Narcotrafic en Meurthe-et-Moselle : 141 trafics démantelés et 34 fermetures en un an
Le préfet Yves Séguy publie un bilan d'un an d'actions renforcées depuis la loi du 13 juin 2025, avec de nouveaux outils administratifs inédits.
Un an après l'entrée en vigueur de la loi contre le narcotrafic, la préfecture de Meurthe-et-Moselle publie ses chiffres 141 trafics démantelés, 1 353 amendes et 34 fermetures administratives. Les pouvoirs élargis des préfets commencent à produire des effets concrets.
L’essentiel
- 141 trafics démantelés depuis le 13 juin 2025 en Meurthe-et-Moselle, contre 106 en 2024.
- 34 fermetures administratives décidées en un an, soit +188 % par rapport à l’année précédente.
- 1 353 amendes forfaitaires délictuelles dressées depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 2025-532.
- 4 interdictions de paraître prononcées par le préfet, nouveau pouvoir issu de la loi du 13 juin 2025.
Un bilan publié à la date anniversaire de la loi
Le 13 juin 2026, soit exactement un an après l’entrée en vigueur de la loi n° 2025-532 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le préfet de Meurthe-et-Moselle a publié un bilan chiffré de l’action de l’État dans le département. Les données sont issues d’un post officiel du compte @Prefet54 sur X.
141 trafics de stupéfiants ont été démantelés depuis cette date. En 2024, ce chiffre s’établissait à 106 selon le directeur de la police nationale en Meurthe-et-Moselle, rapporté par ici.fr. La progression est de plus de 33 % en un an.
Les fermetures administratives en forte hausse
Le chiffre le plus marquant reste celui des fermetures administratives : 34 en un an, contre environ 12 l’année précédente selon les données de la préfecture. L’augmentation atteint 188 %.
Ces fermetures visent des locaux ou commerces soupçonnés d’être liés au trafic. La loi du 13 juin 2025 a élargi les conditions dans lesquelles un préfet peut décider une telle mesure, sans attendre une décision judiciaire. En 2024, selon une source unique rapportée par ici.fr, 20 points de deal avaient été démantelés dans le département.
Pour d’autres usages de ces nouveaux outils à l’échelle nationale, le Doubs a de son côté prononcé 16 interdictions de paraître et 5 expulsions sur la même période.
Les nouveaux pouvoirs préfectoraux en action
La loi n° 2025-532, publiée au Journal officiel le 13 juin 2025 (Légifrance), confère aux préfets deux outils inédits : les interdictions administratives de paraître sur les points de deal, d’une durée maximale d’un mois, et la possibilité d’engager des procédures d’expulsion locative en lien avec les bailleurs sociaux.
En Meurthe-et-Moselle, 4 interdictions de paraître ont été prononcées depuis l’entrée en vigueur du texte. Des dossiers d’expulsion locative sont par ailleurs en cours, montés en coordination avec les bailleurs sociaux, selon la préfecture. Ces procédures permettent d’agir sur le cadre de vie des personnes impliquées dans le trafic, indépendamment des délais judiciaires.
Sur les 1 353 amendes forfaitaires délictuelles dressées, la préfecture ne détaille pas la répartition géographique dans le bilan publié.
Contexte dans le département
La Meurthe-et-Moselle est un département de 733 000 habitants environ, avec Nancy comme préfecture. Le narcotrafic y est identifié comme un enjeu sécuritaire majeur depuis plusieurs années, notamment dans les quartiers nord de Nancy et dans l’agglomération.
Lors de ses vœux pour 2026, le préfet Yves Séguy - nommé en août 2025 - avait placé la lutte contre le narcotrafic en tête de ses priorités, avec amplification annoncée des contrôles et des fermetures administratives, selon actu.fr.
Les données globales de délinquance 2025 en Meurthe-et-Moselle montrent un tableau nuancé : le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants est en légère baisse (-1,96 %, soit environ 400 personnes), mais la hausse des homicides dans le département est en partie attribuée au narcotrafic par la préfecture, selon actu.fr et ici.fr. L’interpellation de suspects dans d’autres affaires illustre la continuité de cette pression policière - comme dans d’autres territoires, les services de sécurité multiplient les opérations ciblées.
Une coordination État-bailleurs-forces de l’ordre
Le bilan du préfet met en avant une approche multi-acteurs. Les forces de l’ordre (police nationale, gendarmerie) sont en première ligne pour les démantèlements. La préfecture actionnne les fermetures administratives. Les bailleurs sociaux sont associés aux procédures d’expulsion.
Cette coordination est présentée comme l’un des apports concrets de la loi de juin 2025, qui formalise des échanges d’information entre l’administration préfectorale et les organismes HLM. Les dossiers en cours n’ont pas été chiffrés dans la communication officielle.
Le préfet a présenté ce bilan comme la démonstration que « l’État poursuit sa mobilisation pour sortir du piège du narcotrafic », selon la formulation reprise dans le post Facebook de la préfecture.
La prochaine étape sera le bilan annuel complet des forces de l’ordre pour 2026, attendu début 2027, qui permettra de mesurer l’impact global de la loi sur les indicateurs de délinquance liée aux stupéfiants en Meurthe-et-Moselle.
Sources
- Préfecture de Meurthe-et-Moselle (@Prefet54) : Bilan un an de lutte contre le narcotrafic en Meurthe-et-Moselle
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- actu.fr : Narcotrafic, sécurité routière... voici les priorités du préfet de Meurthe-et-Moselle pour 2026
- actu.fr : La délinquance en hausse en Meurthe-et-Moselle en 2025 : voici les chiffres à retenir
- ici.fr : 106 trafics de stupéfiants démantelés en 2024 selon le directeur de la police nationale en Meurthe-et-Moselle

