Noa Essengue, un retour à petits pas en Summer League
Le Français des Bulls affiche des stats modestes à Las Vegas, neuf mois après son opération de l'épaule
De retour après blessure, l'ailier français des Bulls peine à retrouver son rythme offensif lors de la Summer League 2026. Volume de tirs anémique, perte de sa place de titulaire
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Sur ses deux premiers matchs de Summer League 2026, Essengue affiche un volume offensif anémique 9 tirs en deux sorties
- Il perd sa place de titulaire en cours de tournoi, un revers rare en Summer League
- D'autres Français brillent Joan Beringer (18 pts, 11 rebs), Noah Penda (23 pts), Pacôme Dadiet (20 pts)
- Neuf Français participent à la Summer League 2026 à Las Vegas, du 9 au 19 juillet
Le parquet du Thomas & Mack Center, 23h passées. Noa Essengue sort du banc des Bulls, maillot rouge froissé. Face au Jazz de l’Utah - il joue 18 minutes. Bilan: 6 points, 5 rebonds, 2 passes. Un tir réussi sur quatre tentatives. Dans les gradins clairsemés, personne ne lève son téléphone pour filmer.
L’opération l’avait écarté du reste de sa saison rookie. Il revient maintenant avec un objectif simple: prouver qu’il peut encaisser les contacts, retrouver du rythme. Il se dit à environ 98 % physiquement. Les chiffres racontent autre chose.
Un volume offensif anémique qui interroge
Sur ses deux premiers matchs de Summer League 2026, le volume alarme: seulement 9 tirs tentés en deux sorties - dont 2 derrière l’arc. Pour un ailier fort de 2,11 m drafté en 12e position - cette timidité offensive est un signal d’alarme. À titre de comparaison, Noah Penda envoie 23 points en un seul match - Joan Beringer claque 18 points et 11 rebonds en 25 minutes - Pacôme Dadiet tourne à 20 points et 7 rebonds. Essengue, lui, ne cherche pas son tir. La presse locale parle d’un « match à oublier » après la défaite 80-63 contre le Jazz.
Ce que personne ne dit: selon plusieurs sources, Essengue aurait perdu sa place de titulaire en cours de tournoi. Un utilisateur X, @FrenchBullsFan_, le formule crûment: « Perdre sa place de titu en Summer League, c’est quand même hardcore. Il a eu un bon passage au 3ème quart, mais ça reste très léger jusqu’ici en 3 matchs ». Dans une compétition où les erreurs sont tolérées, le banc est un signal brutal. Pour un joueur censé valider sa place dans la rotation, l’équation devient compliquée: moins de minutes, moins d’opportunités de prouver, moins de confiance.
Le paradoxe du 98 %
Essengue affirme être à environ 98 % de ses capacités. Pourtant, les observateurs pointent un « manque de physicalité » patent. Cette contradiction traverse tout son retour. Sur le terrain, les contacts semblent le freiner. Il hésite avant de pénétrer, évite les duels trop rugueux, privilégie les situations où son corps n’est pas sollicité. Cette prudence est tolérée en juillet. En octobre, on attendra autre chose.
Lors de son retour contre Memphis, Essengue avait compilé 10 points, 5 rebonds, 4 contres et 2 interceptions en 29 minutes. Une sortie défensive solide, mais déjà marquée par une retenue offensive. Contre les Pacers, il avait pourtant montré autre chose: 21 points à 50 % au tir, 3 paniers à trois points. Une sortie où il avait enfin cherché son tir. Puis retour à la discrétion. L’écart entre ce qu’il dit pouvoir faire et ce qu’il fait réellement est le vrai sujet de cette Summer League.
Les autres Français creusent l’écart
Pendant qu’Essengue cherche ses marques, d’autres Bleus cartonnent. Joan Beringer claque un double-double à 18 points, 11 rebonds et 4 contres en 25 minutes. Noah Penda envoie 23 points et 7 rebonds avec cinq banderilles à trois points. Pacôme Dadiet tourne à 20 points et 7 rebonds sur une sortie. Mohamed Diawara - son coéquipier aux Knicks, est qualifié de « star » de l’équipe en Summer League. Ces joueurs ne reviennent pas de blessure longue, mais ils occupent l’espace médiatique et l’attention des scouts. Essengue, lui, se bat pour exister dans les comptes-rendus.
