OM : le mercato fantasmé d’une Ligue des Champions ratée
Le club a recruté en projection de la C1. Résultat 105 millions de déficit et un plafond salarial de 100 000 € par mois.
L'OM a bâti un effectif coûteux en pariant sur la Ligue des Champions. La cinquième place change tout déficit record, ventes forcées, recrutement bridé.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Survie financière
Avec 105 M€ de déficit et un seuil UEFA dépassé, l'OM risque l'exclusion européenne. Les ventes forcées avant le 30 juin sont vitales.
Dépendance à la C1
Le modèle économique de l'OM repose sur 50 M€ de revenus annuels de la Ligue des Champions. Sans elle, le club est en déficit structurel.
Crédibilité du projet
Pablo Longoria et Medhi Benatia ont construit un effectif coûteux sur un pari sportif raté. La confiance des supporters vacille.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2010
Titre de champion
L'OM remporte le championnat, marquant le début d'une période de dépenses excessives.
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2020-2021
Première crise
Fin de saison ratée, remaniement radical de l'effectif sous l'ère Margarita Louis-Dreyfus.
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2023-2024
Nouvelle déroute
Échec sportif, non-qualification européenne, nouveau cycle de ventes forcées.
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2024-2025
Déficit record
L'OM enregistre 105 M€ de pertes, le pire résultat financier sous Frank McCourt.
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21 août 2026
Reprise du championnat
Date limite pour régulariser la situation financière et présenter un effectif conforme.
Dans les bureaux du centre de formation, la calculatrice tourne en boucle. Pablo Longoria refait les comptes. Encore. L’Olympique de Marseille a terminé cinquième. Pas quatrième. Cinquième. La nuance pèse 50 millions d’euros.
Le club a recruté tout l’été en projetant une qualification en Ligue des Champions. Roberto De Zerbi est arrivé avec ses exigences tactiques, Medhi Benatia a monté en gamme l’effectif. La masse salariale a grimpé à 164 millions d’euros. Problème: les revenus de la C1 ne tomberont pas. Le déficit de l’exercice 2024-2025 atteint 105 millions d’euros selon Eurosport, 104 millions selon L’Équipe. L’écart reflète des retraitements comptables distincts, mais le constat reste identique: un record sous l’ère McCourt.
La DNCG claque la porte
La DNCG ne plaisante pas. Le club doit vendre pour minimum 50 à 60 millions d’euros avant le 30 juin. Objectif: ramener la masse salariale sous les 100 millions d’euros - alors qu’elle atteignait 160 à 164 millions la saison passée, la fourchette s’explique par l’intégration ou non des charges sociales et primes variables dans le calcul.
Concrètement, ça donne quoi? Une grande partie de l’effectif est sur le marché. Le club doit dégager environ 80 millions d’euros d’indemnités de transferts d’ici l’été prochain. Avant la reprise du championnat, le 21 août prochain - l’OM doit avoir vendu. Sinon, sanctions.
L’UEFA ajoute une couche. Le déficit cumulé sur trois ans dépasse le seuil du fair-play financier, fixé à 60 M€ sur trois ans. L’OM a déjà été sanctionné d’une amende de dix millions d’euros. La menace suivante: une possible exclusion des compétitions européennes.
Plafond salarial: 100 000 € brut par mois
Le mercato marseillais a un nouveau visage. L’OM ne peut désormais plus offrir de salaires supérieurs à 100 000 € bruts par mois - avec de très rares exceptions limitées à 150 000 €. Résultat: plusieurs pistes de recrutement ont déjà échoué.
« L’OM n’a pas 200 millions d’euros pour recruter », a lâché Jérôme Rothen. Selon La Provence - « sans la LDC, il manque 50M€ dans les caisses ». Les journaux spécialisés parlent d’un « enfer financier ». La direction, elle, parle de « rigueur absolue ».
