Genesio et Lorenzi présentés à l’OM : mission reconstruction sous contraintes
Le nouvel entraîneur et le successeur de Benatia affichent leurs ambitions européennes malgré une situation économique délicate
Mercredi 15 juillet à 11h30, l'OM a officialisé l'arrivée de Bruno Genesio et Grégory Lorenzi. Face à la presse, le duo affiche ses ambitions européennes tout en reconnaissant les contraintes financières.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Bruno Genesio nommé le 1er juillet 2026 pour deux saisons, Grégory Lorenzi arrivé le 28 mai.
- Conférence de presse le 15 juillet à 11h30 en présence du président Stéphane Richard.
- Situation économique « délicate » masse salariale dépassant 100 M€/an à réduire, amende UEFA de 10 M€.
- Ambition affichée places européennes et reconstruction avec des moyens limités.
- Mercato sous pression remplacer Greenwood, gérer les départs, dégraisser l'effectif.
La salle de presse du centre d’entraînement marseillais, mercredi 15 juillet 2026 à 11h30. Bruno Genesio entre le premier, costume sombre, sourire sobre. Grégory Lorenzi - nouveau directeur sportif succédant à Medhi Benatia, le suit, plus décontracté. À leur gauche, Stéphane Richard - président du club, reste debout quelques secondes avant de s’asseoir. La mise en scène est simple. Le message, lui, est plus lourd.
Genesio a été nommé le 1er juillet 2026 pour deux saisons. Lorenzi, lui, est arrivé le 28 mai. Ils succèdent à Habib Beye et Medhi Benatia - deux figures du précédent cycle. « J’ai choisi de rejoindre l’Olympique de Marseille parce que j’ai été séduit par le défi qui m’a été présenté », déclare Genesio. Le défi, tout le monde le connaît: reconstruire avec des moyens limités.
L’expérience comme argument
Lorenzi justifie le choix de Genesio par « son expérience, sa connaissance du haut niveau et sa capacité à construire des équipes compétitives ». Les chiffres parlent: plus de 300 matchs en Ligue 1 - près de 80 rencontres européennes - une décennie au plus haut niveau. Genesio a dirigé Lyon, Rennes, Lille. Il connaît la Ligue 1 par cœur. Lorenzi, lui, arrive avec son propre bagage: dix ans à Brest - un club qu’il a fait grimper de la Ligue 2 jusqu’à la Ligue des Champions en 2024. « Je suis très heureux d’être là. Je suis très content d’être le nouveau directeur sportif de l’OM. Je suis un dirigeant qui voit son métier avec une âme de bâtisseur », dit-il.
Le parallèle avec Brest revient plusieurs fois. Lorenzi insiste: « On a fait la Ligue des champions avec un club qui n’avait pas de budget ni de moyens ». Le message est clair: l’argent ne fait pas tout. Reste à le prouver à Marseille, où la pression est d’une autre nature.
Une situation économique délicate et difficile
Stéphane Richard ne tourne pas autour du pot. La situation est « délicate et difficile ». L’UEFA a infligé une amende de 10 millions d’euros. La masse salariale dépasse les 100 millions d’euros par an - un seuil que la DNCG surveille de près. Le club doit vendre pour respirer. « On veut retrouver une stabilité et une viabilité économique à moyen terme tout en gardant des ambitions sportives », précise Richard.
La masse salariale dépasse actuellement les 100 millions d’euros annuels, un niveau insoutenable face aux exigences du fair-play financier et de la DNCG. L’objectif est de comprimer ce poste budgétaire tout en conservant un effectif compétitif. Le montant exact de la réduction visée n’a pas été communiqué lors de la conférence, mais les départs attendus cet été constituent le principal levier d’ajustement.
Lorenzi reconnaît les contraintes financières. Mais refuse de baisser les bras. « On veut gagner des matchs et finir à hauteur des places européennes », martèle-t-il. Le club disputera la Ligue Europa cette saison, faute de qualification en Ligue des Champions. Un manque à gagner qui complique encore l’équation.
Des ambitions sportives maintenues malgré tout
L’objectif affiché est clair: finir dans les places européennes et se battre sur tous les fronts. Lorenzi martèle: « On veut gagner des matchs. » Mais comment y parvenir avec un budget réduit? Le duo mise sur une stratégie en trois axes: valoriser les jeunes du centre de formation, recruter des joueurs à fort potentiel dans des marchés sous-évalués, et construire un collectif solide plutôt qu’une équipe de stars. L’expérience de Lorenzi à Brest - où il a atteint la Ligue des Champions avec des moyens limités, sert de modèle. Genesio, de son côté, insiste sur l’importance du travail collectif et de la cohésion. « Le style de jeu sera offensif, mais discipliné », précise-t-il. L’ambition européenne ne sera pas bradée, mais elle devra s’appuyer sur l’intelligence tactique plutôt que sur les gros chèques.
