. Le 22 mai, un homme de 28 ans avait été tué route de Vannes. Le 10 juin, une fusillade avait fait un mort et trois blessés à Malakoff. Aucune de ces affaires n’a encore été élucidée.
Ce rythme d’un homicide par arme à feu tous les douze jours place Nantes parmi les villes les plus touchées de France par les violences armées, après Marseille et Lille.
Prochaine étape : une réunion d’urgence
La réunion d’urgence demandée par Johanna Rolland avec le préfet et le procureur n’a pas encore été programmée. La maire espère obtenir des mesures de sécurisation supplémentaires, notamment l’installation de caméras de vidéoprotection et le déploiement d’effectifs de la BAC. Le préfet de Loire-Atlantique, Xavier Corse, a déclaré que « tous les moyens nécessaires seront mis en œuvre pour retrouver les auteurs ». L’enquête se poursuit.