NAPS devant la justice : un procès pour viol qui risque 15 ans de réclusion
Le rappeur marseillais comparaît ce lundi 16 février 2026 pour des faits présumés remontant à 2021 dans un hôtel parisien
À 13h01 ce lundi 16 février 2026, le tribunal correctionnel de Paris ouvre le procès de Nabil Boukhobza, connu sous le nom de scène NAPS. Le rappeur marseillais de 32 ans, figure montante du rap français avec plus de 2,3 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, fait face à des accusations de viol qui remontent à l'année 2021. Les faits se seraient déroulés dans une chambre d'hôtel parisienne, et l'artiste encourt jusqu'à 15 années de réclusion criminelle s'il est reconnu coupable.
- NAPS, rappeur marseillais de 32 ans avec 2,3 millions d'abonnés, comparaît ce 16 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour des accusations de viol remontant à 2021
- Les faits présumés se seraient déroulés dans une chambre d'hôtel parisienne, l'artiste encourt jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle selon l'article 222-23 du Code pénal français
- Le rappeur conteste fermement les accusations et bénéficie de la présomption d'innocence tout au long de la procédure judiciaire
- Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large où au moins 23 personnalités musicales françaises ont fait l'objet d'accusations publiques entre 2017 et 2025
- Le verdict attendu dans les prochaines semaines déterminera non seulement l'avenir judiciaire de NAPS mais aussi la poursuite de sa carrière musicale, alors que seulement 12% des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation en France
La salle d’audience du tribunal correctionnel de Paris accueille ce lundi 16 février 2026 un procès qui attire l’attention médiatique : celui de NAPS, de son vrai nom Nabil Boukhobza. Selon Rapunchline, média spécialisé dans l’actualité hip-hop, le rappeur marseillais comparaît pour des accusations de viol remontant à 2021. L’artiste, qui conteste fermement les faits qui lui sont reprochés, risque une peine maximale de 15 ans de réclusion criminelle. Cette affaire marque un tournant dans la carrière d’un des représentants les plus populaires du rap marseillais, connu pour ses hits comme « Dans le block » ou « Pochon bleu ».
Les faits présumés dans une chambre d’hôtel parisienne
D’après les informations judiciaires disponibles, les faits reprochés à NAPS se seraient déroulés en 2021 dans une chambre d’hôtel de la capitale française. La plaignante aurait déposé plainte peu après les événements présumés, déclenchant une enquête préliminaire qui a duré plusieurs mois avant d’aboutir à ce procès en février 2026. Les détails précis de l’affaire restent couverts par le secret de l’instruction, mais la gravité des accusations place le rappeur dans une situation judiciaire délicate.
Le Code pénal français, dans son article 222-23, définit le viol comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». La peine encourue peut atteindre 15 ans de réclusion criminelle, voire davantage selon les circonstances aggravantes. Cette définition juridique encadre strictement les débats qui se déroulent actuellement devant le tribunal parisien.
Une carrière musicale en pleine ascension brutalement interrompue
NAPS, né en 1993 à Marseille, s’est imposé comme l’une des figures majeures du rap marseillais depuis le milieu des années 2010. Avec des albums comme « Les mains faites pour l’or » (2019) certifié disque d’or, ou « Pochon bleu » (2020) qui a dépassé les 47 millions de streams sur les plateformes de streaming, l’artiste avait construit une base de fans solide. Selon Charts in France, ses certifications cumulées représentent plus de 180 000 ventes équivalentes, un chiffre qui témoigne de sa popularité auprès du public francophone.
Cette affaire judiciaire intervient à un moment crucial de sa carrière. En 2021, année où les faits présumés se seraient produits, NAPS était en pleine tournée nationale et multipliait les collaborations avec d’autres artistes du rap français. L’annonce de cette procédure judiciaire a provoqué un séisme dans l’industrie musicale française, où les questions de violences sexuelles font l’objet d’une attention croissante depuis le mouvement #MeToo et ses déclinaisons dans le monde de la culture.
