Nièvre : permis retirés et amendes pour cinq chasseurs après la mort d’Altesse de la Serre

Le tribunal de Nevers a sanctionné les cinq chasseurs impliqués dans la mort accidentelle d'une jument de compétition à Isenay en novembre 2024.

Nièvre : permis retirés et amendes pour cinq chasseurs après la mort d'Altesse de la Serre
Illustration Arnaud Chevalier / info.fr

Le tribunal judiciaire de Nevers a prononcé des retraits de permis de chasse et des amendes solidaires contre cinq chasseurs reconnus responsables de la mort d'Altesse de la Serre. La jument de compétition, estimée à 30 000 euros, avait été tuée par une balle perdue le 6 novembre 2024 à Isenay, dans la Nièvre.

Le tribunal judiciaire de Nevers a prononcé des retraits de permis de chasse et des amendes solidaires contre cinq chasseurs reconnus responsables de la mort d’Altesse de la Serre. La jument de compétition, estimée à 30 000 euros, avait été tuée par une balle perdue le 6 novembre 2024 à Isenay, dans la Nièvre.

L’essentiel

  • 6 novembre 2024 : Altesse de la Serre, jument de 14 ans estimée à 30 000 euros, tuée par une balle de chasse dans un pré privé à Isenay (Nièvre).
  • 19 novembre 2025 : Cinq chasseurs comparaissent devant le tribunal de police de Nevers pour chasse irrégulière.
  • Sanctions : Retraits de permis de chasse et amendes payables solidairement, prononcés par le tribunal judiciaire de Nevers.
  • Animal : Jument de niveau national en saut d’obstacles, propriété d’un cavalier de l’équipe de France, élevée par Diane de Charmasse.
  • Contexte national : La saison de chasse 2024-2025 a enregistré 100 accidents liés à une arme à feu en France, dont 11 mortels, selon l’Office français de la biodiversité.

Une balle perdue dans un pré privé

Le 6 novembre 2024, Diane de Charmasse découvre Altesse de la Serre « raide morte au milieu du pré », selon ses propres mots rapportés par France 3 Bourgogne. La jument de 14 ans vient d’être touchée par une balle lors d’une battue au sanglier organisée à proximité. Elle meurt en quelques secondes.

La bête n’est pas un animal ordinaire. Jument de niveau national en saut d’obstacles, elle appartient à un cavalier de l’équipe de France et est valorisée à 30 000 euros, selon France 3 et Le Journal du Centre. Son éleveuse réclame immédiatement justice et souligne l’absence de toute précaution prise par les chasseurs à proximité de la propriété privée.

Un rapport d’enquête aux conclusions accablantes

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Un an après les faits, France 3 Bourgogne révèle les conclusions du rapport d’enquête. Le document, qui s’appuie sur une autopsie de l’animal et les auditions des chasseurs présents, décrit les circonstances du tir. Le rapport est qualifié d’« accablant » par le média régional, mais ses conclusions détaillées n’ont pas été rendues publiques dans leur intégralité.

La Fédération Départementale des Chasseurs de la Nièvre prend elle-même position : selon le site Petit Bleu, la fédération dépose plainte contre l’un de ses propres chasseurs en décembre 2024 - une démarche rare qui illustre la gravité reconnue de l’incident.

Le jugement : permis retirés, amendes solidaires

Les cinq chasseurs impliqués sont jugés le 19 novembre 2025 devant le tribunal de police de Nevers, pour des faits qualifiés de chasse irrégulière, selon 20 Minutes. Le tribunal judiciaire de Nevers prononce des retraits de permis de chasse et des amendes que les condamnés devront régler solidairement, rapporte Le Journal du Centre.

Le montant précis des amendes et la durée des retraits de permis n’ont pas été communiqués publiquement à ce stade. Aucune peine d’emprisonnement n’est mentionnée dans les sources disponibles. D’autres affaires judiciaires récentes montrent que les tribunaux correctionnels français prononcent régulièrement des peines mixtes alliant sursis et sanctions administratives pour des infractions à risque.

Contexte dans la Nièvre

La Nièvre est un département rural à forte tradition cynégétique. Le gibier - sanglier en tête - y attire des chasseurs de toute la région Bourgogne-Franche-Comté. Les zones boisées et les prairies se côtoient fréquemment avec des propriétés d’élevage et des haras, rendant la coexistence parfois tendue entre pratique cynégétique et activité équestre ou agricole.

Isenay, commune de moins de 300 habitants située dans le sud du département, illustre cette réalité : les prés privés jouxtent les territoires de chasse sans séparation physique systématique. L’affaire Altesse de la Serre a suscité des réactions locales et nationales, notamment sur les réseaux sociaux, selon France 3 qui évoque des « discordes » en ligne dès novembre 2024.

À l’échelle nationale, le bilan de la saison 2024-2025 publié par l’Office français de la biodiversité (OFB) fait état de 100 accidents liés à une arme à feu, dont 11 mortels - tous des chasseurs - et 16 non-chasseurs blessés, dont 3 gravement. Les accidents impliquant des tiers ou des animaux domestiques et d’élevage alimentent un débat récurrent sur la réglementation des distances de sécurité. Le retrait administratif de permis, qu’il concerne la route ou la chasse, reste l’une des sanctions les plus dissuasives selon les autorités.

Une affaire qui dépasse le cadre local

L’incident a rapidement dépassé les frontières nivernaises. Des associations abolitionnistes, des médias nationaux comme 20 Minutes et des comptes militants ont relayé l’affaire sur X dès novembre 2024, soulignant le statut particulier de l’animal tué - jument de compétition, propriété d’un sportif de haut niveau.

L’éleveuse Diane de Charmasse, qui a porté plainte et suivi la procédure pendant plus d’un an, n’a pas commenté publiquement le jugement dans les sources disponibles après l’audience de novembre 2025. La question d’une éventuelle indemnisation civile complémentaire au pénal - pour une jument estimée à 30 000 euros - n’a pas été précisée à ce stade par le tribunal.

Les associations de défense animale, qui avaient très tôt comparé cet accident à d’autres incidents impliquant des animaux d’élevage ou de compagnie en zone rurale, continuent de citer cette affaire comme argument pour un renforcement des règles de sécurité à la chasse. D’autres drames en milieu rural rappellent régulièrement la fragilité des zones périurbaines et rurales face aux accidents.

Ce que le jugement change - et ce qu’il ne règle pas

Les sanctions prononcées - retraits de permis et amendes solidaires - s’inscrivent dans le cadre du tribunal de police, la juridiction compétente pour les contraventions et certains délits mineurs. Elles ne préjugent pas d’une éventuelle procédure civile en réparation du préjudice subi par la propriétaire de la jument.

La Fédération Départementale des Chasseurs de la Nièvre n’a pas commenté publiquement le jugement, selon les sources consultées. La question des distances minimales de sécurité entre zones de chasse et propriétés privées reste, elle, de compétence réglementaire nationale - un dossier que ce jugement local ne tranche pas.

Les débats sur la sécurité cynégétique en Bourgogne-Franche-Comté se poursuivent. D’autres incidents en milieu rural ont relancé ces discussions ces derniers mois dans la région.

La saison de chasse 2025-2026 s’est ouverte sans modification réglementaire connue sur les périmètres de sécurité autour des propriétés privées dans la Nièvre.

Sources

Arnaud Chevalier

Arnaud Chevalier

Arnaud est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Nièvre (58), avec Nevers pour chef-lieu. Spécialité du département : circuit Magny-Cours (auto/moto) et parc Morvan. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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