Nîmes : 3 400 logements Airbnb, la mairie veut durcir les règles ; Sauramps en crise
Le parc de locations courte durée a triplé en six ans à Nîmes les salariés de la librairie Sauramps alertent sur une possible procédure judiciaire.
À Nîmes, les locations Airbnb ont explosé 3 400 logements recensés en 2026, soit trois fois la capacité hôtelière locale selon l'Umih 30. La nouvelle municipalité envisage de resserrer les règles. Pendant ce temps, les 54 salariés de la librairie Sauramps (Montpellier, Alès) tirent la sonnette d'alarme sur la santé financière de l'entreprise.
L’essentiel
- 3 400 logements proposés sur Airbnb à Nîmes en 2026, dont 1 900 détenus par 200 propriétaires ; le plus gros en possède 19.
- 6 800 chambres en équivalent Airbnb contre 1 800 il y a six ans, soit trois fois la capacité hôtelière traditionnelle, selon l’Umih 30.
- 120 jours : plafond légal actuel de location pour une résidence principale, que la mairie (adjoint Pierre Jaumain) veut appliquer strictement, avec un possible abaissement à 90 jours.
- 54 à 63 salariés de Sauramps (Montpellier et Alès) alertent par lettre ouverte sur les difficultés financières de la librairie.
- 6-7 juin 2026 : premières journées de la SG2LR à Montpellier, dans un contexte de vieillissement démographique (+44 % de +65 ans en Occitanie d’ici 2040).
Airbnb à Nîmes : un parc qui a triplé en six ans
Les chiffres donnent le vertige. Nîmes compte aujourd’hui 3 400 logements proposés sur Airbnb, selon des données rapportées par Midi Libre. Parmi eux, environ 1 900 appartiennent à seulement 200 propriétaires. Le plus gros en détient 19 à lui seul.
L’Umih 30, syndicat de l’hôtellerie-restauration du Gard, chiffre la progression autrement : le parc est passé de 1 800 chambres en équivalent touristique à 6 800 en six ans - soit trois fois la capacité hôtelière traditionnelle de la ville. Le syndicat dénonce une concurrence déloyale : les loueurs en meublé touristique ne sont pas soumis aux mêmes charges que les hôteliers, notamment en matière de TVA et de taxe de séjour.
La mairie veut resserrer les règles
La nouvelle municipalité nimoise ne compte pas rester passive. Pierre Jaumain, adjoint à l’urbanisme et au logement, a indiqué à Midi Libre plusieurs pistes à l’étude. La première : l’application stricte du plafond légal de 120 jours de location annuelle pour une résidence principale, déjà en vigueur mais peu contrôlé. La seconde : un possible abaissement de ce seuil à 90 jours.
La mairie réfléchit également à des contrôles renforcés et à des mécanismes de compensation pour les propriétaires qui convertiraient une résidence secondaire en meublé touristique. Ces pistes s’inscrivent dans le cadre de la loi Le Meur de 2025, qui renforce les outils des communes en matière de réglementation des locations courte durée. À Nîmes, l’obligation de déclaration préalable et l’attribution d’un numéro d’enregistrement sont déjà en place, selon le site spécialisé Livret Accueil. Les plateformes doivent bloquer les annonces dépassant le quota.
Contexte dans le Gard
Nîmes est la préfecture du Gard (département 30) et compte environ 151 800 habitants selon les estimations INSEE 2023. La ville dispose d’environ 86 700 logements, dont 72 500 résidences principales. Le poids du tourisme y est structurel : les Arènes, la Maison Carrée et les Ferias attirent plusieurs centaines de milliers de visiteurs par an, ce qui explique en partie l’attractivité pour les loueurs de courte durée.
Le Gard n’est pas isolé sur ce dossier. D’autres communes gardoises font face à des tensions liées à la pression touristique. La montée des meublés touristiques pose la même question partout : l’accès au logement permanent pour les résidents, face à une offre détournée vers la location saisonnière.
Sauramps : 54 salariés en attente de réponses
Autre sujet qui agite la région : la situation financière de la librairie Sauramps. Les salariés - entre 54 et 63 selon les sources, dont 47 à Montpellier et 7 à Alès - ont publié une lettre ouverte pour alerter l’opinion sur les difficultés de l’entreprise, rapportent Midi Libre et La Gazette de Montpellier.
Ils dénoncent le silence de François Fontès, actionnaire majoritaire de Sauramps. Le dirigeant, selon les mêmes sources, étudie toutes les pistes pour redresser la situation, y compris un possible redressement judiciaire. Les effectifs ont déjà été réduits : plus de 90 salariés en 2020, une soixantaine aujourd’hui, selon le site spécialisé Actualitté. Sauramps est une librairie historique de la région, présente depuis plusieurs décennies à Montpellier.
Gériatrie : un congrès régional les 6 et 7 juin à Montpellier
En marge de ces deux dossiers économiques, les premières journées de la Société de gériatrie et de gérontologie du Languedoc-Roussillon (SG2LR) se tiennent les 6 et 7 juin 2026 à Montpellier. L’événement réunit des professionnels du Gard et de la région dans un contexte de fort vieillissement démographique : selon Midi Libre, la part des +65 ans en Occitanie devrait progresser de 44 % d’ici 2040. Le tissu médical et social régional sera au cœur des échanges.
La mairie de Nîmes doit préciser dans les prochaines semaines le calendrier de mise en œuvre des nouvelles mesures Airbnb ; du côté de Sauramps, les salariés attendent une réponse formelle de la direction sur l’avenir de l’entreprise.
Sources
- Midi Libre : Comment la ville de Nîmes compte freiner l'explosion des locations touristiques type Airbnb
- Midi Libre : Le boom d'Airbnb à Nîmes, l'alerte des salariés de Sauramps, un pôle régional pour la gériatrie
- La Gazette de Montpellier : Crise chez Sauramps : l'inquiétude des salariés
- Actualitté : À Montpellier, le groupe de librairies Sauramps en difficulté économique