Villeneuve-Saint-Georges : sept policiers municipaux poursuivis, la mairie lance une pétition de soutien

Sept agents seront jugés en septembre pour violences aggravées. La maire Kristell Niasme refuse de lâcher sa police municipale.

Villeneuve-Saint-Georges : sept policiers municipaux poursuivis, la mairie lance une pétition de soutien
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Onze agents de la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges ont été interpellés le 8 avril 2026. Sept seront jugés devant le tribunal de Créteil. Face à la crise, la mairie a lancé hier une pétition intitulée « Touche pas à ma police municipale ».

Le 8 avril 2026, la police nationale interpelle onze agents de la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges sur leur lieu de travail. La scène est rarissime dans le Val-de-Marne. Selon BFMTV, les soupçons portent sur des violences, des vols et des dégradations. Seven agents sont finalement mis en cause.

Des faits graves, un jugement en septembre

Selon Franceinfo, sept des onze agents interpellés sont poursuivis pour violences aggravées sur six victimes, pour des faits commis entre janvier et mars 2026. Parmi eux, trois sont également mis en cause pour dégradations en réunion et violation de domicile, deux pour faux en écriture publique, selon Le Parisien du 25 avril.

Une victime présumée a témoigné auprès de Franceinfo avoir reçu « 10 à 15 décharges de taser dans les toilettes d’un bar » après un match de football, en janvier 2026. Les sept agents concernés seront jugés le 24 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Créteil.

Une police municipale sous tension

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La crise a des conséquences directes sur le terrain. Selon Le Parisien, seuls 11 agents sur 18 sont encore actifs dans les rues de la ville. Les patrouilles ont été réduites, et la confiance des habitants envers le service est ébranlée.

Kristell Niasme, élue maire en 2025, avait fait de la sécurité une priorité. Elle avait porté les effectifs de la police municipale de 5 à 17 agents, avec création d’une brigade canine et environnementale, selon Actu.fr. La crise frappe donc un service récemment renforcé.

Le député LFI Louis Boyard affirme alerter le préfet depuis des mois sur des dérives au sein de ce service. De son côté, la maire et le député LFI avaient pourtant déjà fait front commun sur d’autres dossiers sensibles touchant la commune.

La mairie contre-attaque avec une pétition

Le 24 avril, la mairie a lancé la pétition « Touche pas à ma police municipale ». Le texte invite les habitants à exprimer leur attachement au service et à signaler des nuisances quotidiennes, selon Le Parisien.

Kristell Niasme dénonce une « opération de discrédit » et vise implicitement l’opposition de La France Insoumise. Elle apporte un soutien sans réserve aux agents mis en cause, selon les déclarations rapportées par Le Parisien du 24 avril.

La démarche divise. Pour ses partisans, elle défend un service utile fragilisé par une procédure judiciaire. Pour ses critiques, elle minimise des accusations graves portées par six victimes présumées. Le conseil municipal du 29 avril, ouvert au public, pourrait être le prochain terrain d’affrontement entre les deux camps.

Le dossier sera aussi examiné à Créteil, chef-lieu du département, dont le tribunal correctionnel est compétent pour juger l’affaire en septembre.

Prochaine étape

Les sept agents poursuivis comparaîtront le 24 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Créteil. D’ici là, la pétition municipale et les prises de position politiques devraient continuer à alimenter le débat local.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

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