Orléans : la justice reconnaît le lien entre vaccin Pfizer et insuffisance rénale, l’ONIAM condamné à 57 000 €
Le tribunal administratif d'Orléans a tranché le 5 février 2026 la néphropathie d'un mécanicien loirétain est imputable à 65 % au vaccin Comirnaty, pas à ses allergies.
Un mécanicien de 38 ans, vacciné contre le Covid-19 en juillet 2021, a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif d'Orléans. Le jugement du 5 février 2026, rendu public mi-mai, condamne l'ONIAM à lui verser environ 57 000 euros. La piste de l'allergie au kiwi a été formellement écartée.
Un mécanicien de 38 ans, vacciné contre le Covid-19 en juillet 2021, a obtenu gain de cause devant le tribunal administratif d’Orléans. Le jugement du 5 février 2026, rendu public mi-mai, condamne l’ONIAM à lui verser environ 57 000 euros. La piste de l’allergie au kiwi a été formellement écartée.
L’essentiel
- Jugement : tribunal administratif d’Orléans, 5 février 2026 (n° 2304148) - condamnation de l’ONIAM à ~57 000 € de dommages-intérêts + 2 000 € de frais de justice.
- Imputabilité : expertise retient une part de responsabilité du vaccin Pfizer (Comirnaty) à 65 %.
- Chronologie médicale : 1re dose le 5 juillet 2021, 2e dose le 26 juillet 2021 ; hospitalisation d’un mois au pôle Oreliance (Saran), puis transfert au CHRU de Tours.
- Cause écartée : le tribunal rejette explicitement l’hypothèse d’une réaction allergique (kiwi, banane, noisettes, fruits de mer, anti-inflammatoires) comme déclencheur de l’insuffisance rénale.
- Contexte national : 1 759 demandes d’indemnisation post-vaccin Covid reçues par l’ONIAM fin 2024, 181 indemnisées à l’amiable selon le rapport d’activité de l’organisme.
Ce qui s’est passé en juillet 2021
Le 5 juillet 2021, cet habitant du Loiret reçoit sa première dose du vaccin Comirnaty (Pfizer-BioNTech). Dans les jours qui suivent, il développe un œdème de la gorge, des difficultés respiratoires, un gonflement abdominal, une asthénie et des vertiges. Pas de fièvre, pas d’éruption cutanée, selon les éléments rapportés par actu.fr.
Il reçoit la deuxième dose le 26 juillet 2021. Les symptômes persistent et s’aggravent. Il est pris en charge aux urgences du pôle santé Oreliance à Saran, dans la périphérie d’Orléans. Le diagnostic tombe : insuffisance rénale aiguë. La durée d’hospitalisation atteint un mois. Le patient est ensuite transféré au CHRU de Tours pour la suite de sa prise en charge.
Le tribunal écarte l’allergie au kiwi
Le mécanicien présente des antécédents allergiques connus : kiwi, banane, noisettes, fruits de mer, crevettes. L’ONIAM - l’office public chargé de l’indemnisation des accidents médicaux - avait mis en avant ces antécédents, ainsi qu’une éventuelle réaction aux anti-inflammatoires, pour contester le lien avec le vaccin.
Le tribunal administratif d’Orléans a rejeté cet argument. La maladie rénale est survenue sept jours après la première injection. Le jugement du 5 février 2026 écarte formellement l’hypothèse allergique comme cause déclenchante de la néphropathie, selon actu.fr qui a eu accès à la décision.
L’expertise médicale ordonnée dans le cadre de la procédure s’est appuyée sur une synthèse de 90 articles scientifiques. Elle conclut à une prédominance de syndromes néphrotiques parmi les effets indésirables graves recensés après injection de vaccins anti-Covid. La part imputable au vaccin Pfizer dans le cas de ce patient a été fixée à 65 %.
57 000 euros accordés, sur 125 000 réclamés
Le mécanicien avait formulé une demande totale de 125 000 euros, couvrant ses pertes de gains professionnels, son préjudice fonctionnel et d’autres chefs de préjudice. Le tribunal lui accorde environ 57 000 euros de dommages-intérêts, auxquels s’ajoutent 2 000 euros au titre des frais de justice.
L’ONIAM est condamné à exécuter ce versement sans qu’une nouvelle expertise soit nécessaire. Depuis la survenue de ses troubles, le patient n’a pas repris son activité de mécanicien. Les raisons invoquées sont d’ordre psychologique, selon les éléments du dossier. Il cumule donc pertes de revenus et séquelles sur sa vie quotidienne.
Pour les personnes souhaitant engager une telle démarche, les autorités locales dans le Loiret peuvent orienter vers les dispositifs d’accompagnement existants. Le cadre juridique repose sur la loi Kouchner de 2002, étendue aux effets indésirables graves liés à la vaccination contre le Covid-19, comme le rappelle service-public.fr.
Contexte dans le Loiret
Orléans (environ 116 000 habitants) est le siège de la préfecture du Loiret (45). Le tribunal administratif d’Orléans couvre l’ensemble du département. Ce jugement est l’un des rares rendus publiquement sur ce type de litige à l’échelle locale. La juridiction traite habituellement des affaires administratives variées dans le département, des décisions d’urbanisme aux contentieux sociaux.
À l’échelon national, l’ONIAM avait reçu 1 759 demandes d’indemnisation liées à la vaccination anti-Covid à fin 2024, selon son rapport d’activité. Parmi elles, 181 avaient été réglées à l’amiable. La voie judiciaire, comme dans ce cas orléanais, reste minoritaire mais en progression.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a suivi dès 2021 les signalements de néphropathies glomérulaires survenues après injection de vaccins à ARNm. Des publications scientifiques, notamment des séries de cas entre 2021 et 2022, ont documenté ce phénomène, corroborant les conclusions de l’expertise produite dans cette affaire.
Une procédure close, une situation personnelle qui ne l’est pas
Le contexte local orléanais n’a pas fait l’objet de réaction publique des élus ou de la préfecture sur ce dossier spécifique. Aucun communiqué n’a été identifié à ce stade.
L’ONIAM dispose désormais d’un jugement exécutoire. Le mécanicien, lui, attend le versement de l’indemnisation. Sa reprise d’activité professionnelle reste incertaine.
Sources
- actu.fr : L'hospitalisation à Orléans d'un mécanicien n'était pas liée à son allergie au kiwi mais bien au vaccin anti-Covid
- ONIAM : Rapport d'activité 2024 — ONIAM
- ANSM : Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid-19
- service-public.fr : Indemnisation d'un préjudice lié à un vaccin