Narbonne : 60 sépultures antiques et vestiges du Néolithique au Moyen Âge mis au jour sur l’ancienne gendarmerie
La fouille préventive Inrap sur 6 300 m² rue Paul Vieu livre une nécropole des Ier-IIIe siècles avant la réhabilitation du site en logements sociaux par Alogea.
Depuis le 26 janvier 2026, l'Inrap fouille l'emprise de l'ancienne caserne Roger à Narbonne. Bilan une nécropole antique avec environ 60 sépultures, des urnes, du mobilier et des vestiges couvrant du Néolithique au Moyen Âge. Une journée portes ouvertes a marqué la fin de la phase terrain le 13 juin.
L’essentiel
- Fouille : 6 300 m² explorés au 8 rue Paul Vieu (ancienne Caserne Roger) depuis le 26 janvier 2026 par l’Inrap, prescrite par la Drac Occitanie.
- Nécropole : environ 60 sépultures antiques (Ier-IIIe siècles), inhumations et incinérations, dont un nourrisson placé dans une amphore.
- Chronologie : vestiges identifiés du Néolithique au Moyen Âge sur le même site.
- Projet immobilier : réhabilitation par Alogea en environ 70 logements collectifs et 1 467 m² d’ERP.
- Portes ouvertes : journée publique organisée le 13 juin 2026 dans le cadre des Journées européennes de l’archéologie.
Un chantier de cinq mois sur l’ancienne caserne
Le site du 8 rue Paul Vieu, dans le quartier Anatole-France, abrite depuis des décennies l’ancienne caserne Roger - plus connue des Narbonnais comme l’ancienne gendarmerie. Voué à une reconversion en logements sociaux, il a d’abord dû passer entre les mains des archéologues. L’Inrap a démarré les opérations le 26 janvier 2026, sur prescription de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac Occitanie), dans le cadre de la procédure d’archéologie préventive.
La fouille couvre 6 300 m², une surface conséquente pour un secteur périurbain. Elle est dirigée par Emmanuel L’Hénaff, responsable scientifique à l’Inrap, assisté de Sylvie Duchesne, archéologue anthropologue. Début juin, la phase terrain touchait à sa fin, selon l’Inrap.
Une nécropole antique avec 60 sépultures
La découverte majeure est une nécropole datée des Ier-IIIe siècles de notre ère. Selon L’Indépendant et l’Inrap, environ 60 sépultures ont été dégagées, mêlant inhumations et incinérations. Les archéologues ont mis au jour des urnes funéraires, du mobilier et des ossements humains.
Parmi les sépultures, une retient l’attention : un nourrisson déposé dans une amphore, pratique funéraire documentée dans le monde romain. Le site a également livré des vestiges couvrant une amplitude chronologique remarquable, du Néolithique jusqu’au Moyen Âge, selon l’Inrap.
Le site se trouve à l’extérieur de la cité antique et médiévale de Narbonne. Des fouilles menées dans le quartier Anatole-France dans les années 1980 avaient déjà mis au jour amphores et ensembles homogènes, selon L’Indépendant. Ce nouveau chantier confirme la densité archéologique de ce secteur périphérique de l’ancienne Narbo Martius.
Les portes ouvertes du 13 juin
Le 13 juin 2026, l’Inrap a ouvert le chantier au public à l’occasion des Journées européennes de l’archéologie. Des visites guidées ont été proposées, avec des présentations axées sur la topographie du site et les méthodes anthropologiques. La veille, des élèves d’écoles primaires et de collèges avaient bénéficié d’une visite en avant-première, selon le compte X de l’Inrap Méditerranée (@Inrap_ActuMMED).
L’événement a notamment permis de rendre compte d’un bilan de fouilles que la presse locale qualifie de « spectaculaire », selon Actu.fr. Les JEArchéo avaient aussi ouvert ce même chantier lors d’une première journée scolaire.
Contexte dans l’Aude
Narbonne est l’une des villes les mieux documentées archéologiquement en Occitanie. Première colonie romaine fondée en Gaule en 118 avant J.-C., Narbo Martius concentre un sous-sol extrêmement riche. Le Musée archéologique de Narbonne conserve l’une des collections lapidaires romaines les plus importantes de France.
Les fouilles préventives y sont fréquentes, portées par la croissance urbaine. Le quartier Anatole-France, en bordure de l’ancienne cité, s’avère archéologiquement sensible : les données des années 1980 et ce nouveau chantier l’attestent. Dans l’Aude, l’archéologie préventive a également été mobilisée ces dernières années pour d’autres projets d’aménagement, dans un département riche en stratigraphies antiques et médiévales.
La suite : post-fouille, puis travaux Alogea
Après la fin de la phase terrain, les équipes Inrap entrent en phase de post-fouille : traitement, étude et publication des données. C’est seulement à l’issue de ce travail que le terrain sera libéré pour le bailleur social Alogea, qui prévoit d’y construire environ 70 logements collectifs et une surface de 1 467 m² d’équipements recevant du public (ERP), selon les documents de marchés publics consultés. Ailleurs dans l’Aude, d’autres projets de terrain mobilisent aussi les acteurs locaux cet été. Le calendrier précis de démarrage des travaux de réhabilitation n’a pas encore été communiqué par Alogea.
Sources
- Inrap : Des vestiges antiques et médiévaux mis au jour dans un quartier péri-urbain de Narbonne
- L'Indépendant : 60 sépultures dans une nécropole, des urnes, du mobilier découverts… l'ancienne gendarmerie de Narbonne livre ses derniers secrets
- Actu.fr : De probables habitats découverts dans l'Aude : le résultat de ces fouilles archéologiques est spectaculaire
- ICI / France 3 Occitanie : Des trésors antiques et l'histoire romaine refont surface à Narbonne