Le casse-tête du mercato
La reconstruction passe par le mercato. Et là, les dossiers s’accumulent. Mason Greenwood est parti. Le remplacer avec un budget restreint relève de « l’énorme défi » - reconnaît Lorenzi. Pierre-Emerick Aubameyang fait l’objet de rumeurs de départ. Il faut « dégraisser » l’effectif tout en recrutant de manière ciblée.
Le duo est attendu pour réaliser un « tour de magie » sur le mercato. Aucun nom de recrue ciblée n’a été dévoilé lors de la conférence, mais Lorenzi a laissé entendre que le club explore des pistes en Ligue 2 française et dans les championnats sud-américains, des marchés où il a déjà détecté des talents à Brest. Le remplacement de Greenwood constitue la priorité absolue: un ailier rapide, capable de déséquilibrer, et compatible avec un budget limité. Les semaines à venir seront cruciales. Après cette conférence de presse, l’équipe s’envole pour un stage de préparation en Côte d’Ivoire - première étape d’une saison 2026-2027 qui s’annonce déterminante.
Stabilité recherchée après des mois d’instabilité
Le nouveau cycle annoncé par Richard vise à tourner la page d’une période chaotique. Depuis plusieurs années, l’OM a connu une succession d’entraîneurs et de directeurs sportifs. Habib Beye - prédécesseur de Genesio, n’a tenu qu’une saison. Medhi Benatia - remplacé par Lorenzi, est parti après des tensions internes. Cette instabilité a pesé sur les résultats et la cohésion de l’effectif.
Pour stabiliser le projet, le club mise sur la durée: Genesio a signé pour deux saisons - et Lorenzi affirme s’inscrire « dans un projet sur le long terme comme je l’ai fait à Brest pendant dix ans ». La gouvernance promet également un fonctionnement collectif, avec des décisions partagées entre le président, le directeur sportif et l’entraîneur. Reste à savoir si cette stabilité résistera à la pression des résultats et aux exigences du stade marseillais.
Ce que les supporters n’ont pas entendu
Aucun chiffre précis sur les ventes obligatoires. Aucun nom de recrue ciblée. Aucun montant de budget mercato. La conférence a été longue sur les intentions, courte sur les moyens. Richard a parlé de « nouveau cycle » - de stabilité, de fonctionnement collectif. Mais les supporters marseillais savent qu’un cycle ne se décrète pas. Il se construit. Et pour l’instant, les briques manquent.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont mitigées. Un supporter tweete: « La pauvreté de cette conf @OM_Officiel seul Genesio a le charisme et le professionnalisme nécessaire. Lorenzi a le charisme d’une huitre ». L’humeur n’est pas à l’euphorie. Elle est à l’attente. Le stade marseillais attend des résultats, pas des promesses.
Genesio conclut: « Je suis impatient de découvrir la ferveur autour de l’équipe. » La ferveur, Marseille sait faire. Le reste, c’est à lui et Lorenzi de le construire. Avec ou sans moyens. Le stage en Côte d’Ivoire commence demain. Le chronomètre tourne.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (10)
« Le club est confronté à la nécessité de vendre des joueurs pour rétablir son équilibre financier et réduire une masse salariale dépassant les 100 millions d'euros par an. »
foot-sur7.fr ↗ ↩
« Des informations précédentes indiquent que l'OM est sous la pression de l'UEFA, avec une amende de 10 millions d'euros, et des exigences de la DNCG. »
lephoceen.fr ↗ ↩
« Lorenzi est déjà confronté à la tâche ardue de trouver un remplaçant pour Mason Greenwood avec un budget restreint, ce qui s'annonce comme un "énorme défi" sur le mercato estival. »
footmercato.net ↗ ↩
« Les semaines à venir seront cruciales pour "dégraisser" l'effectif et recruter de manière ciblée, avec des rumeurs de départs de joueurs majeurs comme Pierre-Emerick Aubameyang. »
le10sport.com ↗ ↩
« Les semaines à venir seront pour "dégraisser" l'effectif et recruter de manière ciblée, avec des rumeurs de départs de joueurs majeurs comme Pierre-Emerick Aubameyang. »
footmercato.net ↗ ↩
« Le duo est attendu pour réaliser un "tour de magie" sur le mercato afin d'affiner l'effectif et d'obtenir des renforts cohérents. »
foot-sur7.fr ↗ ↩
« On veut gagner des matchs et finir à hauteur des places européennes. »
x.com ↗ ↩
« Genesio's arrival aims to bring stability and a clear direction to the team, succeeding Habib Beye. »
getfootballnewsfrance.com ↗ ↩
« Officiellement désigné directeur sportif de l'OM le 28 ou 30 mai 2026, il succède à Medhi Benatia. »
footmercato.net ↗ ↩
« Le club souhaite instaurer un "nouveau cycle" basé sur la stabilité, l'expérience et un mode de fonctionnement collectif, loin des agitations passées. »
laprovence.com ↗ ↩