Nîmes-Garons : deux Canadair commandés, mais livrés en 2032-2033 au mieux

Laurent Nuñez a signé le contrat le 4 juin à la base gardoise, pour environ 200 millions d'euros. Les pompiers pointent un délai de six à sept ans.

Nîmes-Garons : deux Canadair commandés, mais livrés en 2032-2033 au mieux
Illustration Marine Vidal / info.fr

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a officialisé jeudi 4 juin 2026 la commande de deux bombardiers d'eau DHC-515 auprès de De Havilland Canada, depuis la base de Sécurité civile de Nîmes-Garons. Montant près de 200 millions d'euros. Livraison estimée 2032 ou 2033. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers juge le délai trop long.

L’essentiel

  • Signature : deux Canadair DHC-515 commandés le 4 juin 2026 à Nîmes-Garons (Gard) pour environ 200 millions d’euros.
  • Délai : livraison estimée en 2032 ou 2033, soit six à sept ans après la signature.
  • Flotte actuelle : 12 CL-415 opérationnels à Nîmes-Garons ; objectif fixé à 16 appareils à terme.
  • Précédent : deux premiers DHC-515 déjà commandés en 2024 (programme européen rescEU), livrables en avril et novembre 2028.
  • Réaction : la Fédération nationale des sapeurs-pompiers juge la commande insuffisante et critique la dépendance à un constructeur canadien.

La signature, le 4 juin à Nîmes-Garons

C’est depuis le tarmac de la base de Sécurité civile de Nîmes-Garons que Laurent Nuñez a paraphé le contrat jeudi matin. La cérémonie coïncidait avec le lancement officiel de la campagne nationale 2026 de prévention des feux de forêt. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut était également présente, selon Midi Libre et ICI.fr.

Le contrat porte sur deux appareils DHC-515, version modernisée du Canadair CL-415. Constructeur : De Havilland Canada. Montant total estimé à environ 200 millions d’euros, confirmé par ICI.fr et La Marseillaise.

Pourquoi six ans d’attente après la commande

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Le délai s’explique par l’état de la chaîne de production. La fabrication des DHC-515 avait été interrompue depuis plus de dix ans. Elle n’a repris qu’à la suite d’une commande groupée de l’Union européenne portant sur 22 appareils pour plusieurs États membres, dont la France, selon BFMTV.

Relancer une ligne d’assemblage aéronautique de cette envergure prend plusieurs années. Les deux premiers DHC-515 commandés par la France en 2024, dans le cadre du programme européen rescEU, doivent arriver en avril puis novembre 2028. Les deux nouveaux, signés cette semaine, s’intercalent ensuite dans le carnet de commandes : livraison estimée en 2032 ou 2033, selon France 24 et ICI.fr.

Pour en savoir plus sur cette première commande et ses conditions, voir notre article sur la commande initiale de 2024.

Les pompiers entre satisfaction et scepticisme

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSP) ne s’est pas contentée de saluer l’annonce. Elle a émis des réserves publiques, relevées par La Marseillaise et franceinfo.

La fédération estime que deux appareils supplémentaires ne sont « pas suffisants » face à l’aggravation des risques liés aux incendies. Elle formule une critique plus structurelle : « La France ne peut pas attendre la livraison de nouveaux appareils étrangers pour préparer l’avenir. » La FNSP plaide pour le développement d’une capacité de production française ou européenne, afin de ne plus dépendre d’un constructeur nord-américain dont les délais sont conditionnés par un carnet de commandes international.

L’objectif : passer de 12 à 16 appareils

La France dispose actuellement de 12 Canadair CL-415 basés à Nîmes-Garons, selon le site de la Sécurité civile. L’objectif officiel, tel que rappelé par le ministre sur X, est d’atteindre 16 appareils à l’horizon 2032-2033 : les 12 existants, plus les 2 commandés en 2024 (livraison 2028) et les 2 signés cette semaine. Cette feuille de route s’inscrit dans le plan de « réarmement aérien » annoncé par Emmanuel Macron au lendemain des incendies de l’été 2022, qui avaient dévasté plusieurs dizaines de milliers d’hectares en France.

Contexte dans le Gard

Nîmes-Garons est la seule base permanente de la Sécurité civile aérienne en France pour les bombardiers d’eau. Le Gard et plus largement la région Occitanie figurent parmi les départements les plus exposés au risque incendie : le département a connu plusieurs épisodes majeurs ces dernières décennies, et les étés secs successifs ont durci la situation. La base emploie des équipages et techniciens spécialisés à l’année, avec des renforts saisonniers. C’est depuis Nîmes-Garons que les appareils sont également déployés en soutien à d’autres pays européens via le mécanisme rescEU.

Le renouvellement de la flotte est donc un enjeu direct pour le territoire gardois, tant en termes d’emploi que de capacité opérationnelle face à des saisons de feux de plus en plus longues.

Prochaine étape

Les deux premiers DHC-515, commandés en 2024, doivent arriver à Nîmes-Garons en avril 2028 pour le premier et en novembre 2028 pour le second. Les deux appareils signés cette semaine rejoindront la base au plus tôt en 2032, sous réserve que le calendrier de production chez De Havilland Canada soit respecté.

Sources

Marine Vidal

Marine Vidal

Marine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gard (30), avec Nîmes pour chef-lieu. Spécialité du département : patrimoine romain (arenes Nimes, Pont du Gard) et Camargue. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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