Narcotrafic : 14 M€ et 74 agents pour le plan Antilles-Guyane à Fort-de-France
Les ministres Naïma Moutchou et Jean-Didier Berger ont détaillé ce 4 juillet les cinq axes du plan Antilles-Guyane lors d'une visite à l'aéroport Aimé Césaire.
Ce 4 juillet, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et le ministre délégué à l'Intérieur Jean-Didier Berger ont présenté le plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic à l'aéroport Aimé Césaire de Fort-de-France. Doté de 14 millions d'euros et de 74 agents supplémentaires, il s'articule autour de cinq axes coopération régionale, sécurisation des ports et aéroports, vidéoprotection, renforcement de l'OFAST et prévention de la corruption.
L’essentiel
- 14 millions d’euros alloués et 74 agents supplémentaires déployés dans le cadre du plan Antilles-Guyane.
- Cinq axes stratégiques : coopération régionale, sécurisation des points d’entrée, vidéoprotection, lutte contre les réseaux et prévention de la corruption.
- L’Appel de la Martinique adopté par 21 délégations internationales pour renforcer la coopération contre les trafics.
- 1,5 million d’euros dédié à la vidéoprotection aux Antilles en 2026.
Ce 4 juillet, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou et le ministre délégué à l’Intérieur Jean-Didier Berger ont présenté le plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic à l’aéroport Aimé Césaire de Fort-de-France. Doté de 14 millions d’euros et de 74 effectifs supplémentaires, ce plan vise à « changer d’échelle » dans la lutte contre le narcotrafic, comme l’a déclaré le ministre Berger sur X.
Les cinq axes du plan
Le plan s’articule autour de cinq axes complémentaires. Le premier axe intensifie la coopération internationale avec les États partenaires de la zone Caraïbes et d’Amérique latine. Le deuxième axe consacre 4 millions d’euros à la sécurisation des points d’entrée, avec le déploiement de scanners millimétriques et la création de brigades nautiques à Saint-Pierre (Martinique), Gourbeyre (Guadeloupe) et Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).
Le troisième axe injecte une dotation exceptionnelle de 1,5 million d’euros en 2026 pour la vidéoprotection aux Antilles, afin de renforcer la cohésion sociale. Le quatrième axe cible les réseaux criminels en renforçant l’OFAST - l’Office antistupéfiants - aux Antilles et en créant des groupes d’enquête dédiés aux armes à feu. Ce renfort s’ajoute à des opérations récentes, comme la saisie de 18 kg de drogue et 323 000 euros d’avoirs criminels près de Vence.
Le cinquième axe introduit un programme de prévention contre les risques corruptifs destiné à protéger les agents de première ligne exposés aux trafiquants. Il est appuyé par un projet de loi élargissant les prérogatives judiciaires des polices municipales, avec la possibilité d’infliger des amendes forfaitaires délictuelles directes aux consommateurs.
Coopération régionale renforcée
En marge de cette présentation, 21 délégations internationales ont adopté l’« Appel de la Martinique », un texte visant à renforcer la coopération régionale contre les trafics de stupéfiants et d’armes. L’initiative, saluée par les ministres, ouvre la voie à des échanges d’informations et des opérations conjointes avec les pays de la Caraïbe et d’Amérique latine.
Contexte en Martinique
La Martinique est particulièrement exposée au narcotrafic, en raison de sa position géographique entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Les homicides liés aux règlements de comptes entre trafiquants y sont récurrents. Le plan ANTI vise à renforcer les moyens des forces de l’ordre sur l’île, où les effectifs de police et de gendarmerie sont souvent sous pression. « Nous voulons changer d’échelle », a insisté Jean-Didier Berger, évoquant une réponse structurelle et non plus seulement réactive.
Parallèlement, des campagnes de prévention sont menées sur le territoire national, comme l’affichage dans les bus de Charleville-Mézières et Sedan, pour sensibiliser le grand public aux conséquences du trafic.
Prochaine étape : le déploiement opérationnel des 74 agents et des équipements dans les prochains mois. Le projet de loi sur les polices municipales devrait être examiné au Parlement à l’automne.