Nice : un sixième suspect écroué dans l’incendie mortel des Moulins
Un homme de 25 ans a été placé en détention provisoire pour son rôle d'intermédiaire dans le drame qui a coûté la vie à sept personnes en juillet 2024.
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé la mise en examen et l'écrou d'un sixième suspect dans l'affaire de l'incendie criminel des Moulins. L'homme, né en 2001, est soupçonné d'avoir localisé le lieu du drame qui a tué sept membres d'une même famille le 18 juillet 2024.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Un homme de 25 ans, domicilié à Nice, a été écroué début juillet 2026 pour son rôle présumé d'intermédiaire dans l'incendie des Moulins.
- Six suspects sont désormais détenus en France, deux autres, dont le commanditaire présumé, font l'objet de mandats d'arrêt internationaux.
- L'incendie du 18 juillet 2024 a tué sept membres d'une même famille, dont quatre mineurs, dans une affaire liée au trafic de stupéfiants.
- La chambre de l'instruction a infirmé un contrôle judiciaire pour ordonner la détention provisoire du suspect après appel du parquet.
- Le procureur Damien Martinelli envisage la clôture de l'information judiciaire dans les prochains mois.
Un sixième suspect a été placé en détention provisoire dans l’enquête sur l’incendie criminel des Moulins à Nice. Selon le procureur de la République Damien Martinelli, l’homme, né en 2001 et domicilié à Nice, a été interpellé début juillet 2026 et mis en examen pour destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort, destruction volontaire par incendie en bande organisée et association de malfaiteurs.
La chambre de l’instruction a infirmé la décision initiale du juge des libertés et de la détention, qui avait placé le suspect sous contrôle judiciaire, pour ordonner son incarcération à la suite de l’appel du parquet.
Le rôle présumé du suspect
D’après les éléments de l’enquête, le mis en cause aurait joué un rôle d’intermédiaire dans la préparation de l’incendie. Il est notamment soupçonné d’avoir localisé le lieu à incendier dans le quartier des Moulins. En garde à vue, il a reconnu une implication partielle, qu’il a justifiée par des menaces reçues.
L’incendie s’était déclaré dans la nuit du 18 juillet 2024, tuant sept membres d’une même famille, dont quatre mineurs. Les victimes n’avaient aucun lien avec le trafic de stupéfiants à l’origine du drame.
Six suspects écroués, deux recherchés à l’étranger
L’information judiciaire, ouverte par le parquet de Nice, compte désormais six personnes mises en examen et placées en détention provisoire en France. Deux autres suspects font l’objet de mandats d’arrêt internationaux. Parmi eux figure le commanditaire présumé, toujours recherché à l’étranger.
Le mobile de l’incendie est lié à des rivalités de trafic de stupéfiants dans le quartier des Moulins. Les enquêteurs ont établi que l’attaque visait une autre personne, mais que les auteurs se sont trompés de cible. Cette affaire présente des similitudes avec d’autres dossiers judiciaires récents liés à la violence urbaine, où les victimes sont souvent étrangères aux conflits qui les frappent.
Une enquête qui progresse
Selon Damien Martinelli, la clôture de l’information judiciaire pourrait intervenir dans les prochains mois. Le dossier est instruit par un juge d’instruction spécialisé dans les affaires criminelles complexes.
Les investigations ont mobilisé plusieurs services de police judiciaire, notamment la brigade criminelle et la division de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Les éléments techniques, dont l’analyse des communications téléphoniques et des vidéosurveillances, ont permis d’identifier les suspects et de reconstituer le déroulement des faits.
Contexte dans les Alpes-Maritimes
Le quartier des Moulins, situé dans le nord de Nice, est régulièrement confronté aux problèmes liés au trafic de stupéfiants. Le département des Alpes-Maritimes, avec plus d’un million d’habitants selon l’INSEE, concentre plusieurs points de deal actifs, notamment à Nice, Cannes et Antibes.
En 2025, le préfet avait annoncé le renforcement des effectifs de police dans les quartiers prioritaires de la sécurité quotidienne. Nice compte trois de ces zones, dont les Moulins. Les opérations de démantèlement de réseaux se sont multipliées ces dernières années, sans parvenir à éradiquer durablement les trafics.
L’incendie des Moulins avait provoqué une vive émotion dans la ville et au-delà. Plusieurs rassemblements avaient eu lieu en hommage aux victimes dans les jours suivant le drame. Les autorités locales avaient alors promis un renforcement de la présence policière et des moyens pour lutter contre les violences liées au trafic.
Une cérémonie d’hommage prévue
Une cérémonie en mémoire des sept victimes n’a pas été annoncée publiquement pour le 18 juillet 2026, deux ans jour pour jour après le drame. Les proches de la famille et les habitants du quartier sont invités à se recueillir.
Le procureur Martinelli a souligné que l’enquête restait active pour localiser et interpeller les deux suspects en fuite. Les mandats d’arrêt internationaux ont été diffusés via Interpol. L’instruction pourrait déboucher sur un renvoi en cour d’assises dans les mois à venir.
