Oise : le CIDFF de Beauvais en liquidation, le préfet garantit la continuité
L'association d'aide aux femmes de l'Oise a demandé sa liquidation le 19 mai 2026, laissant 14 salariés sans emploi. Le préfet Jean-Marie Caillaud assure le relais via d'autres structures.
Le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles de l'Oise a fermé ses portes après quarante ans d'existence. Créé en 1982, le CIDFF de Beauvais a demandé sa liquidation judiciaire le 19 mai 2026. Le préfet Jean-Marie Caillaud assure que les missions seront reprises par d'autres opérateurs départementaux.
L’essentiel
- Liquidation demandée le 19 mai 2026 : le CIDFF de l’Oise, basé à Beauvais, a déposé une demande de mise en liquidation judiciaire pour cessation de paiements.
- 14 salariés concernés : la fermeture de l’association touche directement quatorze employés, selon le Courrier Picard et Oise Hebdo.
- Association fondée en 1982 : le CIDFF de l’Oise (SIREN 418435814) était actif depuis plus de quarante ans dans le département.
- Continuité assurée : le préfet Jean-Marie Caillaud indique que France Victimes 60 et les maisons de justice et du droit (MJD) prendront le relais des missions.
Une cessation de paiements au bout d’un long processus
Le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles de l’Oise (CIDFF 60) a déposé une demande de mise en liquidation judiciaire le 19 mai 2026. Le siège de l’association était établi au 25 rue Maurice Segonds à Beauvais. La décision intervient après une situation de cessation de paiements, rapporte le Courrier Picard.
Ce n’est pas la première difficulté financière de la structure. Toujours selon le Courrier Picard, l’association avait déjà bénéficié d’un plan d’apurement antérieur avant d’atteindre ce stade. Les données disponibles sur Pappers et Societe.com confirment un antécédent de jugement de plan de redressement judiciaire enregistré au RCS de Beauvais. Le redressement n’aura pas suffi.
14 salariés se retrouvent sans emploi à la suite de la fermeture, selon les informations concordantes du Courrier Picard et d’Oise Hebdo. Les raisons précises de l’aggravation financière n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.
Quarante ans de missions dans le département
Créée en 1982, l’association loi 1901 couvrait l’ensemble du département de l’Oise. Elle proposait des permanences d’information juridique gratuite, un accompagnement vers l’emploi, un soutien à la création d’entreprise et, surtout, un dispositif de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, selon les informations disponibles sur le site du CIDFF de l’Oise.
Sa disparition prive le territoire d’un interlocuteur historique pour les femmes victimes de violences conjugales. Actu.fr qualifie la situation de « recul préoccupant » pour l’accès aux droits dans le département.
Le préfet mobilise les structures existantes
Le préfet de l’Oise, Jean-Marie Caillaud, a pris la parole pour rassurer sur la continuité des services. Selon Oise Hebdo et Actu.fr, il assure que les missions portées par le CIDFF seront reprises par d’autres opérateurs départementaux déjà en place.
Deux structures sont explicitement mentionnées : France Victimes 60 et les maisons de justice et du droit (MJD). Ces organismes sont présentés comme capables d’absorber l’accompagnement des victimes de violences et l’information juridique de premier niveau.
La préfecture a communiqué sur X pour rappeler la mobilisation des structures alternatives. Oise Hebdo a relayé la même information.
La question reste ouverte sur la capacité réelle de ces structures à absorber le volume d’activité du CIDFF, notamment les permanences décentralisées sur l’ensemble du 60. La préfecture n’a pas précisé les modalités concrètes de transfert des missions ni les moyens financiers mobilisés.
Contexte dans l’Oise
L’Oise est un département de près de 830 000 habitants, avec Beauvais comme préfecture. Le réseau associatif d’aide aux femmes victimes de violences y repose sur plusieurs opérateurs, dont certains sont financés par l’État et le conseil départemental. La disparition du CIDFF 60, seul centre de son type dans le département affilié à la Fédération nationale des CIDFF, crée un vide dans ce maillage.
À l’échelle nationale, les CIDFF constituent le premier réseau d’accès au droit pour les femmes. Plusieurs centres locaux ont connu des difficultés financières ces dernières années, notamment sous l’effet de la réforme des subventions associatives et de la concurrence entre opérateurs lors des appels à projets. Dans l’Oise, des situations similaires de fragilité associative ont conduit à des reconfigurations du tissu local sur d’autres sujets d’intérêt public.
Les violences conjugales restent une préoccupation constante dans le département, comme dans le reste de la région Hauts-de-France. Le rôle de structures comme France Victimes 60 dans le relais des missions sera scruté dans les prochains mois. La question du financement pérenne de l’accompagnement des victimes illustre une tension plus large entre associations spécialisées et opérateurs généralistes, observable dans d’autres territoires - comme en témoigne, dans un registre différent, la mobilisation citoyenne autour des services publics dans l’Aisne voisine.
Quelles garanties concrètes pour les usagères ?
Pour les femmes qui avaient recours au CIDFF - permanences juridiques, suivi des démarches, orientation vers l’hébergement d’urgence - la transition vers d’autres structures implique des changements pratiques. Les horaires, les lieux d’accueil et les compétences des nouveaux interlocuteurs n’ont pas encore été détaillés publiquement par la préfecture.
La Gazette France indique que le centre « continuera sous une nouvelle forme », sans que les contours de cette nouvelle organisation soient précisés à ce jour. Le programme concret de reprise des missions reste à confirmer.
Les 14 salariés du CIDFF, eux, ne bénéficieront d’aucune continuité automatique : leur devenir professionnel dépend des procédures de liquidation en cours et d’éventuelles reprises de contrats par les structures successeuses, ce qui n’a pas été annoncé.
Sources
- Courrier Picard : L'État prêt à assurer une partie des missions du centre d'information sur les droits
- Oise Hebdo : Femmes victimes de violences : le centre d'information de l'Oise en liquidation, mais la continuité des services est assurée
- Actu.fr : Une association d'aide aux femmes victimes de violences conjugales va disparaître dans l'Oise, un recul préoccupant
- Courrier Picard : Le CIDFF en cessation de paiements, 14 salariés sur le carreau