Nîmes : Jeremstar et quatre militants PETA relaxés, la corrida n’est pas un sport

Le tribunal correctionnel de Nîmes a prononcé la relaxe le 9 juin 2026, estimant que les arènes ne constituent pas une enceinte sportive.

Nîmes : Jeremstar et quatre militants PETA relaxés, la corrida n'est pas un sport
Illustration Marine Vidal / info.fr

Le tribunal correctionnel de Nîmes a relaxé l'influenceur Jeremstar (Jérémy Gisclon) et quatre militants de PETA France le 9 juin 2026. Poursuivis pour intrusion dans les arènes lors de la Feria des Vendanges 2025, ils ont bénéficié d'une décision fondée sur la non-qualification sportive de la corrida. Le parquet a fait appel.

L’essentiel

  • Relaxe prononcée le 9 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Nîmes pour Jeremstar et quatre militants PETA.
  • Motif : les arènes de Nîmes ne constituent pas une « enceinte sportive » et la corrida n’est pas reconnue comme un sport au sens du code du sport.
  • Le parquet avait requis des amendes de 5 000 à 6 000 € à l’audience du 2 avril 2026 ; le tribunal n’a pas suivi.
  • Le parquet de Nîmes a fait appel de la décision.
  • L’action initiale date du 19 septembre 2025, lors de la corrida d’ouverture de la Feria des Vendanges.

Ce qui s’est passé le 19 septembre 2025

Lors de la corrida d’ouverture de la Feria des Vendanges, Jérémy Gisclon - connu sous le pseudonyme Jeremstar - a sauté dans l’arène après la mise à mort d’un taureau. Il a brandi une pancarte « F*ck la corrida » avant d’être interpellé et placé en garde à vue, selon La Provence. Quatre militants de PETA France participaient à la même action.

Les cinq prévenus ont été poursuivis sur la base du code du sport : entrée illégale sur une aire de compétition d’une enceinte sportive troublant le déroulement d’une manifestation. Les peines encourues atteignaient un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Le raisonnement de la juge

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À l’audience du 2 avril 2026, le procureur Frédéric Kocher avait requis des amendes de 5 000 à 6 000 € assorties d’une interdiction de fréquenter les arènes, selon Le Monde. Le tribunal ne l’a pas suivi.

La présidente Anne-Carine David a motivé la relaxe en ces termes, rapportés par Le Monde et Sud Ouest : « Le tribunal a considéré que l’activité de corrida ne saurait revêtir la qualité de sport et que, dès lors, les arènes ne constituaient pas une enceinte sportive. Dans ces conditions, les délits ne sont pas constitués. »

Le raisonnement est donc purement juridique : l’infraction du code du sport ne pouvait s’appliquer faute de qualification sportive de la tauromachie. La question de fond - la légitimité de l’action de protestation - n’a pas été tranchée.

Les réactions des prévenus et de PETA

Jeremstar a réagi immédiatement sur X :

PETA France a qualifié la décision de « victoire historique » et a appelé à l’abolition de la corrida. Des soutiens et des contre-manifestants étaient présents devant le tribunal le jour du verdict, selon Midi Libre et Objectif Gard.

Le journaliste Giosi Borselli, qui suivait l’audience, a également relayé la décision sur X :

Contexte dans le Gard

Nîmes est l’une des principales villes taurines de France. Les arènes romaines, parmi les mieux conservées d’Europe, accueillent chaque année plusieurs ferias - dont la Feria de Pentecôte et la Feria des Vendanges - qui représentent un enjeu économique et culturel majeur pour la ville et le département du Gard.

La corrida bénéficie en France d’une exception culturelle inscrite dans la loi de 2011 sur la protection animale, qui exclut les traditions locales ininterrompues de l’interdiction des sévices graves sur les animaux. Nîmes et une partie du Gard font partie des territoires où cette tradition est établie. La décision du tribunal ne remet pas en cause cette exception, mais elle crée un précédent sur la qualification juridique des arènes et de la corrida au regard du code du sport - un angle jusque-là peu exploré dans les prétoires.

Le débat sur la tauromachie s’inscrit dans un contexte national plus large : plusieurs propositions de loi visant à abolir la corrida ont été déposées ces dernières années au Parlement, sans aboutir. Sur le territoire gardois, les ferias concentrent une forte polarisation entre défenseurs de la tradition et militants animalistes, qui se retrouve désormais devant les tribunaux.

Le parquet fait appel : la suite judiciaire

Le parquet de Nîmes a formé appel de la décision de relaxe, selon Le Réveil du Midi. L’affaire sera examinée par la chambre des appels correctionnels. La date d’audience n’a pas encore été communiquée.

Cette procédure d’appel signifie que la question de la qualification sportive de la corrida - et donc de l’applicabilité du code du sport à ce type d’action - pourrait être tranchée à un niveau supérieur, avec une portée potentiellement plus large pour d’éventuelles futures intrusions lors de corridas. La décision de la cour d’appel sera à surveiller de près, aussi bien par les milieux taurins que par les associations animalistes. Pour d’autres affaires de décisions judiciaires locales couvertes par info.fr, le suivi de l’appel reste un moment clé.

Marine
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Sources

Marine Vidal

Marine Vidal

Marine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gard (30), avec Nîmes pour chef-lieu. Spécialité du département : patrimoine romain (arenes Nimes, Pont du Gard) et Camargue. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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