Narcotrafic : le préfet de Seine-Maritime prononce 54 interdictions de paraître
Un an après la loi du 13 juin 2025, le préfet de Seine-Maritime détaille son bilan 54 interdictions de paraître, 3 fermetures de commerces et 8 mises en demeure de bailleurs.
Le préfet de Seine-Maritime a publié ce 13 juin 2026, jour anniversaire de la loi n° 2025-532, un bilan chiffré des premières mesures administratives contre le narcotrafic dans le département 54 interdictions de paraître prononcées sur des points de deal, 3 fermetures de commerces et 8 mises en demeure adressées à des bailleurs pour faciliter des expulsions.
L’essentiel
- 54 interdictions de paraître prononcées dans les quartiers abritant des points de deal en Seine-Maritime, depuis l’entrée en vigueur de la loi.
- 3 fermetures administratives de commerces impliqués dans des trafics, et 8 mises en demeure de bailleurs pour expulsions locatives.
- La loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 a été promulguée il y a exactement un an ; la Seine-Maritime applique le dispositif depuis septembre 2025.
- +17 % de mis en cause pour trafic de stupéfiants en 2025 dans le département, soit 9 points au-dessus de la moyenne nationale, et 6,1 M€ d’avoirs criminels saisis (bilan préfectoral, février 2026).
Ce que le préfet a annoncé
Le 13 juin 2026, le préfet de Seine-Maritime a publié sur son compte officiel @Prefet76 un bilan des mesures administratives engagées depuis l’été 2025 contre le narcotrafic dans le département. Les chiffres sont précis : 54 interdictions de paraître dans les zones de deal, 3 fermetures de commerces et 8 mises en demeure adressées à des bailleurs pour procéder à des expulsions locatives de personnes impliquées dans des trafics.
Ces mesures sont issues de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, publiée au Journal officiel le lendemain. Le préfet a choisi ce premier anniversaire pour en dresser le bilan public.
Ce que la loi permet
La loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » a créé un régime d’interdiction administrative de paraître sur les points de deal, d’une durée maximale d’un mois, renouvelable. Elle facilite également les fermetures administratives de commerces utilisés dans le cadre de trafics, et permet aux préfets d’enjoindre des bailleurs à engager des procédures d’expulsion locative à l’encontre de locataires impliqués dans le narcotrafic.
Ces outils sont strictement administratifs : ils ne relèvent pas de la procédure pénale et peuvent être activés sans attendre une condamnation. Selon Légifrance, le texte est applicable depuis sa publication au JO du 14 juin 2025. D’autres préfets ont également utilisé leurs pouvoirs administratifs renforcés dans des registres connexes depuis l’entrée en vigueur de ces dispositions.
Contexte dans la Seine-Maritime
En Seine-Maritime, la préfecture a commencé à appliquer le dispositif dès septembre 2025. Le bilan annuel de la sécurité, publié en février 2026 sur seine-maritime.gouv.fr, fait état d’une hausse de +17 % des mis en cause pour trafic de stupéfiants sur l’année 2025, soit un rythme supérieur de 9 points à la moyenne nationale. Sur la même période, 6,1 M€ d’avoirs criminels ont été saisis dans le département.
Le bilan intermédiaire fin 2025 mentionnait déjà au moins 5 interdictions de paraître prononcées, selon le site ici.fr. Le chiffre de 54 annoncé ce 13 juin 2026 traduit donc une accélération nette de l’utilisation de l’outil au premier semestre 2026.
La Seine-Maritime présente des caractéristiques qui alimentent ces chiffres : présence du port du Havre, l’un des premiers points d’entrée de cocaïne en Europe, et plusieurs quartiers urbains de Rouen identifiés comme zones de deal actives.
Un dispositif déployé nationalement
La Seine-Maritime n’est pas pionnière. Selon ici.fr et CNews, d’autres préfectures ont activé ces mêmes outils dès l’été 2025 : le Val-d’Oise a prononcé entre 80 et 170 interdictions de paraître selon les bilans consultés, les Alpes-Maritimes au moins 17 dès début septembre 2025, et des mesures ont également été prises dans les Landes, le Var, le Finistère, La Réunion et l’Eure voisin.
Dans l’Eure-et-Loir, selon actu.fr, au moins un commerce a été fermé par le préfet sur le fondement de la même loi, avec d’autres établissements en ligne de mire. Les juridictions judiciaires traitent parallèlement des affaires criminelles graves dans la région normande et en Île-de-France.
Genèse de la loi
La loi du 13 juin 2025 est le fruit d’une commission d’enquête sénatoriale menée en 2024 sur le narcotrafic en France. Elle a été adoptée dans un contexte marqué par plusieurs faits marquants, dont l’attaque du fourgon pénitentiaire à Incarville (Eure) et l’évasion de Mohamed Amra en mai 2024. Le texte vise à renforcer les outils administratifs et judiciaires face aux réseaux de distribution locale de drogues, selon vie-publique.fr.
Le bilan présenté ce 13 juin 2026 s’inscrit dans une mobilisation continue des services de l’État en Seine-Maritime, qui n’a pas précisé de prochaine échéance calendaire pour le dispositif.
Sources
- Préfecture de Seine-Maritime (compte officiel X) : Bilan des mesures narcotrafic en Seine-Maritime – @Prefet76
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Préfecture de Seine-Maritime : Bilan 2025 de la sécurité en Seine-Maritime
- ici.fr / France Bleu Normandie : Loi narcotrafic : les nouveaux pouvoirs accordés aux préfets déjà visibles sur le terrain
