Pyrénées-Orientales : le préfet interdit les feux d’artifice, Perpignan annule le sien
Après l'incendie de Trévillach, qui a parcouru près de 4 900 hectares, le préfet a interdit les tirs jusqu'au 16 juillet
Le préfet des Pyrénées-Orientales a interdit les feux d'artifice dans la quasi-totalité du département jusqu'au 16 juillet 2026. À Perpignan, le maire Louis Aliot a annulé le spectacle du 13 juillet, reporté au 28 novembre.
L’essentiel
- Arrêté préfectoral : la préfecture des Pyrénées-Orientales a interdit les feux d’artifice ce week-end à l’occasion du 14 juillet, sauf en Cerdagne et Capcir.
- Incendie de Trévillach : déclenché le 4 juillet 2026, le feu a parcouru environ 4 900 hectares.
- Perpignan : le feu d’artifice du 13 juillet est annulé et reporté au 28 novembre 2026, pour l’ouverture des festivités de Noël.
- Moyens engagés : plus de 450 sapeurs-pompiers et 170 gendarmes restent déployés sur le terrain.
- Communes évacuées : 27 communes ont été évacuées, dont 15 restaient sous surveillance au soir du 8 juillet.
Un arrêté préfectoral pour couper court aux festivités pyrotechniques
Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a pris le 8 juillet 2026 un arrêté interdisant les feux d’artifice sur la quasi-totalité du département, jusqu’au 16 juillet 2026. Seuls les secteurs de Cerdagne et du Capcir échappent à cette mesure, selon la préfecture. La décision vise directement les traditionnels feux du 13 et du 14 juillet, habituellement organisés par les communes à l’occasion de la fête nationale.
Sur X, le préfet a appelé les communes du département « à renoncer par décence et civisme aux feux d’artifice du 14 juillet », comme l’a relayé le média local @LIndep_perpi.
La formulation est claire : il ne s’agit pas d’une simple recommandation logistique liée au risque d’incendie, mais d’un appel à la solidarité envers les sinistrés et les personnels engagés sur le terrain depuis plusieurs jours.
Perpignan renonce à son feu du 13 juillet
Perpignan annule le feu d’artifice du 13 juillet, selon la mairie de Perpignan et Info Occitanie. La décision s’inscrit dans le prolongement de l’arrêté préfectoral, mais la municipalité l’a également présentée comme un geste de considération envers les pompiers mobilisés et les habitants évacués depuis le début de l’incendie de Trévillach.
Le spectacle n’est pas supprimé mais reporté : la mairie a fixé une nouvelle date au samedi 28 novembre 2026, pour marquer le lancement des festivités de Noël dans la ville. Le choix illustre une volonté de maintenir le rendez-vous populaire tout en s’alignant sur le contexte de crise que traverse le département.
Un incendie toujours sous surveillance
L’incendie de Trévillach a débuté le 4 juillet 2026. En quelques jours, il a parcouru environ 4 900 hectares de végétation, un des sinistres les plus étendus qu’ait connus le département ces dernières années. Au soir du 8 juillet, 27 communes avaient été évacuées à un moment ou à un autre du sinistre, et 15 restaient encore sous surveillance et restrictions d’accès, selon la préfecture.
Plus de 450 sapeurs-pompiers et 170 gendarmes demeuraient déployés sur le terrain pour sécuriser les zones touchées et surveiller les points sensibles. Des renforts sont venus d’autres départements, à l’image de neuf pompiers de l’Oise envoyés en renfort. Les conditions météorologiques n’ont pas facilité le travail des secours : des températures élevées et des rafales de vent atteignant 50 km/h ont provoqué six reprises de feu le 8 juillet, notamment sur les communes de Tarerach et de Vinça, selon la préfecture.
Ce feu s’inscrit dans une séquence plus large de sinistres dans la région transfrontalière. Des incendies simultanés ont également frappé la Catalogne espagnole ces derniers jours, au point que l’armée espagnole a été appelée en renfort, tandis que Gérone et Castellón ont connu leurs propres évacuations.
D’autres communes du département suivent le mouvement
Perpignan n’est pas la seule commune à renoncer à son feu d’artifice. Argelès-sur-Mer et Le Boulou ont également annulé ou reporté leurs spectacles pyrotechniques prévus en juillet, selon le site ouillade.eu. Cette démarche collective traduit une prise en compte partagée du risque d’incendie, mais aussi une forme de retenue face à l’ampleur du sinistre de Trévillach, qui a mobilisé une part importante des moyens de secours du département.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Les Pyrénées-Orientales connaissent régulièrement des épisodes de sécheresse et des risques d’incendie élevés en période estivale, en raison de leur climat méditerranéen et du relief accidenté qui complique l’accès des secours à certaines zones. L’incendie de Trévillach, par son étendue de près de 4 900 hectares, figure parmi les sinistres marquants de cette saison dans le département. Perpignan, préfecture du département et ville la plus peuplée des Pyrénées-Orientales, concentre une part importante de la vie institutionnelle et festive locale, ce qui donne un poids symbolique particulier à l’annulation de son feu du 14 juillet. La décision du préfet et celle du maire de Perpignan s’inscrivent dans un climat régional tendu, avec des feux simultanés côté espagnol qui rappellent la vulnérabilité commune de ce territoire transfrontalier aux incendies estivaux.
Prochaine étape
Le feu d’artifice de Perpignan est désormais programmé pour le samedi 28 novembre 2026, à l’occasion du lancement des festivités de fin d’année. D’ici là, l’arrêté préfectoral d’interdiction reste en vigueur jusqu’au 16 juillet, le temps de confirmer que l’incendie de Trévillach est totalement maîtrisé.
Sources
- Préfecture des Pyrénées-Orientales : Incendie de Trévillach - Point de situation n°15
- Info Occitanie : Perpignan : la mairie annule le feu d'artifice du 13 juillet
- Préfecture des Pyrénées-Orientales : Incendie de Trévillach - Point de situation n°7
- @LIndep_perpi : Le préfet appelle à renoncer aux feux d'artifice du 14 juillet