Nîmes : vives tensions au conseil municipal autour d’un événement pro-Palestine et de la laïcité
Le maire Vincent Bouget et l'élu RN Julien Sanchez se sont affrontés le 4 juillet sur la tenue d'une journée de solidarité avec la Palestine au skatepark municipal.
Le conseil municipal de Nîmes du 4 juillet 2026 a été marqué par des échanges tendus entre le maire Vincent Bouget et le conseiller RN Julien Sanchez. En cause la demande d'interdiction d'un événement pro-Palestine au skatepark et la définition de la laïcité.
L’essentiel
- Conseil municipal houleux : le maire Vincent Bouget et l’élu RN Julien Sanchez se sont opposés le 4 juillet 2026 à Nîmes.
- Événement contesté : Sanchez avait demandé l’interdiction d’une Journée solidaire pour la Palestine prévue au skatepark municipal le samedi 4 juillet.
- Déclaration choc : le maire a répondu « Faut systématiquement que ça tombe sur les musulmans » lors des échanges.
- Précédent récent : la laïcité avait déjà enflammé le conseil municipal du 5 juin 2026, après la suppression de l’apéritif de la messe de Jeanne d’Arc.
Un conseil municipal sous tension
La séance du conseil municipal de Nîmes, tenue le 4 juillet 2026, a rapidement dégénéré en échanges vifs entre le maire Vincent Bouget et l’opposition RN. Au cœur du débat : la tenue d’une « Journée solidaire pour la Palestine » organisée par des associations nîmoises au skatepark municipal, prévue le même jour.
Julien Sanchez, conseiller municipal RN et député européen, a pris la parole pour dénoncer cet événement. Quelques jours plus tôt, le 2 juillet, il avait adressé un courrier officiel au maire pour en demander l’interdiction, estimant que le skatepark n’était « pas le lieu pour ce type de mobilisation ». Selon le site de Yoann Gillet, Sanchez y écrivait : « Nous ne sommes pas en Palestine ici ».
Le maire, de son côté, a répliqué fermement. Selon les images de la captation officielle du conseil, Vincent Bouget a lancé à l’élu RN : « Vous invoquez la laïcité… mais elle n’est pas de votre côté ». Puis, dans un échange rapporté par Objectif Gard, il a ajouté : « Faut systématiquement que ça tombe sur les musulmans ».
La demande d’interdiction de Julien Sanchez
Dans son courrier du 2 juillet, Julien Sanchez demandait au maire de « s’expliquer et d’interdire » la Journée solidaire pour la Palestine. Il estimait que cet événement, organisé par des collectifs locaux, présentait un « caractère politique et communautariste » incompatible avec la neutralité d’un équipement public. Le site Frontières Média a également relayé cette demande, la qualifiant de « journée antifa en soutien à la Palestine ».
L’association organisatrice n’a pas réagi publiquement aux propos de l’élu. Contactée par actu.fr, elle n’avait pas encore répondu au moment de la publication de l’article.
La laïcité, un sujet récurrent à Nîmes
Ce n’est pas la première fois que la laïcité s’invite au conseil municipal nîmois depuis le changement de majorité. Le 5 juin 2026, la suppression de l’apéritif traditionnel après la messe de Jeanne d’Arc par la nouvelle majorité avait déjà provoqué un vif débat. Selon Inf Occitanie, l’opposition RN avait alors dénoncé une « laïcité de combat » tandis que la majorité invoquait le principe de neutralité du service public.
Ces deux épisodes illustrent les lignes de fracture sur la laïcité au sein de la ville. Nîmes, préfecture du Gard, est une commune de près de 150 000 habitants où les questions religieuses et communautaires sont régulièrement au cœur du débat politique local.
Contexte dans le Gard
Le département du Gard, avec près de 750 000 habitants, compte plusieurs communes où les tensions sur la laïcité émergent régulièrement. Nîmes, sa plus grande ville, est particulièrement marquée par un tissu associatif dense et des sensibilités politiques contrastées. L’élection municipale de 2026, qui a porté Vincent Bouget à la tête de la ville face à l’ancien maire Jean-Paul Fournier (LR), a renforcé les clivages. Le Rassemblement National, représenté localement par Julien Sanchez, y pèse électoralement autour de 25 à 30 % des voix.
Le skatepark municipal, situé dans le quartier de la route de Beaucaire, est un lieu de rassemblement pour les jeunes. Son utilisation pour un événement politique ou militant interroge sur les règles d’occupation de l’espace public, sans que la mairie n’ait encore précisé les modalités d’autorisation.
L’événement du 4 juillet s’est finalement tenu, sans incident majeur rapporté. La prochaine étape sera le dépôt éventuel d’un recours ou une nouvelle interpellation en conseil municipal. À suivre.
Sources
- Objectif Gard : NÎMES Vincent Bouget à Julien Sanchez : « Faut systématiquement que ça tombe sur les musulmans »
- actu.fr : Cet évènement organisé par des associations de Nîmes irrite le RN : « Nous ne sommes pas en Palestine ici »
- Ville de Nîmes (YouTube) : Conseil municipal de Nîmes du 4 juillet 2026
- Inf Occitanie : Nîmes : Apéritif après la messe, la laïcité s'invite au conseil municipal