Gièvres : un élu condamné pour harcèlement, il va perdre son mandat
L’essentiel
- Condamnation : Benjamin Guillon, 37 ans, déclaré coupable de harcèlement sur son ex-compagne (septembre 2025 - janvier 2026) par le tribunal correctionnel de Blois le 9 juin 2026.
- Peine : 12 mois de prison avec sursis probatoire de 2 ans et 3 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
- Conséquence électorale : Le préfet de Loir-et-Cher devrait le déclarer démissionnaire d’office du conseil municipal de Gièvres en application de l’article L236 du code électoral, même en cas d’appel.
- Parcours : Ancien délégué départemental du Rassemblement national en Loir-et-Cher, écarté du parti le 14 février 2026, il avait obtenu deux sièges au conseil municipal lors des élections de mars 2026.
Ce qui s’est passé mardi à Blois
Le tribunal correctionnel de Blois a rendu son jugement le 9 juin 2026. Benjamin Guillon, conseiller municipal sans étiquette de Gièvres, a été reconnu coupable de harcèlement sur son ex-compagne. Les faits couvrent une période de quatre mois, de septembre 2025 à janvier 2026, selon La Nouvelle République qui a suivi l’audience.
La peine est double : 12 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire de 2 ans, et 3 ans d’inéligibilité. C’est cette seconde sanction, assortie de l’exécution provisoire, qui entraîne des conséquences immédiates sur son mandat d’élu.
La perte du mandat : une procédure quasi automatique
L’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité change la mécanique habituelle. En l’absence de cette mention, un condamné peut conserver son siège le temps d’un appel. Ici, ce n’est pas le cas.
L’article L236 du code électoral prévoit que tout élu frappé d’une inéligibilité peut être déclaré démissionnaire d’office par le préfet. Selon La Nouvelle République, le préfet de Loir-et-Cher devrait enclencher cette procédure, même si Benjamin Guillon dépose un appel dans les dix jours suivant le jugement. La préfecture n’avait pas encore communiqué officiellement sur le calendrier précis au moment de la publication de l’article.
Un parcours politique agité avant la condamnation
Benjamin Guillon, 37 ans, n’est pas un inconnu dans le paysage politique local. Il était délégué départemental du Rassemblement national en Loir-et-Cher avant que le parti ne mette fin à ses fonctions le 14 février 2026, selon La Nouvelle République.
Quelques semaines plus tard, il se présentait néanmoins aux élections municipales de mars 2026 à Gièvres, en tête d’une liste sans étiquette baptisée « Gièvres en confiance, pour de bon ». La liste est arrivée troisième avec environ 21 % des voix au second tour, obtenant deux sièges au conseil municipal. C’est à ce titre que Guillon siégeait dans l’opposition face au maire Michel Carré, élu en mars 2026.
Les faits de harcèlement retenus par le tribunal sont donc postérieurs à la fois à son éviction du RN et à son élection municipale.
Contexte dans le Loir-et-Cher
Gièvres est une commune rurale d’environ 2 290 habitants (données INSEE), située dans le sud du Loir-et-Cher, à une vingtaine de kilomètres de Romorantin-Lanthenay. Le territoire est marqué par un tissu de petites communes où les élus municipaux jouent un rôle de proximité important.
La condamnation d’un conseiller municipal pour une infraction commise pendant l’exercice de son mandat reste un fait notable dans le département. Le mécanisme de démission d’office prévu par le code électoral a déjà été appliqué dans d’autres communes françaises, mais il demeure rare à l’échelle d’un territoire comme le Loir-et-Cher. Les affaires judiciaires impliquant des individus en situation d’autorité ou de responsabilité illustrent, selon les magistrats, la nécessité de sanctions adaptées au statut des condamnés.
L’affaire intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques nationales, dont le RN, ont renforcé leurs procédures internes de contrôle de leurs cadres locaux. L’éviction de Guillon du parti en février 2026, plusieurs semaines avant le jugement, témoigne de cette évolution. Le traitement judiciaire rapide de ce type d’affaire - moins d’un an entre les premières infractions présumées et le jugement - est à noter.
Prochaine étape : la préfecture et l’éventuel appel
Benjamin Guillon dispose de dix jours à compter du jugement pour interjeter appel. Mais l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité rend cet appel sans effet suspensif sur la procédure préfectorale de démission d’office, selon La Nouvelle République. Le siège laissé vacant au conseil municipal de Gièvres serait alors pourvu selon les règles habituelles de remplacement des élus.
La préfecture de Loir-et-Cher n’avait pas encore formalisé sa décision à la date de publication. La notification officielle devrait intervenir dans les prochains jours.