Là où Penda et Dadiet prennent des tirs pour imposer leur jeu, Essengue en tente moins de 5 en moyenne. Là où Beringer s’affirme en dominant physiquement sous le cercle, Essengue évite les zones de contact. Cette retenue ne passe pas inaperçue. Dans une ligue où le statut de drafté en première ronde ne garantit rien, chaque possession compte. On observe. Les autres franchises aussi.
Maxime Raynaud - lui, traverse une nuit compliquée le même soir qu’Essengue. Face aux Nets, le pivot français termine à 3 points, 4 rebonds et 2 passes en 15 minutes. Il perd 7 ballons sous la pression défensive adverse. Un décrochage brutal après avoir tourné à 20 points et 12 rebonds quelques jours plus tôt - confirmant son « énorme début d’été en équipe de France » selon les observateurs. Même les solides ont leurs trous d’air.
Ce que l’on attend vraiment
On n’a pas besoin qu’Essengue fasse le show en juillet. On veut voir s’il peut absorber 29 minutes sans se blesser, s’il peut défendre sans hésiter sur les appuis. Mais les Bulls ont drafté un joueur polyvalent, pas un spécialiste défensif. L’attaque reste un chantier. On espère qu’il retrouve de la confiance d’ici septembre. Le temps presse.
► Lire aussi: NBA Draft 2025: les Français brillent au premier tour
La Summer League, cimetière ou tremplin?
L’histoire de la Summer League est bourrée de fausses pistes. Stephen Curry et LeBron James y ont connu des débuts discrets. Quelques matchs poussifs en juillet ne condamnent personne. On se souvient aussi de joueurs français revenus de blessures longues qui ont mis du temps à retrouver leur niveau: certains ont fini par décrocher un contrat garanti après des débuts hésitants, d’autres ont disparu. Pour un joueur qui revient après blessure et qui doit gagner des minutes en saison régulière, chaque sortie compte. Essengue a jusqu’au 19 juillet pour inverser la tendance.
Au total, neuf Français foulent les parquets cet été: Essengue, Raynaud, Beringer, Penda, Dadiet, Diawara, Tidjane Salaün (Charlotte), Nolan Traoré (Nets) et Sylvain Francisco. Une délégation moins importante que l’an dernier, où quatorze Français s’étaient partagés entre Salt Lake City, San Francisco et Las Vegas. Le seul drafté tricolore de 2026, Narcisse Ngoy (Clippers, 57e choix), est aussi présent.
Depuis qu’Hervé Dubuisson a inauguré la présence française avec les Nets en 1984 - des dizaines de Bleus sont passés par cette antichambre estivale. Certains ont décroché un contrat garanti. D’autres ont disparu. Essengue sait qu’il joue gros. Dans trois jours, il rejouera. Le parquet du Thomas & Mack sera encore à moitié vide. Personne ne filmera. Mais les scouts, eux, noteront.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (6)
« He has totaled just nine shot attempts with only two of them coming from beyond the arc. »
sports.yahoo.com ↗ ↩
« Noa Essengue, l'ailier fort des Chicago Bulls et 12e choix de la Draft NBA 2025, participe à sa deuxième Summer League en 2026 après une saison rookie écourtée par une opération à l'épaule gauche en décembre 2025. »
stats.gleague.nba.com ↗ ↩
« Il est désormais listé à 2,11 m (6'11") et devrait jouer sur plusieurs postes d'ailier. »
stats.gleague.nba.com ↗ ↩
« Cette prestation a été qualifiée de "match à oublier" et a mis en évidence un "manque de physicalité". »
trashtalk.co ↗ ↩
« Les Bulls ont perdu ce match 80 à 63. »
stats.gleague.nba.com ↗ ↩
« Bien qu'il se déclare à "environ 98%" de ses capacités physiques, il continue de travailler sur l'amplitude de mouvement de son épaule. »
basketsession.com ↗ ↩