Nogent-sur-Oise : 40 à 65 emplois menacés chez Meiser, Ruffin dénonce une délocalisation payée par l’impôt
Un PSE annoncé en mars 2026 menace l'un des derniers fabricants français de glissières de sécurité routière, racheté par un groupe allemand en 2023.
L'usine Meiser Produits de Sécurité de Nogent-sur-Oise risque de perdre entre 40 et 65 postes sur environ 86 à 100 salariés. La direction envisage de transférer la production vers l'Allemagne. François Ruffin s'est rendu sur place le 29 mai 2026 pour soutenir les grévistes.
L’essentiel
- PSE annoncé le 26 mars 2026 : entre 40 et 65 suppressions de postes envisagées sur un effectif de 86 à 100 salariés, selon le Courrier Picard et Oise Hebdo.
- Rachat en novembre 2023 : le site (ex-Aximum/Herman), fondé en 1973, a été repris par le groupe allemand Meiser.
- Grève le 28 mai 2026 : barrage filtrant, banderoles et percussions à l’entrée de l’usine ; négociations en cours avec la CFDT sur reclassement et indemnités.
- Taux de chômage à 19,2 % : à Nogent-sur-Oise en 2022 (INSEE RP2022), pour un emploi total de 5 423 personnes au lieu de travail.
- Site de 3,5 hectares : capacité de 200 tonnes par jour, spécialisé en glissières de sécurité, galvanisation à chaud et thermolaquage.
Un site industriel fondé en 1973, repris en 2023
L’usine de la Zone Industrielle de Nogent-sur-Oise tourne depuis 1973. Spécialisée dans la fabrication de glissières de sécurité routière, la galvanisation à chaud et le thermolaquage, elle dispose d’un site de 3,5 hectares avec une capacité de production de 200 tonnes par jour, selon les données publiées sur le site officiel de Meiser MPS.
Le site a changé plusieurs fois de mains. Anciennement exploité sous les enseignes Herman puis Aximum Produits de Sécurité, il a été racheté en novembre 2023 par le groupe Meiser, dont le siège est en Allemagne. Une filiale française, Meiser Produits de Sécurité (SIRET 977 654 466 00027), a alors été créée. Le Courrier Picard et Oise Hebdo présentent ce site comme l’un des derniers fabricants français de glissières de sécurité.
PSE annoncé le 26 mars, grève le 28 mai
La direction a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) le 26 mars 2026. En cause selon la direction : la concurrence des pays à bas coût et la volonté de concentrer la production en Allemagne, d’après le Courrier Picard et Evasion FM.
Le nombre de postes menacés varie selon les sources : entre 40 et 65 suppressions sur un effectif estimé à 86-100 salariés. Les négociations portent sur les conditions de reclassement et les indemnités supralégales, la CFDT étant le syndicat majoritaire sur le site, selon Oise Hebdo.
Le 28 mai 2026, les salariés ont organisé une grève et un barrage filtrant à l’entrée de l’usine, avec banderoles et percussions. Les négociations avec la direction étaient toujours en cours à cette date.
Ruffin et Ouizille sur place le 29 mai
Le lendemain, 29 mai 2026, François Ruffin (député) et Alexandre Ouizille (sénateur PS de l’Oise) ont rejoint le rassemblement devant l’usine, selon Instagram et le compte X de Ruffin.
Dans une vidéo publiée sur X, François Ruffin dénonce l’utilisation de fonds publics pour des équipements routiers désormais fabriqués à l’étranger : « C’est un scandale, c’est honteux ! Nos glissières de sécurité sur la route, payées par nos impôts, seront fabriquées en Allemagne. » Il appelle à l’adoption d’un « Buy French Act » imposant que les marchés publics financés par l’impôt favorisent la production nationale.
Dans un second message, Ruffin élargit le constat à d’autres sites en grève le même jour dans le nord de la France - Klégé et Durisotti - en évoquant un « vidage silencieux de l’industrie française ».
Contexte dans l’Oise
Nogent-sur-Oise affiche un taux de chômage de 19,2 % des 15-64 ans en 2022, selon l’INSEE (RP2022). L’emploi total au lieu de travail y était de 5 423 personnes. Dans ce contexte, la perte potentielle de 40 à 65 postes industriels qualifiés pèse lourd.
L’Oise compte plusieurs zones industrielles héritées de la métallurgie et du travail des métaux, notamment dans la vallée de l’Oise autour de Creil et Nogent. La fermeture ou la réduction d’un site comme Meiser MPS s’inscrit dans une tendance plus large de désindustrialisation qui touche l’arc nord de la région. Creil, commune voisine, cumule également des indicateurs sociaux dégradés. Par ailleurs, les aléas climatiques du printemps dans l’Oise rappellent la vulnérabilité d’un territoire où l’emploi industriel reste un amortisseur social difficile à remplacer.
L’argument du « Buy French Act » mis en avant par Ruffin renvoie à un débat réel sur les règles de la commande publique européenne, qui limitent les préférences nationales dans les appels d’offres. La question de savoir si des glissières posées sur des routes françaises financées par l’État pourraient légalement être soumises à une clause d’origine n’a pas été tranchée à ce stade.
Prochaine étape : les négociations syndicales
Les discussions entre la direction de Meiser Produits de Sécurité et les représentants CFDT se poursuivent sur les conditions du PSE. Aucune date de conclusion n’a été communiquée à ce stade. La pression politique exercée lors du rassemblement du 29 mai pourrait peser sur le calendrier et les termes des négociations.
Sources
- Courrier Picard : À Nogent-sur-Oise, un des derniers fabricants français de glissières de sécurité menacé de délocalisation
- Oise Hebdo : Nogent-sur-Oise. Les salariés de Meiser dans la tourmente
- Evasion FM : Dans l'Oise, l'un des derniers fabricants français de glissières de sécurité menacé de délocalisation
- X / @Francois_Ruffin : Tweet de François Ruffin sur Meiser Nogent-sur-Oise