Yvelines : « Ma Dalton » jugée dès mardi aux assises de Versailles pour le meurtre de 1995
Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, comparaît du 16 juin au 3 juillet 2026 pour l'enlèvement et le meurtre de son ex-belle-sœur, dont le corps démembré fut retrouvé dans une malle sur la Seine.
Trente et un ans après les faits, la cour d'assises des Yvelines ouvre mardi son audience la plus attendue. Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, habitante de Saint-Hilarion, répondra du meurtre de Corinne Di Dio, 37 ans, dont le corps avait été retrouvé démembré en 1995. Le procès doit durer jusqu'au 3 juillet.
L’essentiel
- Procès : du 16 juin au 3 juillet 2026 devant la cour d’assises des Yvelines à Versailles
- Accusée : Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, habitante de Saint-Hilarion (78), en détention provisoire depuis mai 2023
- Victime : Corinne Di Dio, 37 ans, vue vivante pour la dernière fois le 19 juin 1995 à Guyancourt (78)
- Faits : enlèvement, séquestration et meurtre ; corps démembré et décapité retrouvé dans une malle sur la Seine à La Roquette (Eure)
- Renvoi confirmé : après appel de la défense, la chambre de l’instruction a maintenu le renvoi aux assises en novembre 2024
Trente et un ans après, le procès s’ouvre
La cour d’assises des Yvelines, à Versailles, accueille à partir de ce mardi 16 juin 2026 l’une des affaires criminelles les plus complexes du département. Marie-Thérèse Garcia, surnommée « Ma Dalton », comparaît pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de Corinne Di Dio. Les faits remontent à l’été 1995. Le procès est programmé jusqu’au 3 juillet, selon plusieurs médias dont actu.fr et les Dernières Nouvelles d’Alsace.
Garcia est présentée par le Parisien comme la plus vieille détenue de France en attente de jugement. Elle est incarcérée à la maison d’arrêt de Versailles depuis mai 2023, date de sa mise en examen. Elle clame son innocence.
Les faits : un corps dans une malle sur la Seine
Corinne Di Dio, 37 ans, a été vue vivante pour la dernière fois le 19 juin 1995 à 18h47, à la sortie de son poste chez Bouygues à Guyancourt, dans les Yvelines. Son corps, démembré et décapité, a été découvert dans une malle métallique flottant sur la Seine, à La Roquette, dans l’Eure. L’identification n’a été établie que deux ans après la découverte, selon actu.fr.
Le mobile allégué par l’accusation est une rivalité amoureuse. Garcia et la victime étaient ex-belles-sœurs. L’affaire serait liée à une histoire d’adultère et à un conflit autour de la garde d’un enfant commun, toujours selon actu.fr.
La réouverture du dossier en 2023
L’affaire était restée sans condamnation pendant près de trente ans. La réouverture du dossier, en 2023, est notamment attribuée au témoignage de Nancy Garcia, fille de l’accusée, selon La République du Centre. Marie-Thérèse Garcia a été mise en examen en mai 2023, puis renvoyée devant les assises. La défense a fait appel de ce renvoi. La chambre de l’instruction a confirmé la décision en novembre 2024, selon Le Parisien.
Une défense centrée sur une autre piste
La défense de Garcia conteste la version de l’accusation. Elle pointe Jean-Jacques Maurice, présenté comme un ex-compagnon de la victime et braqueur. Selon actu.fr et L’Écho Républicain, Maurice aurait exprimé une forte hostilité envers Corinne Di Dio. Il est décédé par suicide en 1997 et a été mis hors de cause par l’enquête. Cette piste, décrite comme « négligée » par certains médias, devrait être débattue à l’audience.
Parmi les témoins cités au procès figure Louis-Philippe Roubat, ancien braqueur et écrivain, qui dit avoir connu la victime et Maurice. Il rapporte la haine de ce dernier envers Di Dio, selon L’Écho Républicain. La présence de témoins issus du milieu du grand banditisme confère à ce procès un caractère inhabituel pour la juridiction versaillaise. Des affaires criminelles aux contours complexes se retrouvent régulièrement devant les cours d’assises françaises des années après les faits.
Contexte dans les Yvelines
L’affaire est ancrée dans le territoire yvelinois. Garcia résidait à Saint-Hilarion, commune rurale de l’ouest du département, à une cinquantaine de kilomètres de Versailles. La victime travaillait à Guyancourt, pôle tertiaire majeur des Yvelines abritant le siège de Bouygues Telecom. Le parquet de Versailles, qui couvre le département, instruit régulièrement des dossiers criminels d’ampleur nationale ; la cour d’assises des Yvelines siège au palais de justice de Versailles.
Ce procès intervient dans un contexte judiciaire où les cold cases font l’objet d’une attention accrue. La question des victimes et de l’accès à la justice mobilise régulièrement l’opinion publique en France. La durée prévue des débats - trois semaines - reflète la densité du dossier d’instruction.
Prochaine étape
L’audience doit s’étendre jusqu’au 3 juillet 2026. Le verdict est attendu à l’issue des plaidoiries. Garcia, présumée innocente, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre avec enlèvement et séquestration.
Sources
- actu.fr : Meurtre de Corinne Di Dio : le braqueur qui voulait sa peau, piste négligée d'une affaire hors norme
- Le Parisien : « Ma Dalton » renvoyée devant la Cour d'assises pour le meurtre de sa belle-sœur en 1995
- Dernières Nouvelles d'Alsace : « Ma Dalton » bientôt jugée pour avoir démembré une femme sur fond de rivalité amoureuse
- L'Écho Républicain : Meurtre de Corinne Di Dio en 1995 : le témoignage clé d'un ancien gangster
