Noyades : Manon Aubry et LFI veulent imposer la natation à l’école
L'eurodéputée dénonce le manque de piscines et de maîtres-nageurs après le bilan de 40 morts par noyade pendant la canicule de juin.
Alors que Sébastien Lecornu a déploré 40 décès par noyade en une semaine, La France insoumise propose une loi pour généraliser l'apprentissage de la natation à l'école primaire et recruter 5 000 maîtres-nageurs.
L’essentiel
- 40 morts : le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé 40 décès par noyade entre le 18 et le 23 juin 2026, qu’il qualifie de « triste fléau ».
- 54 départements en rouge : Météo-France a placé 54 départements en vigilance rouge canicule le 23 juin.
- Proposition LFI : Mathilde Panot a déposé un texte rendant obligatoires 20 séances de natation par an à l’école primaire.
- 5 000 recrutements : le plan prévoit le recrutement de 5 000 maîtres-nageurs sauveteurs et un plan de rénovation des piscines publiques.
- Inégalités territoriales : selon l’Insee, 30 % des 10-14 ans en zone rurale ne savent pas nager, contre 15 % en zone urbaine.
Un lourd bilan dans l’urgence de la canicule
La canicule historique de juin 2026 a frappé la France avec une violence inédite. Météo-France a placé 54 départements en vigilance rouge le 23 juin, alors que les températures dépassaient les 40 °C dans plusieurs régions. Dans ce contexte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un bilan provisoire de 40 décès par noyade enregistrés entre le 18 et le 23 juin. « Un triste fléau », a-t-il déclaré lors d’une déclaration retransmise par LCP. Le chiffre a été repris par l’eurodéputée Manon Aubry sur son compte X officiel, qui s’est indignée de cette hécatombe évitable.
La majorité des noyades se sont produites dans des plans d’eau naturels ou des piscines privées, mais la question des piscines municipales fermées ou en nombre insuffisant est revenue au cœur du débat. Selon Manon Aubry, le manque d’accès à des bassins publics et la pénurie de maîtres-nageurs aggravent le risque pour les populations les plus fragiles, notamment les enfants et les familles modestes.
Une proposition de loi pour généraliser la natation
Face à ce constat, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé le dépôt d’une proposition de loi « visant à garantir l’accès effectif à l’apprentissage de la natation ». Le texte, présenté par Manon Aubry, Hadrien Clouet et Aurélie Trouvé, entend imposer 20 séances de natation par an à l’école primaire et généraliser cet enseignement à tous les niveaux scolaires. L’initiative a été relayée en exclusivité par INFO.FR.
Les députés insoumis proposent également un plan national de rénovation des piscines publiques et le recrutement de 5 000 maîtres-nageurs sauveteurs pour combler la pénurie. Le texte prévoit aussi la titularisation des maîtres-nageurs contractuels au sein de la fonction publique territoriale, une mesure saluée par les syndicats.
Contexte dans la Sarthe
Dans la Sarthe, département rural où les piscines municipales sont souvent éloignées des zones d’habitat dispersé, l’accès à l’apprentissage de la natation reste un défi. Selon l’Insee, environ 30 % des enfants de 10 à 14 ans résidant en zone rurale ne savent pas nager, contre 15 % en zone urbaine. Le SNEP-FSU, syndicat enseignant, indique que 14,5 % des collégiens français n’ont pas accès aux cours de natation. En Sarthe, ce pourcentage pourrait être plus élevé en raison de la fermeture temporaire de plusieurs bassins durant l’été 2025, faute de maîtres-nageurs. La proposition LFI pourrait donc trouver un écho particulier dans ce territoire, où les communes rurales peinent à financer l’entretien des équipements.
Un plan canicule actualisé par les insoumis
La proposition de loi s’inscrit dans un « plan canicule » actualisé que Manon Aubry, Hadrien Clouet et Aurélie Trouvé doivent présenter officiellement. L’objectif est de relier les enjeux climatiques (canicules plus fréquentes) et les politiques de prévention des noyades. « Apprendre à nager est une question de sécurité publique et d’égalité républicaine », a souligné Manon Aubry dans un communiqué.
Le texte propose aussi de créer un fonds d’urgence pour rouvrir les piscines communales fermées et d’augmenter les places en centres aquatiques durant les périodes de canicule. La formation des enseignants et des éducateurs sportifs est également évoquée pour pallier le manque de personnel qualifié.
Les réactions politiques et syndicales
Du côté du gouvernement, le Premier ministre n’a pas encore répondu directement à la proposition. Son entourage a simplement indiqué que les « circonstances exceptionnelles » appelaient des mesures structurelles, sans confirmer un calendrier. Le syndicat SNEP-FSU a salué l’initiative, tout en rappelant que la pénurie de maîtres-nageurs est chronique et qu’une loi seule ne suffira pas sans revalorisation salariale.
L’opposition de droite a critiqué « une proposition de loi démagogique » qui ne tient pas compte des finances locales. Mais les associations de parents d’élèves, comme la FCPE, ont plaidé pour un débat transpartisan dès la rentrée parlementaire de septembre 2026.
Prochaine étape : l’examen à l’Assemblée
La proposition de loi devrait être soumise à la conférence des présidents de l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines. Aucune date d’examen n’a encore été fixée. En attendant, Manon Aubry appelle à une mobilisation des citoyens pour interpeller leurs élus locaux sur l’état des piscines et le recrutement de maîtres-nageurs. « L’été prochain ne doit plus être une saison de deuil », a-t-elle déclaré.
Prochaine étape : le vote en commission des lois, probablement avant octobre 2026, pour une éventuelle adoption avant l’été 2027. Le texte pourrait être enrichi d’amendements, notamment sur le volet territorial.