Olly Robbins poursuit Keir Starmer pour licenciement abusif
L'ancien chef du Foreign Office conteste en justice son renvoi après le scandale d'habilitation de Peter Mandelson, accusant le Premier ministre d'avoir outrepassé ses pouvoirs
Sir Olly Robbins, limogé en avril dernier du Foreign Office, a saisi la justice britannique ce 13 juillet pour licenciement abusif. Il accuse Keir Starmer de l'avoir sacrifié dans l'affaire Mandelson, où des alertes de sécurité avaient été ignorées pour nommer l'ancien ministre ambassadeur aux États-Unis.
L’essentiel
- Action judiciaire : Olly Robbins a lancé un recours en justice contre Keir Starmer le 13 juillet 2026
- Licenciement contesté : Robbins avait été limogé en avril 2026 après le scandale Mandelson
- Soutien syndical : Le syndicat FDA des hauts fonctionnaires appuie le recours, contestant l’autorité du Premier ministre
- Enjeu institutionnel : L’affaire risque de provoquer une crise majeure entre gouvernement et haute fonction publique
L’ancien chef de la diplomatie britannique contre-attaque
Sir Olly Robbins, qui dirigeait le Foreign Office jusqu’en avril dernier, a engagé ce dimanche des poursuites judiciaires contre le Premier ministre Keir Starmer pour contester son licenciement. Selon The Guardian, l’ancien secrétaire permanent affirme que le chef du gouvernement travailliste n’avait aucune autorité statutaire pour le révoquer et dénonce l’absence totale de procédure équitable lors de son renvoi.
L’affaire trouve son origine dans la nomination controversée de Peter Mandelson a été ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis. Robbins avait été limogé après que Starmer eut appris que les services de sécurité britanniques (UKSV) avaient émis des recommandations négatives sur l’habilitation de Mandelson, mais que ces alertes ne lui avaient pas été transmises.
Le scandale Mandelson au cœur du litige
Selon The Independent, Keir Starmer reprochait à Olly Robbins de ne pas l’avoir informé que les services de sécurité avaient recommandé de refuser l’habilitation de Peter Mandelson. Mais le syndicat FDA, qui soutient Robbins dans son recours, retourne l’argument : le haut fonctionnaire avait au contraire respecté les règles de sécurité nationale, qui lui interdisaient de divulguer les détails des évaluations de sécurité aux ministres.
Avant son limogeage, Robbins avait témoigné devant les députés britanniques avoir subi des pressions constantes pour accélérer la prise de poste de Mandelson sans attendre l’habilitation habituelle. The Guardian rapporte que cette déclaration avait mis en lumière les tensions entre Downing Street et le Foreign Office sur le traitement de ce dossier sensible.
Une procédure qualifiée d’irrationnelle
Dans son recours juridique, Olly Robbins qualifie d’irrationnels les motifs invoqués pour son renvoi. Le syndicat FDA affirme que le licenciement repose sur une grave incompréhension des règles de sécurité nationale par le gouvernement. Selon ces règles, Robbins avait non seulement le droit, mais l’obligation de ne pas divulguer les évaluations détaillées des services de sécurité.
L’ancien haut fonctionnaire conteste également la légitimité même du Premier ministre à prendre une telle décision. Le poste de secrétaire permanent du Foreign Office relève traditionnellement de la fonction publique britannique, dont les nominations et révocations suivent des procédures administratives précises, distinctes du pouvoir politique direct.
Contexte au Royaume-Uni
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement travailliste de Keir Starmer, arrivé au pouvoir lors des élections législatives de 2024, et la haute fonction publique britannique. Le Foreign Office, installé à Whitehall dans le centre de Londres, emploie plusieurs milliers de diplomates et fonctionnaires chargés de la politique étrangère du Royaume-Uni.
L’ancien secrétaire du Cabinet Gus O’Donnell n’a pas été cité par Civil Service World avertissant que ce limogeage risquait de provoquer une crise grave dans les relations entre ministres et hauts fonctionnaires. Une telle rupture de confiance pourrait fragiliser le fonctionnement de l’appareil d’État britannique à un moment où le pays négocie sa position post-Brexit face aux États-Unis et à l’Union européenne.
Les implications pour la France
Pour Paris, cette crise institutionnelle britannique survient alors que les relations franco-britanniques traversent une phase de reconstruction après les tensions du Brexit. La nomination d’un ambassadeur aux États-Unis est scrutée de près par les chancelleries européennes, Washington restant un partenaire clé dans les dossiers de sécurité transatlantique et de défense.
La controverse autour de Peter Mandelson, figure controversée de la politique britannique et ancien commissaire européen au commerce, rappelle les difficultés du Royaume-Uni à définir sa place entre Europe et États-Unis. Si Robbins obtient gain de cause devant les tribunaux, cela pourrait affaiblir considérablement Starmer et compliquer la conduite de la diplomatie britannique.
Prochaine étape
Le recours juridique d’Olly Robbins devra être examiné par les tribunaux britanniques dans les semaines à venir. L’issue de cette procédure pourrait redéfinir les limites du pouvoir politique sur la haute fonction publique au Royaume-Uni et déterminer si un Premier ministre peut limoger directement un secrétaire permanent sans respecter les procédures administratives établies.