Nématode du pin : nouveau foyer détecté à Lescar, alerte dans le Sud-Ouest
Le laboratoire de l'Anses a confirmé le 16 juillet la contamination d'un arbre à Lescar, à 60 kilomètres des premiers foyers landais. Des insectes vecteurs détectés jusqu'en région Centre.
Un nouveau cas de nématode du pin a été confirmé à Lescar (Pyrénées-Atlantiques) le 16 juillet 2026. Ce foyer, situé à environ 60 kilomètres à l'est des zones initiales identifiées dans les Landes en novembre 2025, élargit la zone de contamination. Des insectes porteurs du parasite ont également été détectés dans les Landes et près d'Orléans, témoignant d'une propagation inquiétante.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le laboratoire de l'Anses a confirmé le 16 juillet 2026 un cas de nématode du pin sur un arbre à Lescar (Pyrénées-Atlantiques).
- Ce nouveau foyer se situe à 60 kilomètres à l'est de la zone délimitée autour du premier foyer identifié en novembre 2025 à Seignosse (Landes).
- Des insectes vecteurs du parasite ont été détectés à Saubion (1er juillet), Orthevielle (16 juillet) dans les Landes, et près d'Orléans (9 juillet).
- Un arrêté préfectoral va établir une nouvelle zone réglementée autour de Lescar avec des mesures d'abattage et de restriction de circulation du bois.
- Le nématode du pin provoque un dépérissement rapide des résineux mais ne présente aucun danger pour la santé humaine ou animale.
Le laboratoire national de référence de l’Anses a confirmé le 16 juillet 2026 la présence du nématode du pin sur un arbre symptomatique situé à Lescar, dans les Pyrénées-Atlantiques. Cette détection constitue un nouveau foyer du parasite, à environ 60 kilomètres à l’est de la zone délimitée autour du premier foyer identifié à Seignosse dans les Landes, selon le ministère de l’Agriculture.
Le premier foyer français avait été identifié en novembre 2025 à Seignosse (Landes), suivi d’un deuxième cas à Angresse en mars 2026. La découverte d’un arbre contaminé à Lescar marque une extension géographique préoccupante de la contamination vers l’est.
Une nouvelle zone réglementée autour de Lescar
Un arrêté préfectoral va être mis en place pour établir une zone réglementée autour du foyer de Lescar, selon les autorités. Cette zone comprendra un périmètre de lutte, où des mesures d’éradication strictes seront appliquées, et une zone tampon destinée à surveiller toute nouvelle contamination.
Les mesures obligatoires incluent l’abattage des arbres contaminés, l’interdiction de circulation du bois non traité et la restriction de certains travaux forestiers en période à risque, conformément à la réglementation européenne. Ces dispositions sont déjà en vigueur dans les zones délimitées des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, selon la préfecture de Nouvelle-Aquitaine.
Des insectes vecteurs détectés dans plusieurs secteurs
Parallèlement à la découverte de Lescar, des insectes vecteurs du nématode (coléoptères du genre Monochamus) ont été capturés par piégeage à plusieurs endroits. Le 1er juillet 2026, un insecte porteur a été détecté à Saubion (Landes), puis un autre le 16 juillet à Orthevielle (Landes), au sein de la zone déjà surveillée.
Plus inquiétant, un insecte porteur du parasite a été capturé le 9 juillet 2026 près d’Orléans (Centre-Val de Loire), à plusieurs centaines de kilomètres des foyers connus du Sud-Ouest. Cette détection soulève des questions sur les mécanismes de dispersion du nématode et l’ampleur réelle de sa propagation.
Les autorités précisent toutefois que ces détections d’insectes vecteurs ne constituent pas, à ce stade, de nouveaux foyers d’arbres contaminés et n’entraînent pas de modification immédiate des zones réglementées existantes. Des opérations de surveillance active sont en cours autour de ces points de détection.
Un parasite mortel pour les résineux
Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est un ver microscopique extrêmement dangereux pour les arbres résineux. Il provoque un dépérissement rapide des pins infectés, pouvant conduire à leur mort en quelques semaines à quelques mois. Le parasite est transporté par des coléoptères du genre Monochamus, qui se nourrissent de l’écorce des pins et assurent ainsi sa dissémination.
Le nématode ne présente aucun risque pour la santé humaine ou animale, selon le ministère de l’Agriculture. Son impact se concentre exclusivement sur les essences résineuses, en particulier les pins.
Originaire d’Amérique du Nord, le nématode du pin a été introduit en Asie puis au Portugal dans les années 1990. Il figure sur la liste des organismes de quarantaine de l’Union européenne en raison de sa dangerosité pour les forêts de résineux.
Contexte dans les Landes
Les Landes abritent le plus grand massif forestier de pins maritimes d’Europe occidentale, avec près d’un million d’hectares de forêt de production. La filière bois représente un poids économique majeur dans le département, employant plusieurs milliers de personnes dans l’exploitation forestière, la transformation du bois et les industries dérivées.
L’apparition du nématode du pin constitue une menace directe pour cet écosystème forestier et l’économie qui en dépend. Selon l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), la propagation du parasite pourrait avoir des conséquences dévastatrices si elle n’est pas contenue rapidement.
La Chambre d’agriculture des Landes a alerté les propriétaires forestiers sur l’importance du respect des mesures de lutte et sur la nécessité de signaler tout arbre présentant des symptômes suspects : jaunissement brutal du feuillage, dessèchement rapide, présence de galeries d’insectes sous l’écorce.
Dispositif de surveillance renforcé
L’objectif des autorités reste l’éradication complète du parasite, selon le ministère de l’Agriculture. Un dispositif de surveillance active a été déployé sur l’ensemble du territoire, avec la pose de pièges pour capturer les insectes vecteurs et l’inspection régulière des peuplements de résineux dans les zones à risque.
La Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de Nouvelle-Aquitaine coordonne les opérations de lutte en lien avec les services de l’État, les propriétaires forestiers et les gestionnaires. Des agents assermentés procèdent aux inspections sur le terrain et aux prélèvements d’échantillons pour analyse en laboratoire.
Les propriétaires forestiers et les professionnels de la filière bois sont tenus de respecter les restrictions en vigueur dans les zones réglementées. L’interdiction d’élagage et de certains travaux forestiers pendant la période d’activité des insectes vecteurs (printemps et été) vise à limiter la création de nouveaux sites de reproduction pour les coléoptères.
Une menace pour la filière bois française
Au-delà des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, la détection d’un insecte vecteur près d’Orléans soulève des inquiétudes sur la capacité du parasite à s’étendre au-delà du Sud-Ouest. Les massifs résineux du Centre, de Bourgogne ou du Massif central pourraient être exposés si la propagation n’est pas maîtrisée.
L’Observatoire régional de la forêt et du bois de Nouvelle-Aquitaine estime que l’éradication rapide du nématode conditionne l’avenir de la filière bois dans le Sud-Ouest. Les exportations de bois français vers d’autres pays européens pourraient être affectées par des restrictions sanitaires si la contamination s’aggravait.
Les autorités appellent l’ensemble des acteurs de la filière forestière et les particuliers propriétaires de bois à une vigilance accrue. Tout arbre présentant un dessèchement brutal doit être signalé aux services de la DRAAF ou à la préfecture.
La préfecture de Nouvelle-Aquitaine précise que de nouvelles communications seront diffusées dans les prochaines semaines pour informer les propriétaires et les professionnels des évolutions du dispositif de lutte.
Sources
- Ministère de l'Agriculture : Santé des végétaux - Nématode du pin : renforcement des mesures suite à de nouvelles détections
- Préfecture de Nouvelle-Aquitaine : Nématode du pin : la lutte se renforce dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques
- AFP : Nouveau cas de nématode du pin à Lescar
- Ministère de l'Agriculture : Communiqué sur le nématode du pin
