Oise : la préfecture déploie des drones contre les baignades interdites
Deux drones survoleront les zones de baignade interdite de l'Oise jusqu'au 1er octobre 2026, après une noyade mortelle en juin
Le préfet de l'Oise a autorisé par arrêté l'utilisation de deux drones par la gendarmerie pour surveiller les zones de baignade interdite. Une mesure prise après la noyade d'un jeune homme de 20 ans en juin, en pleine période de fortes chaleurs.
L’essentiel
- Deux drones de surveillance équipés de caméras autorisés par arrêté préfectoral, du 6 juillet au 1er octobre 2026.
- Une noyade a précédé la décision : un jeune homme de 20 ans, Kelyann Colette, est mort le 16 juin 2026 dans l’Aisne à Choisy-au-Bac.
- Plusieurs sites ciblés : étangs de Commelles et de Toutevoie à Gouvieux, base nautique de Saint-Leu-d’Esserent, berges de l’Oise à Morlincourt et Appilly.
- Six massifs forestiers concernés : Compiègne, Chantilly, Halatte, Ermenonville, Laigue et Hetz-Froidmont.
La préfecture de l’Oise a autorisé la gendarmerie à utiliser deux drones équipés de caméras pour surveiller les zones de baignade interdite du département. L’arrêté, publié dans le recueil des actes administratifs du 3 juillet 2026, couvre la période du 6 juillet au 1er octobre 2026, selon la préfecture de l’Oise.
Ce que prévoit l’arrêté préfectoral
Le texte autorise la captation, l’enregistrement et la transmission d’images par des caméras installées sur des aéronefs. Concrètement, les militaires de la gendarmerie nationale pourront survoler les secteurs jugés dangereux pour repérer les baigneurs présents malgré l’interdiction. L’objectif affiché est la prévention des noyades, particulièrement fréquentes lors des épisodes de fortes chaleurs.
Le préfet de l’Oise, Jean-Marie Caillaud, a signé cette autorisation dans un contexte où les gendarmes constatent chaque été un afflux de baigneurs sur des sites non surveillés, souvent d’anciennes gravières ou des berges de cours d’eau où les courants et la profondeur varient brutalement.
Un déploiement après un drame
Cette décision fait suite à la noyade d’un jeune homme de 20 ans, Kelyann Colette, décédé le 16 juin 2026 dans l’Aisne à Choisy-au-Bac, selon Oise Hebdo. L’accident s’est produit dans un secteur régulièrement fréquenté malgré les panneaux d’interdiction, selon les informations rapportées par l’AAMFG.
Sur X, le média local Oisehebdo a annoncé la mesure préfectorale :
Les zones sous surveillance aérienne
Le dispositif cible en priorité les sites identifiés comme dangereux par les autorités. Selon l’AAMFG, sont concernés les étangs de Commelles et de Toutevoie à Gouvieux, la base nautique de Saint-Leu-d’Esserent, les berges de l’Oise à Morlincourt et Appilly, ainsi que le bassin des Muids et les berges de l’Aisne à Choisy-au-Bac.
Les drones survoleront aussi les massifs forestiers de Compiègne, Chantilly, Halatte, Ermenonville, Laigue et Hetz-Froidmont, où se trouvent plusieurs plans d’eau prisés en période de canicule. Ces forêts font partie des zones surveillées en période de forte chaleur dans plusieurs départements franciliens et picards cet été.
Contexte dans l’Oise
Le département de l’Oise compte plusieurs cours d’eau majeurs, l’Oise et l’Aisne, ainsi que de nombreuses anciennes gravières transformées en plans d’eau, notamment dans le sud du département autour de Gouvieux et Chantilly. Ces sites, souvent non aménagés pour la baignade, sont régulièrement à l’origine d’interventions des secours pendant les vacances scolaires et les vagues de chaleur.
D’autres préfectures ont pris des mesures comparables cet été pour encadrer les usages estivaux sensibles : dans les Pyrénées-Orientales, le préfet a interdit les feux d’artifice face au risque d’incendie, tandis qu’en Sarthe, le préfet avait salué le dispositif de sécurité mis en place lors du Mans Classic. Dans l’Oise, c’est la sécurité des baigneurs qui motive ce recours à la surveillance par drone, un outil encore peu utilisé pour ce type de mission dans le département.
La préfecture n’a pas communiqué, à ce stade, sur le nombre de survols prévus ni sur les modalités précises de signalement en cas de détection d’un baigneur en zone interdite.
Sources
- Préfecture de l'Oise : Arrêtés autorisant la captation, l'enregistrement et la transmission d'images au moyen de caméras installées sur des aéronefs
- Préfecture de l'Oise : Recueil des actes administratifs - supplément du 3 juillet 2026
- AAMFG : Les gendarmes déploient des drones au-dessus des zones de baignade interdite
- Oise Hebdo : Le préfet de l'Oise annonce le déploiement de drones