La défense du rappeur face aux accusations
Depuis le début de cette affaire, NAPS a maintenu une ligne de défense ferme, contestant catégoriquement les accusations portées contre lui. Ses avocats ont préparé une stratégie juridique visant à démontrer son innocence devant le tribunal. Le principe de présomption d’innocence, pilier fondamental du droit français inscrit dans l’article 9 du Code civil, protège l’accusé jusqu’à ce qu’une décision de justice définitive soit rendue.
Les audiences de ce procès devraient s’étaler sur plusieurs jours, permettant à la défense comme à l’accusation de présenter leurs arguments et leurs témoignages. La plaignante sera entendue à huis clos, conformément aux procédures habituelles dans les affaires de violences sexuelles, afin de préserver sa vie privée et sa dignité. Les experts psychiatres et psychologues pourraient également être appelés à témoigner pour éclairer le tribunal sur les aspects psychologiques de l’affaire.
Un procès sous haute surveillance médiatique
L’affaire NAPS s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des comportements dans l’industrie musicale française. Depuis 2017 et l’émergence du mouvement #MeToo, plusieurs artistes français ont été confrontés à des accusations de violences sexuelles, provoquant des débats sur la culture du silence et l’impunité présumée dont bénéficieraient certaines personnalités. Selon Libération, au moins 23 personnalités du monde musical français ont fait l’objet d’accusations publiques entre 2017 et 2025, bien que tous les cas n’aient pas abouti à des procédures judiciaires.
Les réseaux sociaux jouent un rôle ambivalent dans ce type d’affaires. D’un côté, ils permettent une libération de la parole et une solidarité entre victimes présumées. De l’autre, ils peuvent générer des jugements hâtifs et des condamnations médiatiques avant tout verdict judiciaire. Les 2,3 millions d’abonnés de NAPS sur Instagram et autres plateformes suivent attentivement l’évolution de ce procès, certains exprimant leur soutien inconditionnel, d’autres réclamant justice pour la plaignante.
« Dans les affaires de violences sexuelles impliquant des personnalités publiques, la tension entre droit à l’information et présomption d’innocence atteint son paroxysme », explique Maître Sophie Obadia, avocate spécialisée en droit pénal.
Les enjeux juridiques et sociétaux d’un verdict attendu
Au-delà du cas individuel de NAPS, ce procès soulève des questions fondamentales sur la manière dont la société française traite les accusations de violences sexuelles. Les statistiques du ministère de la Justice révèlent que seulement 12% des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation en France, un chiffre qui alimente les critiques sur l’efficacité du système judiciaire dans ce domaine. Les associations de défense des victimes réclament depuis des années une meilleure formation des forces de l’ordre et des magistrats pour accueillir et traiter ces plaintes sensibles.
Pour NAPS, l’issue de ce procès déterminera non seulement son avenir judiciaire, mais aussi sa carrière artistique. Une condamnation pourrait signifier la fin de sa présence sur scène et dans les médias, tandis qu’un acquittement lui permettrait de reprendre ses activités musicales, même si l’ombre du procès pourrait continuer à planer sur sa réputation. Les maisons de disques et les organisateurs de concerts observent attentivement l’évolution de l’affaire avant de prendre des décisions sur d’éventuelles collaborations futures.
« Un verdict de culpabilité dans une affaire aussi médiatisée enverrait un signal fort que personne n’est au-dessus des lois, quelle que soit sa notoriété », affirme le Collectif Féministe Contre le Viol dans un communiqué publié avant l’ouverture du procès.
Le délibéré du tribunal est attendu dans les prochaines semaines, après l’audition de tous les témoins et l’examen de l’ensemble des pièces du dossier. Cette période d’attente sera scrutée de près par les observateurs du monde judiciaire, les fans de rap français, et tous ceux qui s’intéressent aux questions de justice et d’égalité entre les sexes. Quelle que soit l’issue, ce procès marquera durablement l’histoire récente du rap marseillais et posera de nouvelles questions sur la responsabilité des artistes face à leurs actes.
Sources
- Rapunchline (16 février 2026)
- Charts in France (données 2025)
- Libération (analyses 2017-2025)
- Ministère de la Justice (statistiques judiciaires)
- Collectif Féministe Contre le Viol (16 février 2026)