Lille : baby-sitter mis en examen pour viols, site Nounou-top épinglé

Camille H., déjà condamné en 2020, a gardé 58 enfants via la plateforme avant son arrestation. Bercy engage des procédures contre Nounou-top pour pratiques trompeuses.

Lille : baby-sitter mis en examen pour viols, site Nounou-top épinglé
Illustration Amandine Delattre / info.fr
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Un baby-sitter de 37 ans a été mis en examen le 12 mai 2026 à Lille pour viols et agressions sexuelles sur 18 mineurs. Malgré une condamnation antérieure et une interdiction d'exercer, il s'était inscrit sur Nounou-top. Le ministère de l'Économie a engagé des procédures contre le site le 16 juillet.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Camille H., 37 ans, a été mis en examen le 12 mai 2026 à Lille pour viols et agressions sexuelles sur 18 enfants âgés de 2 mois à 5 ans.
  • Le suspect avait été condamné en octobre 2020 à Nice à cinq ans de prison pour agression sexuelle sur un mineur et était interdit d'exercer auprès des mineurs jusqu'en 2028.
  • Malgré son casier, il s'était inscrit sur Nounou-top après sa libération conditionnelle en 2023 et a gardé 58 enfants pour au moins 44 familles.
  • Le ministère de l'Économie et la DGCCRF ont engagé des procédures contre nounou-top.fr le 16 juillet 2026 pour pratiques commerciales trompeuses.
  • Les plateformes de mise en relation ne sont pas légalement contraintes de vérifier les antécédents judiciaires des baby-sitters qu'elles référencent.
5 faits vérifiés 3 sources mis à jour le 17 juillet à 17:20

Ce qui s’est passé à Lille

Camille O., 37 ans, a été mis en examen le 12 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Lille pour 3 viols, 15 agressions sexuelles et 2 corruptions de mineurs. Les 18 victimes présumées sont âgées de 2 mois à 5 ans. Selon INFO.FR, les faits reprochés se seraient déroulés entre mars 2023 et décembre 2025 dans la métropole lilloise.

Le suspect a été interpellé le 15 janvier 2026 à Tourcoing suite à une plainte pour viol sur un enfant de deux ans. Il se trouve en détention provisoire depuis cette date. L’enquête a révélé qu’il avait gardé 58 enfants pour au moins 44 familles, selon Le Parisien.

Camille H. est également mis en examen pour détention d’images d’atteintes sexuelles sur un animal domestique.

Un parcours judiciaire inquiétant

Le baby-sitter avait déjà été condamné en octobre 2020 à Nice à cinq ans de prison pour agression sexuelle sur un mineur. Il était inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS) avec interdiction d’exercer auprès des mineurs jusqu’en 2028, selon Imaz Press Réunion.

Libéré conditionnellement à la mi-2023, il s’est inscrit sur la plateforme Nounou-top peu après sa sortie de prison. Malgré son casier judiciaire et l’interdiction en vigueur, il a pu proposer ses services de garde d’enfants sans que la plateforme ne détecte son passé.

En mai 2025, un voisin avait alerté les autorités après des aveux du suspect. Camille H. avait alors été interpellé mais libéré avec un suivi socio-judiciaire renforcé, faute d’identification sur une plateforme à ce moment-là, rapporte Libération.

Bercy engage des procédures contre Nounou-top

Le ministère de l’Économie et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont engagé des procédures administratives contre le site nounou-top.fr le 16 juillet 2026. Le site est visé pour pratiques commerciales trompeuses.

Selon le ministère de l’Économie, la plateforme utilisait des mentions comme « profils fiables » sans vérifications suffisantes des antécédents judiciaires. La DGCCRF reproche au site d’avoir induit les parents en erreur sur les garanties réellement apportées.

Les plateformes de mise en relation ne sont pas légalement contraintes de vérifier les antécédents judiciaires des baby-sitters qu’elles référencent. Elles agissent comme de simples intermédiaires, selon Imaz Press Réunion. Cette absence d’obligation réglementaire a permis à Camille H. de passer entre les mailles du filet.

La DGCCRF demande désormais aux plateformes de garantir une information claire et transparente sur les vérifications réellement effectuées. Elle conseille aux parents de demander systématiquement le bulletin n°3 du casier judiciaire aux personnes qu’ils emploient.

La réaction de la Haute-commissaire à l’Enfance

Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a réagi officiellement en appelant les parents à la vigilance. Elle soutient les recommandations de contrôle du casier judiciaire émises par Bercy, selon le site du ministère des Solidarités.

L’affaire a suscité une forte indignation publique. Elle met en lumière des défaillances graves dans la protection des mineurs et pose la question de la responsabilité des plateformes numériques dans la vérification des profils qu’elles hébergent.

Contexte dans le Nord

Le département du Nord compte environ 2,6 millions d’habitants, selon l’INSEE. La métropole lilloise, où se sont déroulés les faits, regroupe près de 1,2 million d’habitants répartis sur 95 communes.

Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue autour de la protection de l’enfance en France. Les plateformes de services à la personne sont de plus en plus utilisées par les familles, mais leur encadrement juridique reste limité.

Le Nord n’est pas le seul département concerné par des dérives similaires. D’autres affaires impliquant des plateformes de garde d’enfants ont émergé ces dernières années, à l’image de pratiques commerciales douteuses signalées dans d’autres secteurs de services à domicile.

Les familles dans l’attente

Les 44 familles concernées par l’affaire ont été contactées par les enquêteurs. Certaines ont découvert avec stupeur que leur enfant avait été gardé par un individu fiché et interdit d’exercer auprès des mineurs.

Le traumatisme des victimes et de leurs proches est considérable. Des cellules de soutien psychologique ont été mises en place dans la métropole lilloise pour accompagner les familles.

L’instruction se poursuit. D’autres victimes pourraient être identifiées dans les prochaines semaines. Les auditions se succèdent au tribunal judiciaire de Lille.

Vers une réglementation plus stricte

L’affaire relance le débat sur l’encadrement des plateformes de garde d’enfants. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une obligation de vérification systématique des casiers judiciaires par les sites intermédiaires.

La DGCCRF poursuit son action contre Nounou-top. Les sanctions administratives pourraient être lourdes si les pratiques trompeuses sont confirmées. D’autres plateformes du secteur pourraient également faire l’objet de contrôles dans les prochains mois.

Les procédures judiciaires contre Camille H. suivront leur cours. Le parquet de Lille n’a pas communiqué de calendrier précis pour le procès. Les victimes et leurs familles attendent que justice soit rendue.

Amandine
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Sources

Amandine Delattre

Amandine Delattre

Amandine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Nord (59), avec Lille pour chef-lieu. Spécialité du département : métropole MEL et Eurostar/Thalys. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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