Oignon de Roscoff : la demande européenne tient, les agriculteurs misent sur l’irrigation

La filière AOP du Finistère fait face à la sécheresse récurrente en investissant dans de nouveaux équipements d'arrosage.

Oignon de Roscoff : la demande européenne tient, les agriculteurs misent sur l’irrigation
Illustration Yann Le Goff / info.fr

La demande européenne pour l'oignon rosé de Roscoff reste soutenue, mais la sécheresse fragilise chaque saison les rendements. Les producteurs du Finistère s'organisent, aidés par plusieurs dispositifs publics d'investissement ouverts jusqu'à fin 2026.

L’oignon de Roscoff - AOP depuis 2009 - ne produit plus les volumes d’antan. Selon le syndicat de l’appellation, la production tourne aujourd’hui autour de 1 500 tonnes annuelles, contre 15 000 à 20 000 tonnes dans les années 1960. L’histoire est pourtant glorieuse : au XIXe et début du XXe siècle, les célèbres Johnnies exportaient jusqu’à 9 000 tonnes vers la Grande-Bretagne, selon Wikipédia et le site de l’AOP. Le déclin s’est amorcé après les crises des années 1930 et les guerres mondiales.

Une sécheresse qui creuse les écarts entre parcelles

La sécheresse de 2022 a mis en lumière la fragilité de la filière. Selon Ouest-France, les récoltes variaient cette année-là du simple au double selon les parcelles, en fonction de leur capacité de rétention d’eau. Un écart qui pénalise directement les exploitants les moins bien équipés.

Face à cette vulnérabilité, plusieurs dispositifs publics sont aujourd’hui mobilisables. La Région Bretagne a ouvert son programme AGRI Invest 2025-2026 jusqu’au 31 juillet 2026. FranceAgriMer propose, lui, une aide couvrant jusqu’à 30 % des dépenses (entre 2 000 et 40 000 euros HT) pour des systèmes comme le goutte-à-goutte, ouverte jusqu’au 31 décembre 2026. Le dispositif FEADER (Europe) monte jusqu’à 40 % pour les investissements en irrigation moderne.

Un marché européen porteur malgré les incertitudes

Publicité

Du côté des débouchés, le contexte est favorable. Les exportations agri-alimentaires de l’Union européenne ont atteint 219,2 milliards d’euros de janvier à novembre 2025, en hausse de 1 % par rapport à 2024, selon la Commission européenne. La récolte européenne d’oignons 2025 a atteint un record, avec près de 448 000 tonnes exportées, d’après FreshPlaza. Mais la même source signale des inquiétudes persistantes sur le Fusarium et la réduction des moyens phytosanitaires disponibles.

Prince de Bretagne, principal opérateur de la filière, produit environ 2 000 tonnes d’oignons de Roscoff AOP et 2 500 tonnes d’oignons rosés de Bretagne par an - moins de 1 % de la production nationale totale d’oignons, selon FreshPlaza. La filière reste donc confidentielle en volume, mais tient sa valeur par l’image et la notoriété de l’AOP.

Le syndicat et la Confrérie de l’AOP Oignon de Roscoff étaient présents au Salon International de l’Agriculture à Paris du 21 février au 1er mars 2026, selon Le Télégramme, pour promouvoir la filière auprès du grand public et des acheteurs professionnels.

Prochaine étape : les dossiers de demande d’aide AGRI Invest Bretagne peuvent être déposés jusqu’au 31 juillet 2026, et ceux de FranceAgriMer jusqu’au 31 décembre 2026. Les producteurs intéressés peuvent se rapprocher des chambres d’agriculture du Finistère.

Sources

Yann Le Goff

Yann Le Goff

Installé à Quimper, couvre la pêche, l'agroalimentaire breton, les tensions sur la langue bretonne et les fermetures de lignes ferroviaires. Diplômé de Sciences Po Rennes, il a travaillé en radio locale avant de rejoindre la rédaction web. Posture : connaître les armateurs, les coopératives laitières, les associations culturelles, vérifier chaque subvention publique avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie