Neuville-sous-Montreuil : 21 millions d’euros pour restaurer le plus grand monastère chartreux de France
Le chantier de la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés, lancé en 2016, est le deuxième plus grand chantier de monument historique en France après Notre-Dame de Paris.
À Neuville-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés fait l'objet d'un chantier de restauration de 21 millions d'euros sur dix ans. Le plus grand monastère chartreux préservé de France, fondé en 1324, doit être entièrement rénové d'ici mi-2026. Financement hybride, mécènes de poids, afflux touristique en hausse le site renaît.
À Neuville-sous-Montreuil (Pas-de-Calais), la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés fait l’objet d’un chantier de restauration de 21 millions d’euros sur dix ans. Le plus grand monastère chartreux préservé de France, fondé en 1324, doit être entièrement rénové d’ici mi-2026. Financement hybride, mécènes de poids, afflux touristique en hausse : le site renaît.
L’essentiel
- 21 millions d’euros : montant total du chantier de restauration lancé en 2016, sur une durée de dix ans.
- 22 millions d’euros déjà investis depuis le début du chantier, selon le site officiel de la Chartreuse et l’ANABF.
- 380 000 ardoises à reposer, 165 m³ de charpentes à remplacer, 350 tonnes de pierres à changer, selon Wikipédia et La Voix du Nord.
- 49 % / 35 % / 16 % : répartition du financement entre investisseurs privés (loi Monuments Historiques), subventions publiques et mécénat/dons.
- +25 % de visiteurs en 2025, soit plus de 20 000 entrées annuelles, selon Nord Littoral.
Un chantier aux dimensions hors normes
Le chiffre est régulièrement cité en référence : la restauration de la Chartreuse de Neuville est, selon La Voix du Nord et Wikipédia, le deuxième plus grand chantier de monument historique en France, derrière Notre-Dame de Paris. Les volumes parlent d’eux-mêmes : 380 000 ardoises à reposer, 165 m³ de charpentes à remplacer, 350 tonnes de pierres à changer.
Le chantier a été lancé en 2016. À ce jour, plus de 22 millions d’euros de travaux ont déjà été réalisés, selon le site officiel de la Chartreuse et l’Association nationale des architectes des bâtiments de France (ANABF). L’achèvement est prévu pour mi-2026.
Un financement tripartite : privé, public, mécénat
Le montage financier repose sur trois piliers, détaillés par la Chartreuse sur son site : 49 % d’investissements privés via le dispositif de la loi Monuments Historiques, 35 % de subventions publiques, et 16 % de dons et mécénats.
Parmi les contributeurs identifiés : 450 000 euros du Loto du Patrimoine, via la Mission Patrimoine de Stéphane Bern, et 350 000 euros de Dassault Histoire et Patrimoine, selon les données croisées du site de la Fondation du Patrimoine et du groupe Dassault. La Fondation du Patrimoine est également partenaire du projet.
Ce modèle hybride - rare à cette échelle pour un site rural - permet de répartir le risque financier sur plusieurs décennies de travaux, tout en maintenant l’ouverture partielle au public.
Sept siècles d’histoire, une trajectoire singulière
La Chartreuse Notre-Dame-des-Prés a été fondée en 1324 par le comte Robert III de Boulogne. Plusieurs fois dévastée, elle a été rachetée par les Chartreux en 1870 et reconstruite par l’architecte Clovis Normand, selon les données croisées du site officiel et de Wikipédia.
Entre 1880 et 1901, le site abritait l’imprimerie générale de l’Ordre des Chartreux pour toute l’Europe. La loi Waldeck-Rousseau provoque sa fermeture en 1901. S’ensuivent plusieurs décennies de reconversions : sanatorium, phalanstère d’artistes présidé par Anatole France, puis hospice psychiatrique jusqu’en 2008, date à laquelle le site est définitivement fermé à cet usage, toujours selon la Fondation du Patrimoine et Wikipédia.
Contexte dans le Pas-de-Calais
Neuville-sous-Montreuil est une commune de 633 habitants (densité : 71,8 hab./km², INSEE 2022), nichée dans l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer, territoire rural du sud du Pas-de-Calais. À cette échelle, un chantier de 21 millions d’euros représente un poids économique et symbolique considérable.
Le Pas-de-Calais compte plusieurs monuments historiques classés, mais peu font l’objet d’un projet de reconversion aussi structuré, mêlant patrimoine bâti, économie culturelle et tourisme rural. Le site s’inscrit dans une dynamique régionale de valorisation du patrimoine religieux, portée notamment par la Mission Bern, qui a labellisé plusieurs chantiers dans les Hauts-de-France.
La hausse de fréquentation - dans la région de Montreuil, le tourisme patrimonial reste un levier identifié par les acteurs locaux - illustre l’attractivité croissante du site. Nord Littoral fait état d’une progression de 25 % du nombre de visiteurs en 2025, pour un total annuel dépassant 20 000 entrées.
Un pôle culturel et entrepreneurial en construction
Au-delà de la restauration des bâtiments, le projet porté par l’association gestionnaire vise à transformer la Chartreuse en lieu mixte : activités culturelles, accueil d’entreprises et tourisme, selon la Fondation du Patrimoine. Le site ouvre au public pour les visites du 1er mai au 1er novembre.
Des spectacles sont programmés dès mai 2026. Des rencontres autour des métiers d’art sont prévues en septembre. Le calendrier reste à confirmer dans le détail par les organisateurs.
La fin du gros œuvre, attendue mi-2026, marquera une étape décisive pour un site qui porte, dans une commune de 633 habitants, l’un des chantiers patrimoniaux les plus ambitieux du nord de la France.
Sources
- France 3 Régions : 21 millions d'euros et 10 ans de travaux, un chantier digne de Notre-Dame de Paris pour ce monastère emblématique du Pas-de-Calais
- Chartreuse de Neuville (site officiel) : Le chantier de restauration
- Nord Littoral : La Chartreuse de Neuville : +25 % de visiteurs en 2025, le grand patrimoine rural
- La Voix du Nord : Chartreuse de Neuville : le plus grand chantier monument historique après Notre-Dame