OM : Habib Beye menace de saisir la justice pour réclamer 3 millions d’euros
L'entraîneur sénégalais, limogé après une 5e place en Ligue 1, estime que l'accord oral avec l'ancienne direction est caduc. Il réclame l'intégralité de son année de contrat restante.
Nommé en février 2026, Habib Beye a été démis de ses fonctions après avoir manqué la qualification pour la Ligue des champions. Il menace de saisir la commission juridique de la LFP et réclame jusqu'à 3 millions d'euros.
L’essentiel
- Fait 1 : Habib Beye a été nommé entraîneur de l’OM le 18 février 2026 avec un contrat courant jusqu’en juin 2027.
- Fait 2 : L’OM a terminé 4e de Ligue 1, échouant à se qualifier pour la Ligue des champions.
- Fait 3 : Un accord oral prévoyait un départ à l’amiable en cas d’échec, mais Beye l’estime caduc avec l’arrivée du président Stéphane Richard.
- Fait 4 : Le technicien réclame entre 2,5 et 3 millions d’euros et menace de saisir la commission juridique de Rennes (ancien club, litige antérieur à son arrivée à l’OM).
- Fait 5 : L’OM a officialisé le 30 juin 2026 la fin unilatérale de sa collaboration avec Beye pour débloquer la reprise.
Un clash financier qui paralyse l’OM
La fin de saison mouvementée de l’Olympique de Marseille connaît un nouvel épisode. Habib Beye, nommé entraîneur en février 2026 avec un objectif de qualification pour la Ligue des champions, a été démis de ses fonctions après une 5e place en Ligue 1. Mais l’ancien international sénégalais ne compte pas partir sans indemnités. Selon plusieurs sources concordantes, dont INFO.FR et Foot01, Beye réclame l’intégralité de son année de contrat restante, soit entre 2,5 et 3 millions d’euros.
L’entraîneur de 48 ans menace de saisir la commission juridique de la Ligue de football professionnel (LFP) ou les prud’hommes pour faire valoir ses droits. Contacté par Le Phocéen, son entourage indique que la direction actuelle, menée par le président Stéphane Richard, ne serait pas tenue par l’accord oral négocié avec l’ancienne équipe dirigeante. « L’accord oral prévoyait un départ à l’amiable en cas de non-qualification en LDC. Mais comme la direction qui l’a négocié n’est plus en place, Habib Beye considère qu’il n’est plus d’actualité », explique le compte X @MohamedTERParis, proche du dossier.
Un accord oral devenu caduc
Le feuilleton a débuté début juin, lorsque le club marseillais a annoncé ne pas prolonger l’aventure avec Beye. Mais le technicien a rapidement fait savoir que son contrat était valide jusqu’en juin 2027. Selon Eurosport, un accord oral avait été conclu à l’époque de sa signature : si l’OM ne se qualifiait pas en Ligue des champions, Beye quitterait le club sans réclamer d’indemnités. Cependant, avec le départ du directeur sportif et du président qui avaient mené les négociations, Beye estime que cette promesse est caduque.
La direction olympienne, désormais présidée par Stéphane Richard, a tenté de trouver un terrain d’entente. En vain. « Les discussions n’ont pas abouti. Beye exige la totalité de son salaire sur un an, soit environ 250 000 euros par mois », précise une source proche du club à INFO.FR. Face à l’impasse, la direction a choisi la manière forte : le mardi 30 juin 2026, l’OM a officialisé la fin unilatérale de sa collaboration avec Beye, s’exposant à un contentieux judiciaire.
Le successeur Bruno Genesio bloqué
Ce conflit financier a eu des conséquences directes sur la préparation de la saison 2026-2027. Alors que le nom de Bruno Genesio circulait avec insistance depuis plusieurs semaines, l’officialisation de sa nomination a été repoussée. Selon Eurosport, l’ancien entraîneur de Rennes était d’accord pour signer un contrat de deux ans, mais le club ne pouvait pas officialiser tant que le litige avec Beye n’était pas réglé.
« C’est une situation ubuesque. Genesio attend depuis trois semaines, le staff aussi. Les joueurs reprennent l’entraînement dans dix jours et il n’y a toujours pas de coach », déplore un proche du vestiaire marseillais. La résiliation unilatérale annoncée ce mardi devrait permettre de débloquer la situation. Bruno Genesio devrait être présenté dans les prochaines heures, mais l’ombre du contentieux plane toujours.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Dans un département où le football est roi, l’Olympique de Marseille est bien plus qu’un club : une institution. Avec près de 49 000 abonnés au stade Vélodrome et une ferveur populaire inégalée, chaque mouvement en provenance du centre d’entraînement Robert-Louis-Dreyfus est scruté. Ce conflit intervient alors que le club cherche à retrouver les sommets après une saison 2025-2026 décevante (5e place). Selon l’INSEE, le secteur sportif représente impossible à vérifier - aucune source trouvée sur ce chiffre d’emplois, et les retombées économiques d’une qualification en Ligue des champions sont estimées à plusieurs dizaines de millions d’euros pour le territoire.
Les supporters, déjà échaudés par des années de résultats irréguliers, s’impatientent. « On a l’impression que le club est géré comme une PME familiale. Ce feuilleton Beye, c’est encore un coup de com’ raté », confie un membre d’un groupe de supporters marseillais. La direction, elle, mise sur l’arrivée d’un entraîneur expérimenté comme Bruno Genesio pour stabiliser le projet sportif et redonner confiance aux partenaires économiques.
Prochaine étape : une bataille juridique inévitable ?
La commission juridique de la LFP pourrait être saisie dès cette semaine par les avocats d’Habib Beye. Si aucune solution amiable n’est trouvée, le litige pourrait se prolonger devant les prud’hommes pendant plusieurs mois. En attendant, l’OM doit préparer sa reprise sans son nouvel entraîneur officiellement intronisé. La prochaine échéance est fixée au 10 juillet, date de la reprise de l’entraînement collectif. D’ici là, les dirigeants marseillais espèrent avoir soldé ce passif pour se concentrer sur le mercato et les premiers matches amicaux.