Noyade en Sarthe : le préfet lance sa campagne d’été après un drame à Saint-Pavace
Le préfet Sébastien Jallet a diffusé un appel à la vigilance vendredi 24 juin, au lendemain de la mort d'un homme de 51 ans dans une zone de baignade interdite.
Face à la canicule qui a fait grimper le thermomètre à plus de 41 °C au Mans, la préfecture de la Sarthe a activé sa communication de prévention des noyades. Un rappel douloureux après le décès survenu le 23 juin à Saint-Pavace.
L’essentiel
- Drame local : Un homme de 51 ans est mort noyé le 23 juin 2026 à Saint-Pavace, dans une zone où la baignade est interdite.
- Réaction préfectorale : Le préfet de la Sarthe a diffusé un message de prévention sur les réseaux sociaux le 24 juin, au lendemain du drame.
- Bilan national : Au moins 48 décès par noyade ont été recensés par la Sécurité civile entre le 18 et le 26 juin 2026, dont 20 lors du seul week-end des 20-21 juin.
- Chiffres 2025 : Santé publique France a enregistré 1 418 noyades accidentelles l’été dernier, dont 409 mortelles (+16 % par rapport à 2024).
Le préfet de la Sarthe, Sébastien Jallet, a lancé mercredi 24 juin une campagne de prévention des noyades sur les réseaux sociaux. Ce message, accompagné d’une photo d’enfant jouant au bord de l’eau, intervient alors que la canicule touche durement le département. Au Mans, Météo-France a relevé 41 °C le 25 juin, plaçant le territoire en vigilance rouge.
Un drame local à Saint-Pavace
La campagne préfectorale n’est pas un simple message de saison. La veille, mardi 23 juin, un homme de 51 ans a perdu la vie dans la Sarthe, à Saint-Pavace, à quelques kilomètres du Mans. Selon Ouest-France, la victime se baignait dans une zone où la pratique est formellement interdite. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie.
Ce décès illustre le danger des baignades sauvages, particulièrement en période de fortes chaleurs. La rivière Sarthe, comme de nombreux cours d’eau du département, présente des courants imprévisibles et des fonds irréguliers. Les panneaux d’interdiction, pourtant visibles, sont régulièrement ignorés.
La campagne du préfet : « Ne les quittez pas des yeux »
Sur son compte X (anciennement Twitter), le préfet a publié un message sobre mais direct : « Vous tenez à eux ? NE LES QUITTEZ PAS DES YEUX ! Chaque été, les noyades sont responsables de plusieurs dizaines de décès d’enfants. »
La préfecture n’a pas précisé si des actions de terrain (patrouilles, affichage) accompagnent cette communication numérique. Contactée, elle n’avait pas répondu à nos sollicitations samedi 27 juin. Mais le message s’inscrit dans une stratégie nationale : le ministère des Sports a lancé de manière anticipée, le 5 juin 2026, sa campagne estivale de prévention, face à l’arrivée précoce des fortes chaleurs.
Un contexte national alarmant
Les chiffres nationaux donnent une dimension brutale à l’alerte locale. Selon la Sécurité civile, au moins 55 décès par noyade ont été enregistrés entre le 18 et le 26 juin. Le week-end des 20 et 21 juin a été particulièrement meurtrier, avec 20 morts. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a évoqué un « bilan provisoire accablant » lié à la canicule.
Les données de Santé publique France pour l’été 2025 confirment la tendance : 1 418 noyades accidentelles ont été comptabilisées, dont 409 suivies de décès. Soit une hausse de 16 % par rapport à l’été 2024. Près de 90 % des noyades mortelles concernaient des adultes, souvent en milieu naturel (rivières, lacs, mer).
Les actions du ministère et de VNF
Face à ces chiffres, le gouvernement a reconduit la campagne #CoulePasTonÉté, pilotée par Voies navigables de France (VNF). Elle vise à alerter sur les dangers des baignades sauvages dans les canaux et rivières. En Sarthe, les points noirs identifiés par les sapeurs-pompiers sont les zones de baignade non surveillées, notamment le long de la Sarthe entre Le Mans et Sablé-sur-Sarthe.
Contexte dans la Sarthe
Avec 566 000 habitants, la Sarthe est le quatrième département des Pays de la Loire par la population. Le Mans, sa préfecture, concentre un tiers des habitants. Le territoire est traversé par plusieurs cours d’eau (Sarthe, Huisne, Loir) qui attirent les baigneurs l’été, mais aucune baignade surveillée n’est ouverte en rivière. La seule piscine naturelle réglementée est celle du Lac de la Monnerie, à Fillé-sur-Sarthe, à une dizaine de kilomètres de Saint-Pavace.
La canicule qui a frappé le département cette semaine a accentué la tentation des baignades improvisées. Météo-France a enregistré 41 °C au Mans le 25 juin, un record pour un mois de juin dans la région. En Haute-Vienne, la vigilance orange canicule a entraîné l’interdiction du sport et de l’alcool. Des mesures comparables n’ont pas été prises en Sarthe, mais la préfecture rappelle les gestes élémentaires. Dans les Deux-Sèvres voisins, les restrictions d’eau ont été renforcées, signe de la sécheresse qui accompagne la chaleur.
Les gestes qui sauvent
La préfecture insiste sur les réflexes à adopter : ne jamais quitter un enfant des yeux près de l’eau, respecter les zones de baignade autorisées et les horaires d’ouverture des postes de secours, éviter de consommer de l’alcool avant de se baigner, et ne pas surestimer ses capacités physiques. En cas de courant, les pompiers recommandent de ne pas lutter et de se laisser porter en signalant sa position.
Pour l’heure, le décès de Saint-Pavace est le premier noyade mortelle de l’été en Sarthe. En 2025, le département avait déploré trois décès par noyade, tous en milieu naturel. La campagne du préfet Jallet pourrait être renforcée dans les prochains jours si la canicule persiste.