OM : enquête sur Malang Sarr et ventes massives obligatoires pour survivre
Objectif 80 millions d'euros de ventes d'ici juin 2027, déficit de 105 millions et masse salariale à couper de 40 % Marseille entame un mercato de survie
L'Olympique de Marseille doit générer 80 millions d'euros de ventes d'ici juin 2027 après un déficit record de 105 millions. La DNCG exige une baisse de 40 % de la masse salariale.
- L'OM doit vendre pour 80 millions d'euros d'ici juin 2027 après un déficit record de 105 millions.
- Mason Greenwood vendu 45 M€, mais seulement 27 M€ nets perçus car l'OM ne détenait que 60 % des droits.
- Balerdi (18-25 M€), Højbjerg (15-20 M€), Aubameyang (1,5 M€) et Timber (25 M€) sur le marché des transferts.
- La DNCG exige une réduction de 40 % de la masse salariale, de 160 M€ à moins de 100 M€.
- Malang Sarr, défenseur libre de 27 ans, ciblé pour remplacer les cadres vendus sans grever les finances.
L’Olympique de Marseille traverse la crise financière la plus dure de son histoire récente. Le club phocéen a enregistré un déficit record de 105 millions d’euros pour l’exercice 2025, avec des pertes cumulées de 157 millions sur trois ans. Le 17 juin 2026 - l’UEFA a infligé une amende de 10 millions d’euros pour non-respect du fair-play financier, assortie d’une menace d’exclusion des compétitions européennes avec sursis. Neuf jours plus tard, le 26 juin - la DNCG a enfoncé le clou: encadrement strict de la masse salariale, réduction exigée à moins de 100 millions - et interdiction de tout recrutement.
Face à cette situation, Marseille et le gendarme financier du foot français se sont accordés sur un montant de ventes de 80 millions d’euros à effectuer avant juin 2027. Stéphane Richard et Grégory Lorenzi - nommé fin mai 2026 - ont pour mission de remodeler l’effectif et de réaliser des ventes significatives. Frank McCourt ne semble plus disposé à injecter des capitaux, il avait apporté 30 millions en urgence pour éviter des mesures plus lourdes, obligeant le club à s’autofinancer. Près de 120 millions de passif pèsent sur l’exercice 2025-2026.
Greenwood vendu, mais une plus-value rognée
La direction olympienne doit désormais dégager entre 50 et 60 millions d’euros de plus-values sur les ventes de joueurs cet été. Premier coup: Mason Greenwood a été transféré à Fenerbahçe pour 45 millions d’euros. Sauf que l’OM ne détenait que 60 % des droits et ne percevra donc que 27 millions nets. Greenwood était un élément clé de l’équipe, avec 26 buts et 11 passes décisives en 38 apparitions. Son départ laisse un vide sportif, mais il ne suffit pas à combler le trou financier. Aucune source consultée ne précise les clauses de départ ni les indemnités restant dues par l’OM.
Dans un scénario idéal, la direction souhaite débloquer minimum trois « grosses » ventes. Le problème: 80 % du volume de ventes espéré repose sur quelques joueurs. Geronimo Rulli a déjà été vendu à Boca Juniors pour 9 millions. Plusieurs cadres sont désormais sur le marché, et le besoin de ventes est tel que certains estiment que « tous les joueurs sont potentiellement sur le marché ».
Balerdi, Højbjerg, Aubameyang: la liste des sacrifiés
Leonardo Balerdi est sur le marché des transferts, avec une estimation comprise entre 18 et 25 millions d’euros. Pierre-Emile Højbjerg est également à vendre, évalué entre 15 et 20 millions - et son départ permettrait d’économiser 6,3 millions sur la masse salariale annuelle. Pierre-Emerick Aubameyang est aussi listé pour un départ, avec une valeur estimée à 1,5 million.
Quinten Timber: la plus-value qui interroge
Quinten Timber, arrivé en janvier 2026 pour 4,5 millions d’euros - est désormais valorisé à 25 millions et suscite l’intérêt de clubs étrangers, offrant une plus-value potentielle de 20,5 millions. Cette opération illustre la nouvelle doctrine de la direction: acquérir des joueurs à bas prix, souvent lors du mercato hivernal, les valoriser rapidement via des performances en Ligue 1 ou en Coupe d’Europe, puis les revendre avec une marge confortable. Mais ce modèle court-termiste expose le club à une instabilité sportive chronique: chaque fenêtre de transfert devient une loterie, et la construction d’un collectif cohérent est sacrifiée sur l’autel des comptes.
Malang Sarr: un défenseur libre pour remplacer les cadres vendus
Concernant Malang Sarr - l’OM s’intéresse à ce défenseur central, qui est désormais libre de tout contrat après la fin de son engagement avec le RC Lens. Une arrivée à coût zéro qui permettrait de compenser numériquement les départs sans grever les finances. Mehdi Benatia continue d’œuvrer pour le club en mettant son réseau à disposition pour faciliter les ventes de joueurs comme Greenwood, Amine Gouiri, Balerdi et Højbjerg.
Reconstruction forcée par le centre de formation
Pour reconstruire, l’OM devra compter sur ses jeunes pousses. Le centre de formation marseillais a récemment vu éclore des talents, mais leur intégration dans un effectif privé de cadres sera périlleuse. Bruno Genesio devra trouver un équilibre entre résultats immédiats et développement des jeunes, alors que le club n’a plus les moyens de recruter des joueurs confirmés. Une gageure sportive qui s’ajoute aux contraintes financières.
Un « mercato de survie » qui hypothèque l’avenir
Cette contrainte force l’OM à un « mercato de survie ». Bruno Genesio devra s’appuyer sur un effectif potentiellement démantelé et le centre de formation. Cette démarche vise à assainir les comptes avant de pouvoir envisager un renforcement de l’effectif, mais elle hypothèque la compétitivité sportive à court terme. On se souvient qu’en 2019, l’Olympique Lyonnais avait dû réduire sa masse salariale sous la pression de l’UEFA, mais jamais avec une telle contrainte de montant et de délai. Pour mémoire, parmi les plus grosses ventes de l’histoire du club figurent Michy Batshuayi, cédé 39 millions d’euros à Chelsea en 2016 - et Didier Drogba, transféré pour 38,5 millions en 2004. Sur une période de dix ans jusqu’en 2017, l’OM avait généré 229 millions d’euros de cessions.
Ce que personne ne dit
Ce bradage massif révèle une mécanique perverse: l’OM a dépensé 105 millions de plus que ses revenus en un an, puis se voit contraint de vendre ses meilleurs joueurs à des prix cassés pour éviter l’exclusion européenne. Résultat: le club génère 27 millions nets sur Greenwood au lieu de 45 - économise 6,3 millions de masse salariale en vendant Højbjerg mais perd un cadre, et recrute des joueurs libres comme Sarr pour boucher les trous. Cette stratégie de pompier transforme l’OM en vendeur contraint sur un marché qui le sait. Les clubs acheteurs ont tout le temps: Marseille, lui, a une date limite, juin 2027, et un montant plancher, 80 millions. Difficile de négocier dans ces conditions.
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Sources
- RMC Sport - OM : un objectif de ventes chiffré
- Le Phocéen - Mercato OM : la piste Malang Sarr se confirme
- Maxifoot - Mercato OM
- Foot Marseille - Dix départs déjà programmés à l'OM
- Le 10 Sport - Mercato OM : un premier transfert déjà bouclé
- Eurosport - Transferts : les 10 infos mercato du lundi 13 juillet 2026