Concrètement, plusieurs milieux expérimentés de Ligue 1 ont refusé de rejoindre Marseille cet hiver. Un défenseur international ciblé en priorité a préféré rester dans son club plutôt que de signer sous contrainte DNCG. Les agents annoncent désormais la couleur dès les premiers contacts: « Si vous ne pouvez pas aligner 150 000 € brut par mois, inutile de continuer. » Le club se rabat sur des jeunes en fin de contrat et des prêts sans option d’achat obligatoire.
Un proche de la direction olympienne glisse: « Nous devons être conscients de notre réalité économique. Le projet reste ambitieux, mais chaque décision doit désormais être prise avec une rigueur absolue pour assurer la pérennité du club. »
De Zerbi face au réel
Roberto De Zerbi est arrivé à Marseille avec de grandes ambitions et un style de jeu exigeant. Il doit désormais composer avec un effectif coûteux que le club pourrait devoir dégraisser. « Nous voulons construire une équipe pour gagner, mais nous devons aussi nous adapter aux capacités du club. Le travail est quotidien, et la gestion de l’effectif est notre priorité pour rester compétitifs », a-t-il commenté.
La Ligue des Champions représente une manne indispensable, estimée à environ 50 millions d’euros de revenus directs (primes et billetterie) par campagne. Sans elle, le modèle économique de l’OM vacille. Frank McCourt - propriétaire du club, a vu son club enregistrer une perte nette dépassant les 104 millions d’euros pour l’exercice 2024-2025 - un niveau inédit sous son ère.
Crédibilité du projet en question
Au-delà des chiffres, le déficit record interroge la solidité du projet sportif lancé sous Frank McCourt. Plusieurs partenaires commerciaux attendent de voir comment le club va redresser la barre avant de renouveler leurs contrats. Selon plusieurs sources, un équipementier majeur attend des garanties sur la trajectoire financière avant toute négociation. Les abonnements pour la saison prochaine progressent moins vite que l’an dernier à la même période.
La confiance des supporters vacille également. Sur les réseaux sociaux, les critiques se multiplient. Le club doit à la fois rassurer ses créanciers, ses partenaires, et une base de fans qui attend des résultats sportifs, pas des bilans comptables déficitaires.
Le précédent qui fait mal
Ce n’est pas la première fois que l’OM vit ce scénario. Après le titre de 2010 - le club a longtemps tenté de maintenir un train de vie trop élevé, menant à une gestion austère sous l’ère Margarita Louis-Dreyfus. Les saisons 2020-2021 et 2023-2024 ont aussi connu des fins de parcours ratées ayant forcé des remaniements radicaux de l’effectif.
Le projet sportif - lancé avec l’ambition de retrouver le sommet européen, bute sur cette dépendance aux résultats immédiats. Chaque échec sportif se paie comptant. La cinquième place de cette saison en est l’illustration brutale.
Ce que les chiffres ne disent pas
Derrière les millions, une réalité: l’OM a construit un modèle économique fragile, entièrement dépendant d’une qualification en Ligue des Champions qu’il ne maîtrise pas. Le club a misé sur un pari sportif comme levier financier. Le pari a échoué. Maintenant, il faut vendre avant d’acheter, brader avant de reconstruire, espérer que les meilleurs ne partent pas trop vite.
Le mercato d’été 2026 s’annonce comme un exercice de contorsion comptable. La ligne entre ambition et survie n’a jamais été aussi mince. Le 21 août - quand le championnat reprendra, l’OM devra être en règle. Les supporters, eux, attendent toujours les renforts promis. Ils risquent d’attendre longtemps.
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Sources
- Eurosport - Mercato Ligue 1 : l'OM pieds et poings liés
- RMC Sport - OM : une situation financière délicate
- Le Phocéen - OM : pourquoi la Ligue des Champions est devenue indispensable
- Foot Marseille - Sans Ligue des Champions, un énorme manque à gagner
- Foot01 - OM : les raisons du déficit record à 105M€
- Football Club de Marseille - Finances OM : un déficit record de 104 M€
- Radarfoot - OM : situation financière, ventes obligatoires
- Flashscore - L'OM exclu de la Ligue Europa en raison de ses résultats financiers
- Top Mercato - Les contraintes financières empêchent l'OM de recruter
