Nice : le procès des streamers Naruto et Safine s’ouvre pour violences
Jugés pour violences en réunion, abus de faiblesse et diffusion d'images, ils ne répondent pas du décès de Raphaël Graven, mort naturelle.
Le procès d'Owen C. (Naruto) et de Safine H. (Safine) s'est ouvert ce lundi 6 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel de Nice. Ils sont poursuivis pour des violences en réunion et abus de faiblesse après le décès en direct du vidéaste Jean Pormanove en août 2025.
L’essentiel
- Ouverture du procès : lundi 6 juillet 2026 au tribunal correctionnel de Nice, plus d’un an après le décès de Jean Pormanove.
- Chefs d’accusation : violences en réunion, abus de faiblesse, diffusion d’images violentes et provocation à la haine en raison du handicap.
- Pas d’homicide : l’autopsie a conclu à une mort naturelle, aucun lien direct avec les violences.
- Prévenus : Owen C. (27 ans, alias Naruto) et Safine H. (24 ans, alias Safine), célèbres sur Twitch et Kick.
- Faits : violences répétées dans un local de Contes (Alpes-Maritimes) sur Raphaël Graven et une autre personne handicapée.
Ce qui s’est passé
Le procès des streamers Naruto (Owen C., 27 ans) et Safine (Safine H., 24 ans) s’est ouvert ce lundi 6 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel de Nice. Ils comparaissent pour des violences en réunion, abus de faiblesse, diffusion d’images violentes et provocation à la haine en raison du handicap. Les faits remontent à l’été 2025, lorsque Raphaël Graven, connu sous le pseudo Jean Pormanove, est décédé en direct le 18 août 2025 lors d’un marathon de streaming sur la plateforme Kick.
Selon l’AFP, les prévenus ne sont pas jugés pour homicide. L’autopsie a conclu à une mort naturelle, écartant tout lien de causalité direct entre les sévices subis et le décès. Les charges retenues concernent des violences commises du vivant de la victime, dans un local situé à Contes, commune des Alpes-Maritimes proche de Nice. Une deuxième victime, Stéphane G. alias Coudoux, un homme souffrant d’un handicap visible, figure également dans la procédure.
La thèse de la simulation
Les deux streamers, connus pour leurs contenus provocateurs sur Twitch et Kick, plaident la simulation. Ils soutiennent que les humiliations, les coups et les violences physiques étaient mis en scène pour attirer des dons de la part de l’audience. Cette défense est au cœur des débats. Le parquet de Nice estime au contraire que les actes dépassaient le cadre d’un spectacle joué et constituaient des sévices réels.
Raphaël Graven, âgé de 46 ans, participait à un « marathon de la honte » où il était soumis à des épreuves humiliantes et à des violences physiques. Son décès en direct avait provoqué une indignation nationale. La ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz, avait alors qualifié l’événement d’« horreur absolue » et saisi l’Arcom, le régulateur des médias.
Contexte dans les Alpes-Maritimes
Ce procès se tient à Nice, dans le département des Alpes-Maritimes (06), qui compte environ 1,1 million d’habitants. La commune de Contes, où les faits se sont déroulés, est une petite ville de l’arrière-pays niçois, habituellement éloignée des scandales médiatiques. L’affaire a mis en lumière les dérives de certains streamers et l’absence de modération sur des plateformes comme Kick. Le département, déjà marqué par des faits divers liés à la violence en ligne, suit ce dossier avec attention. Selon la préfecture, aucune perturbation n’est à signaler aux abords du tribunal.
En parallèle, une enquête distincte est ouverte à Paris contre la plateforme australienne Kick pour diffusion d’images violentes et possibles rémunérations. L’Arcom avait également été saisie pour examiner la responsabilité de la plateforme.
Les suites judiciaires
En septembre 2025, le frère de l’un des prévenus a relancé des streams similaires sur Twitch depuis le même local de Contes, entraînant de nouvelles saisies judiciaires. Cette affaire a relancé le débat sur la responsabilité des plateformes et la régulation des contenus violents.
Le procès doit durer plusieurs jours. La décision du tribunal correctionnel de Nice est attendue d’ici la fin juillet. Dans le Var voisin, d’autres actualités judiciaires mobilisent également l’attention, mais ce dossier reste le plus suivi dans la région.
Prochaine étape
Les audiences se poursuivent cette semaine. Le jugement devrait être rendu avant la fin du mois de juillet. En attendant, les deux prévenus restent sous contrôle judiciaire.
- 6 juillet 2026 : « Raphaël Graven, âgé d'une vingtaine d'années, participait à un « marat » corrigé en « Raphaël Graven, âgé de 46 ans, participait à un « marathon de la honte », à la suite du signalement d'un lecteur.