Orange : le producteur d’un concert hommage à Queen saisit le tribunal de Nîmes
David Hardit conteste l'annulation du spectacle « Queen Forever » par le maire RN Jean-Dominique Artaud, invoquant un excédent budgétaire de 11 millions d'euros
Le producteur David Hardit a déposé un recours en référé devant le Tribunal administratif de Nîmes après l'annulation du concert gratuit « Queen Forever », prévu le 4 septembre au Théâtre Antique d'Orange. Le maire RN Jean-Dominique Artaud invoque des contraintes budgétaires. L'audience se tiendra le 27 juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le maire RN d'Orange Jean-Dominique Artaud a annulé le 25 juin le concert gratuit « Queen Forever » prévu le 4 septembre 2026 au Théâtre Antique
- Le producteur David Hardit a déposé un recours en référé devant le Tribunal administratif de Nîmes, avec audience fixée au 27 juillet
- L'annulation engendre un préjudice estimé à 100 000 euros pour les 1 000 choristes et professionnels mobilisés
- Le producteur conteste les raisons budgétaires invoquées, pointant un excédent municipal de 11 millions d'euros face à un contrat de 40 000 euros
Le maire d’Orange Jean-Dominique Artaud a annulé le 25 juin le concert hommage à Queen « Queen Forever », prévu le 4 septembre 2026 au Théâtre Antique. David Hardit, producteur de l’événement, a saisi le Tribunal administratif de Nîmes par un recours en référé. L’audience est fixée au 27 juillet.
Un contrat de 40 000 euros rompu deux mois avant le spectacle
Le spectacle devait rassembler près de 1 000 choristes venus de toute la France, accompagnés de musiciens professionnels et du chanteur Mickey Callisto. L’événement gratuit était organisé dans le cadre du Théâtre Antique, site emblématique de la commune. Le contrat initial, d’un montant de 40 000 euros, avait été validé par l’ancienne municipalité.
Selon Gentside, la décision d’annulation a été communiquée à la production par courrier un peu plus de deux mois avant la date prévue. Cette annulation tardive engendre un préjudice financier estimé à environ 100 000 euros pour les choristes et professionnels qui avaient déjà engagé des frais d’hébergement et de transport à travers le pays.
Le maire invoque des contraintes budgétaires
Jean-Dominique Artaud justifie sa décision par des contraintes budgétaires. Selon La Provence et Libération, le maire a évoqué une dépense imprévue de 300 000 euros liée à une chute de pierres survenue en novembre bloquant une route. Cette situation aurait contraint la ville à revoir ses priorités financières.
Le producteur David Hardit conteste cette explication. Selon ses calculs rapportés par Libération, la commune disposerait d’un excédent budgétaire de 11 millions d’euros. Le producteur estime que les motifs invoqués ne justifient pas l’annulation d’un contrat déjà engagé et validé.
Une décision qui touche 1 000 participants mobilisés
L’annulation affecte directement près de 1 000 choristes amateurs et professionnels qui s’étaient préparés pour ce spectacle. Beaucoup avaient réservé leur hébergement et leurs déplacements depuis plusieurs semaines. Les frais engagés ne seront pas compensés si le tribunal ne donne pas raison au producteur.
Le recours en référé vise à obtenir une décision rapide avant la date initialement prévue du concert. L’audience du 27 juillet se tiendra à Nîmes, au siège du Tribunal administratif compétent pour le département du Gard.
Contexte dans le Gard
Orange, commune de 29 000 habitants située dans le Vaucluse et relevant du ressort du Tribunal administratif de Nîmes, est dirigée depuis le 22 mars 2026 par Jean-Dominique Artaud, élu avec 35,76 % des suffrages exprimés selon des sources vidéo officielles. La ville est connue pour son Théâtre Antique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et qui accueille régulièrement des événements culturels de grande ampleur.
Cette affaire fait écho à d’autres annulations d’événements culturels par des municipalités dirigées par le Rassemblement National. Selon Gentside, la commune de Castres a notamment annulé la représentation de la pièce « Passeport », soulevant un débat national sur la politique culturelle locale. Ces annulations répétées questionnent la place accordée aux manifestations culturelles dans les communes gérées par le RN.
Le recours judiciaire comme dernière issue
David Hardit a choisi la voie du référé, procédure d’urgence qui permet d’obtenir une décision rapide face à une situation qui ne peut attendre un jugement au fond. Le producteur espère que le tribunal ordonnera à la mairie de respecter le contrat initial ou de verser des dommages et intérêts.
Si le tribunal donne raison au producteur, la ville devra soit maintenir le concert, soit indemniser les pertes financières engendrées. Dans le cas contraire, l’annulation sera confirmée et les 1 000 participants devront renoncer à leur projet.
La décision du Tribunal administratif de Nîmes est attendue dans les jours qui suivront l’audience du 27 juillet. Elle fixera un précédent pour d’autres litiges du même type entre collectivités et organisateurs culturels.